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Les grottes du jardin de Rueil du XVIIe siècle à nos jours

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Les grottes du jardin de Rueil du XVIIe siècle à nos jours

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Présentation donnée au séminaire de recherche « La renaissance des grottes » organisé par Bruno Bentz et Sabine Frommel à Noisy-le-Roi le 3 novembre 2022.

Résumé

Le jardin du cardinal de Richelieu à Rueil (Hauts-de-Seine) comportait trois constructions également qualifiées de « grottes » au XVIIe siècle : une « vieille grotte » rustique de la Renaissance ; une grotte architecturée, construite en 1608 par le maître sculpteur fontainier Jean Séjourné pour le fermier général des gabelles Jean de Moisset, fouillée par l'Inrap en 2021 ; et la « grotte de rocaille », ou « grotte de la Baleine » (entre 1631 et 1639), attribuable à l’ingénieur fontainier Tommaso Francini.

Présentation donnée au séminaire de recherche « La renaissance des grottes » organisé par Bruno Bentz et Sabine Frommel à Noisy-le-Roi le 3 novembre 2022.

Résumé

Le jardin du cardinal de Richelieu à Rueil (Hauts-de-Seine) comportait trois constructions également qualifiées de « grottes » au XVIIe siècle : une « vieille grotte » rustique de la Renaissance ; une grotte architecturée, construite en 1608 par le maître sculpteur fontainier Jean Séjourné pour le fermier général des gabelles Jean de Moisset, fouillée par l'Inrap en 2021 ; et la « grotte de rocaille », ou « grotte de la Baleine » (entre 1631 et 1639), attribuable à l’ingénieur fontainier Tommaso Francini.

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Les grottes du jardin de Rueil du XVIIe siècle à nos jours

  1. 1. Séminaire de recherche « La renaissance des grottes » organisé par Bruno Bentz et Sabine Frommel Noisy-le-Roi, 3 novembre 2022 Les grottes du jardin de Rueil du XVIIe siècle à nos jours Aurélia Rostaing
  2. 2. Jalons chronologiques 1606 vente par Pierre de La Bruyère à Jean de Moisset († 1620) Pierre Payen de Montereau († 1626) ; Pierre Payen des Landes (fuite en 1630) 1633 achat par Richelieu (sur place dès la fin mars 1631) († 1642) Marie-Madeleine de Vignerod, duchesse d’Aiguillon († 1675) 2018 programme immobilier ; 2020 diagnostic d’archéologie préventive J. Jacquin & J. Duesberg (1846), A. Cramail (1888), D. Hélot-Lécroart et H. Ballon (1985), A. Rostaing (2005), L. Decock (Inrap, avril 2021)
  3. 3. Situation géographique et topographie ≃ 5-6 km de Saint-Germain et Saint-Cloud ≃13 km de Paris Fond de vallée, sous-sol calcaire Une forte déclivité sud-nord © IGN ©
  4. 4. Prise de vue aérienne 21-09-2021. Résolution 20 cm © IGN
  5. 5. La restitution de Launay régularise artificiellement les tracés (cf. plan cadastral d’origine, carte IGN). 6514 m² (plan topo. M. Belarbi) [ca 90 m de côté max.] 1619 m² [ca 54 m x 14 m] 1619 m² [ca 54/68 m x 14 m]
  6. 6. La « vieille grotte » (XVIe siècle)
  7. 7. La « grotte » belvédère (1608)
  8. 8. La « grotte » belvédère (1608) - quatre pans, quatre toises (8 m) de diamètre dans-œuvre au rez-de- chaussée, « entre [un] grand vivier et le canal », avec des niches grandes et petites, des dosserets d’angle, une corniche sous une balustrade ; - « faire le rustique en bossage des pieds droictz et voussoirs de la porte d’icelle grotte comme des niches et encoignures, ensemble les mouleures [tant] des tables que plaintes servant d’impostes et admortissement et lad. grande corniche de pierre de Sainct-Leu » ; cimaise ou « gros plainte carrée » sous ladite grande corniche ;
  9. 9. La « grotte » belvédère (1608) - quatre principaux arcs de la voûte de la grotte, avec des lunettes en forme de pendentif entre les arcs, « et dans tous iceulx murs et voultes observer le passaige de tous les tuiaulx qu’il conviendra pour les jeux d’eaues pour lad. grotte » ; « les fondations pour les murs d’appuy des descentes aux deux costés de lad. grotte, ensemble du gros pillier de devant… observant à tous iceulx murs le passaige pour les jeux d’eaues à cause des petitz bassins sur chacun pilastre » ; - « faire une muraille derriere lad. grotte contre les terres de la grande allée de deulx pieds d’espoisseur, fondé comme dessus, qui sera voultée d’un berceau de six pieds de large [ca 2 m], et ce pour servir à faire tous les regards et mettre tous les robinetz pour les jeux d’eaues de lad. grotte » ; - « paver lad. terrasse de cailloux blancs et noir avec quelque peu de grais jaulne en forme de compartiment avec quelque bande de liais suivant le desseing qui en sera baillé (…), faire le mesme au pallier du devant de lad. grotte et au repotz cy-dessus [des rampes d’escalier], et ce aussy suivant led. desseing qui luy en sera baillé ». (Marché de 1608).
  10. 10. « Au bout de ce beau canal, il y avait une grotte, qui n’est pas seulement d’une jolie construction à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur ; elle est surmontée d’une plate-forme. On y monte par un escalier de vingt et une marches, elle est entourée d’un parapet de pierre ; il est très gentil, en été, de s’y restaurer près des fraîches fontaines et dans leur agréable murmure. Il y a aussi, au milieu de cette place, un beau petit jet d’eau. Après nous être suffisamment divertis là-haut, nous redescendîmes dans la grotte. Elle est octogone, très joliment voûtée de pierres de taille et bien construite, artistement garnie de toutes parts de belles sculptures et de figures, de fleurs, de coquilles, de colimaçons, d’agates, de miroirs, de concrétions et autres matières. À quatre des angles, il y a des satyres, aux quatre autres des nymphes, tous les huit de grandeur naturelle, gentiment formés de coquillages marins et de colimaçons ; chaque personnage fait avec la main un geste étrange, tantôt mettant le doigt sur la cuisse, tantôt sur les orifices, tandis que de l’autre main ils dirigent leur membre en l’air et que l’eau en jaillit ; tout cela est traité avec un grand réalisme. [...]
  11. 11. Sur quatre des côtés, il y a de belles fontaines, avec de belles vasques ovales ; près de chacune se dressent trois figures de marbre, qui épanchent aussi de l’eau par leurs génitoires. Sur les quatre autres côtés, il y a des bancs, par lesquels on a soin de se retirer quand on fait jouer tous les jets d’eau de la grotte. Au milieu, se dresse une table octogone en marbre, sur laquelle on faisait toute sorte de gentillesses, en ce qu’on y formait toute sorte de figures aquatiques ; en appliquant sur l’instrument ou tuyau qui sort du centre de la table, par exemple des lys, des coupes, des fleurs, des verres, des lunes, des étoiles, des parasols. Quand toute la grotte joue, l’eau jaillit de toutes parts, d’en haut, d’en bas et des côtés, en pluie, comme si une forte averse tombait et que le vent soufflait de tous les côtés, entremêlant tous les jets, et celui qui, à ce moment, ne se met pas vite en lieu sûr, sur les bancs susdits, ne s’en tire pas sans être trempé. Mais en particulier, beaucoup de tuyaux sont dirigés vers la sortie, pour que les gens qui prétendent vite s’esquiver soient justement les plus mouillés. Près de la porte, il y a deux singes qui giclent de l’eau, et devant la grotte, des deux côtés, veillent deux arquebusiers en bronze, cachés derrière une belle haie verte, qui visent ensemble les fugitifs et tirent sur eux de l’eau par leurs mousquets. » (Brackenhoffer, 1644)
  12. 12. « Une grotte en rocailles, autrefois voûtée, environ de 18 mètres de circonférence ; quatre niches à plein cintre garnies de coquillages en renfermant trois plus petites où l’on voit encore les plombs conducteurs de plusieurs petits jets d’eau. Quatre autres niches carrées renfermaient des bancs de pierre. Le sol de la grotte est en mosaïque vénitienne. La voûte était à plein cintre à larges arêtes très saillantes. Autour de la grotte se trouve un souterrain formant double enceinte. L’entrée est un portique à plein cintre, construit de larges pierres alternativement vermiculées et polies. De chaque côté du portique, on voyait deux mascarons versant de l’eau. Le sol au-dessous de cette grotte est environ à 4 mètres du sol actuel des jardins. Les eaux de la pièce d’eau principale viennent se verser avec bruit dans la grotte et la remplissent à 1 mètre de profondeur. […]
  13. 13. Une pièce d’eau de 12 mètres de circonférence garnie de dalles et de plusieurs assises de pierre destinées évidemment à porter des groupes et des jets d’eau. Ce bassin était recouvert d’un remblais de 1 mètre 40 c. et probablement était un des petits bassins du parterre. Un aqueduc amenant les eaux de la montagne et passant sous la route dite du Château. » (Vestiges observés entre 1835 et 1846 par J.-R. Bréant)
  14. 14. La « grotte de rocaille » ou « de la Baleine » (ca. 1631-1639)
  15. 15. La « grotte de rocaille » ou « de la Baleine » (ca. 1631-1639) « L’aire de cymant de la grode neufve faicte pour cacher le thuiau de plomb et le pavé de grez au dessus assiz à chaux et cymant reviennent ensemble à douze toises demye [...] Les deux gargouilles l’une sur l’autre servant à conduire les eaues en la rue avecq une pierrée de dix toises de long pour la décharge du bassin [...] Le dépozement de la bordure tant au dedans que au derrière de la grode pour poser les thuiaux de plomb, tant ceux de la descharge que ceux du fondz, le tout avecq cymant, et achevé de repozer les pierres, ensemble avoir faict une autre gargouille qui traverse le mur pour donner de l’eaue aux habitans […] (1639)
  16. 16. La « grotte de rocaille » ou « de la Baleine » (ca. 1631-1639) « De cet endroit, on voit une très longue, large et gentille galerie, au bout de laquelle se trouve une tête avec une grande gueule ouverte, haute de trois ou quatre statures humaines. A l’intérieur, il y a un rocher, fait de coquillages, de colimaçons et artistement taillé en pierre en façon de roc ; il y a une fontaine dedans. La tête est de belle pierre, elle a de grandes oreilles, une puissante gorge, elle est effrayante de loin. » (Brackenhoffer, 1644)
  17. 17. En guise de conclusion Les sources du XVIIe siècle qualifient indifféremment de « grotte » des édifices assez différents, dont le point commun est d’associer des jeux d’eau à une construction de pierre. Le type de grotte-perspective monstrueuse, brièvement présent au jardin du Luxembourg, à Chilly et à Rueil (Tommaso Francini, fin des années 1620-1630 ?), ne survit pas au règne de Louis XIII. Les deux autres types de grotte, documentés dès les années 1550-1570, suivent l’évolution du goût : la grotte architecturée ornée de coquillages et de jeux d’eau, également présent à Gerbéviller et à Wideville, perdure jusqu’aux années 1660-1680 (Versailles, Brunoy…) puis passe de mode, tandis que la grotte rustique (de rocaille ou « congélations ») renaît au milieu des années 1770 et s’épanouit au XIXe siècle avec l’engouement pour les rocailles, mais sans farces hydrauliques.

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