Economie numérique en Algérie 2016

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je mets à votre disposition ce petit dossier sur l'économie numérique en Algérie, il ne s'agit pas d'une vraie enquête mais juste d'un petit aperçu.Faute de temps et de disponibilité d'information, je n'ai pas pu faire le tour sur toute la question.
Le dossier je l'ai préparé d'après mon point de vue personnel tout en essayant d'être objectif. Bonne lecture à tous.

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Economie numérique en Algérie 2016

  1. 1. 0 L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE Quels états des lieux ? Quelles stratégies ? Quelles perspectives ? Merzak BENAISSI Etudiant en Master Gestion et Droit de l’Economie Numérique, parcours Commerce Electronique -Université de Strasbourg- Janvier 2016 Merzak.benaissi@hotmail.com
  2. 2. Résumé Depuis le début du nouveau millénaire, l’Algérie a voulu développer les TIC à travers plusieurs actions, la mise en œuvre de la politique sectorielle des postes et des télécommunications dès les années 2000 a créé un environnement juridique et institutionnel favorable à la concurrence et amélioré l’accès aux services de communication, notamment la téléphonie mobile. En 2008 le ministère de la poste et des TIC a élaboré une véritable stratégie claire et cohérente pour accompagner la transition numérique de l’économie algérienne, malheureusement, ce projet intitulé « e-Algérie 2013 » a été abandonné au milieu de la route, seules 30% des actions ont été appliquées. Depuis, aucune autre stratégie n’a été mise en place. En 2016, les algériens ne peuvent toujours pas acheter, vendre, réserver sur internet. Chaque ministère mène des actions pour introduire les TIC dans son propre secteur, mais d’une manière indépendante sans être orienté par une stratégie globale du gouvernement. Des spécialistes expliquent cette situation par l’absence d’une véritable volonté politique pour développer l’économie numérique en Algérie. Aujourd’hui, la chute des prix du pétrole a mis l’Algérie dos au mur et il ne lui reste qu'à engager le processus de diversification économique basé sur les TIC et l’économie de la connaissance. Mots clés : Algérie, TIC, e-Algérie, économie numérique. -------------------------------------------------------------------------------------------- Abstract: The implementation of the sectoral policy of postal and telecommunications since the 2000s has created a favorable legal and institutional environment for competition and improved access to communication services, including mobile telephony. In 2008 the Ministry of Post and ICTs has developed a clear and coherent strategy to support the digital transition of the Algerian economy, unfortunately, the project "e-Alérie 2013" was abandoned in the middle of the road, only 30 % of the shares were applied. Since then, no other strategy has been adopted. In 2016, Algerians cannot buy, sell, reserve online. Each department carries out actions to introduce ICTs in its sector, but independently without being guided by an overall strategy of the government. Experts explain this situation by the lack of real political will to develop the digital economy in Algeria. Today the oil price fall has put Algeria back to the wall and he is left with only engage the economic diversification process based on ICTs and the knowledge economy. Keywords: Algeria, ICT, e-Algérie, digital economy.
  3. 3. Sommaire Résumé Sommaire Introduction……………………………………………………….. Chapitre I : la place du Numérique dans l’économie algérienne Section I : présentation générale de l’Algérie…………………………………. 1- La démographie……………………………………………………………. 2- La situation économique et financière ……………………………………… Section II : quelles stratégies pour développer le numérique en Algérie…… 1- « e-Algérie 2013 », un projet abandonné…………………………………… 2- Etats des lieux de l’économie numérique en Algérie actuellement………… Chapitre II : l’infrastructure et les usages des TIC en Algérie…. Section I : l’Infrastructure des TIC en Algérie……………………………… 1- Une infrastructure très faible ………………………………………………… 2- Un taux de pénétration d’internet faible…………………………………….. Section II : les usages des TIC en Algérie …………………………………….. 1- Le e-gouvernement en Algérie ……………………………………………… 2- Le e-commerce en Algérie, livré à lui-même……………………………….. Conclusion………………………………………………………… Webographie Carte heuristique 3 5 5 5 7 10 12 16 27 27 28 30 34 34 39 46
  4. 4. Introduction L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 3 INTRODUCTION : L’Algérie s’enfonce inexorablement dans la crise, la question que se posent les algériens aujourd’hui n’est pas quand et comment la crise aura lieu, parce qu’ils sont en plein dedans, mais plutôt comment faire pour s’en sortir avec les moindres dégâts et surtout pour ne plus y retomber dans l’avenir. En effet l’économie de l’Algérie - le plus grand pays du continent noir en terme de superficie - est totalement dépendante aux hydrocarbures, qui constituent 98% de ses exportations et 60% de budget de l’Etat. Après plus de 50 ans de son indépendance, l’Algérie n’arrive toujours pas à construire une économie forte et diversifier les sources de ces revenus. La chute des prix de pétrole à moins de 30$ le baril, a mis l’Algérie dos au mur, une situation qu’elle aurait pu éviter si le gouvernement algérien avait entendu les sonnettes d’alarme qu’ont tiré les spécialistes économiques et les différentes institutions économique internationales durant plusieurs années pour l’alerter sur les risques d’une éventuelle chute des prix de pétrole. Soit par une prise de conscience ou par obligation suite aux circonstances actuelles, le gouvernement algérien court dans tous les sens pour trouver des solutions, ou plutôt la seule solution qui lui reste : engager le processus de la diversification économique. Dans un contexte d’une économie mondiale plus globale et plus interdépendante, aucun processus de réforme économique ne peut être engagé loin des yeux de la communauté internationale et sans la prise en compte des tendances actuelles de l’économie mondiale. Le forum de Davos qui s’est tenu entre le 21 et le 23 janvier 2016 pour décrypter et dessiner des plans pour l’avenir ; l’avenir de l’humanité, de l’économie, de l’entreprise, de l’emploi…pendant ces trois jours, un seul mot d’ordre qui est revenu dans toutes les interventions : « la quatrième révolution industrielle » qui est d’ailleurs le titre choisi pour cette rencontre organisée par le World Economic Forum. La quatrième révolution industrielle est là, après la machine à vapeur, l’électricité et l’automatisation des industries, place maintenant à l’internet des objets, à
  5. 5. Introduction L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 4 l’usine intelligente, à l’économie des données, à la biotechnologie...c’est l’ère de l’économie numérique par excellence. Comme toutes les précédentes révolutions, le basculement à l’économie numérique se fait à l’échelle mondiale et globale ; pays industrialisé ou en voie de développement, société moderne ou conservatrice, éducation, culture, sport… aucun pays, aucune société, aucun secteur économique ne peut y échapper. Dans ce dossier consacré à l’économie numérique en Algérie, on va essayer de décrypter la place du numérique et des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les différentes politiques économiques du pays en essayant de répondre aux questions suivantes :  Quels états des lieux de l’économie numérique en Algérie ?  Quelles sont les stratégies du gouvernement pour créer un environnement favorable au développement de l’économie numérique ?  Quelles perspectives pour les TIC et l’économie numérique en Algérie ? Pour répondre à ces questions et autres, on a divisé ce travail en deux parties, la première sera consacrée à la place du numériques dans l’économie algérienne avant de s’intéresser à l’infrastructures et aux usages des TIC en Algérie dans la deuxième partie.
  6. 6. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 5 Chapitre I : La place du Numérique dans l’économie Algérienne : Section I : Présentation générale de l’Algérie : Pour mieux comprendre l’état de l’économie numérique en Algérie et ses défis, on a jugé nécessaire de présenter quelques données et indicateurs démographiques, économiques et financiers qui vont nous aider dans notre analyse. 1. La démographie : L’Algérie est le plus grand pays d’Afrique en terme de superficie avec plus de 2,3 millions de km2 dont 85% de désert. La population algérienne dépasse les 40 millions d’habitant en janvier 20161 , avec 16 habitant/1 km2 ,l’Algérie enregistre un taux de densité parmi les plus faible dans le monde. Ainsi, ce taux varie entre le nord du pays, où se concentre plus de 80% de la population, et le sud qui est déserté, où ce taux n’atteint même pas 1 habitant /km2 . 1 Estimation de l’ONS (Office National des statistiques en Algérie), http://www.ons.dz/IMG/pdf/Demographie_algerienne_2014.pdf Nombre d’habitants par wilaya (en millier de personnes) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_wilayas_d%27Alg%C3%A9rie_par_population#/media/File:Population_map_of_Algeria_in_2008.svg
  7. 7. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 6 Pour faire face à cette disparité de population et réduire la fraction numérique entre les différentes régions du pays, l’Etat a mis en place un programme spécial de Service Universel de Télécommunication (SUT) afin d’assurer un service minimum dans les endroits à basse densité. Au mois d’octobre 2015, L’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications en Algérie (ARPT) a lancé un appel d’offre à concurrence pour désigner un ou plusieurs opérateurs qui seront chargés d’assurer le service universel. L’ARPT a fixé le cadre de ce service universel, il s’agit de mettre à la disposition d’un service minimum pour tout résident d’une localité dont le nombre d’habitants est supérieur à 500 et inférieur à 2000 pour le sud du pays et supérieur à 1000 et inférieur à 2000 pour le nord", plus en détail, le service universel consiste en un service téléphonique d’une qualité spécifiée, ainsi que l’acheminement des appels d’urgence, l’accès aux services Internet à un débit minimum de 512 kbps2 . Le financement de ce Service Universel est assuré notamment par les contributions des opérateurs qui détiennent la licence d’exploitation (à savoir 3% du CA chaque année), mais aussi par L’Etat en cas d’insuffisance des fonds réservés pour ce service. Une population très jeune : La population active (entre 15 et 59 ans) représente plus de 63% de la population globale, avec une moyenne d’âge qui ne dépasse pas les 27,3 ans, le défi majeur de l’Algérie ça serait d’assurer un cadre de vie agréable pour sa jeunesse, ce qui ne sera pas facile quand on sait que plus de 70 % des chômeurs ont moins de 30 ans. L’Algérie compte en 2015, plus de 8 millions d’élèves et plus d’un million d’étudiants dans les différents établissements universitaires du pays, une jeunesse bien instruite, née et grandie à l’ère du numérique, connectée avec le monde extérieur et qui n’admet pas le fait qu’en 2016 elle ne peut toujours pas acheter, vendre, payer en ligne. 2 http://www.arpt.dz/fr/doc/actu/com/2015/Com_22_12_2015.pdf
  8. 8. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 7 2. La situation économique et financière : L’économie Algérienne est une économie rentière par excellence, elle repose en grande partie sur les hydrocarbures qui constituent environ 98% des exportations du pays et plus de 60% du budget de l’Etat. Après plus de 50 ans de l’indépendance, l’Algérie n’a pas réussi à se détacher de la rente pétrolière et diversifier son économie. Le système politique en pouvoir depuis 1999 n’a pas bien saisi l’occasion de la flambée des cours de pétrole des années 2000 où les prix de baril ont avoisiné les 150 dollars, ce qui a généré des rentrées colossales (750 milliards de dollars entre 2000 et 2014)3 , toutes ses sommes n’ont pas permis à l’Algérie de développer son économie en les investissant pour améliorer les capacités de production nationale, notamment dans les secteurs de l’agriculture, et l’industrie légère. Le constat est catastrophique, le pays importe quasiment tout de l’extérieur, augmentant ainsi la facture de l’importation à plus de 60 milliards de dollars en 2015. 3 http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/26/l-algerie-s-inquiete-de-la-chute- des-cours-du-petrole_4640853_3234.html (consulté le 29/12/2015) La Pyramide des âges de la population en Algérie - 2015 Source : https://populationpyramid.net/fr/algerie/2015/ Quelques chiffres  Population globale : 40,4 millions  Densité de population (2015) : 16.6 h./km2 .  Taux de croissance démographique annuel (2014/2015) : 2,5%  Age moyen (2014) : 27.3 ans  Espérance de vie (2014) : 76 ans  Taux d’alphabétisation (2012): 73 %  Population urbaine (2014) : 75%  Population de moins de 15 ans : 28%  IDH (Indice de Développement Humain) pour 2014 : 0.736 au 83ème sur 188 pays.  Taux de chômage (2015) : environ 11%.  Taux de migration (2015) : - 0.92 ‰ Source : ONS, FMI, Banque Mondiale, PNUD
  9. 9. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 8 La crise est passée par là… La chute du prix de pétrole qui a passé de 100$ le baril à moins de 40$ en un an a plongé le pays dans une tournante qui risque de le conduire à une crise économique pire que celle qu’a connu en 1986 si des véritables mesures ne seront pas prises dans l’immédiat et sur le moyen et le long terme. Sur la période allant de janvier à novembre 2015, les exportations ont reculé à 34,371 milliards de dollars contre 59,133 milliards de dollars sur la même période de 2014, soit une chute de 41,88%. Les importations quant à elles, ont également baissé, même si leur montant reste très important pour atteindre 46,997 milliards de dollars contre 53,681 milliards de dollars (-12,45%). Le taux de couverture des importations par les exportations a baissé à 73% contre 110% entre les deux périodes de comparaison, à savoir entre le mois de janvier et novembre des années 2014 et 20154 . La réponse du gouvernement algérien est plus ou moins attendue, d’un côté il essaye de rationaliser les dépenses publiques en allant jusqu’à appliquer une politique d’austérité, plusieurs projets prévus dans le cadre du quinquennat 2015-2019 ont été gelés. D’un autre côté, le gouvernement veut baisser les importations pour essayer de réduire le déficit de la balance commerciale, la dernière mesures prise en ce sens est la demande du ministère de l’industrie aux concessionnaires d’automobiles de réduire leurs importations « …sur la base de 50% des flux courants de ses importations des années précédentes… »5 , d’autres amères mesures ont été et seront prises dans les prochaines semaines et mois, comme l’augmentation historique des prix du carburant et de l’électricité ou des éventuels licenciements dans l’administration et les entreprises du secteur publique. Néanmoins, plusieurs experts économiques et financiers, algériens comme étrangers, voient que cette crise que traverse l’Algérie, est une alerte et une sonnette d’alarme pour inciter le gouvernement à prendre des véritables mesures pour améliorer le climat des affaires afin d’attirer les investisseurs étrangers. 4 http://www.douane.gov.dz/pdf/r_periodique/Novembre%202015.pdf 5 http://www.tsa-algerie.com/20160110/lalgerie-va-reduire-de-50-ses-importations-de- vehicules-en-2016-document/ (consulté le 01/01/2016)
  10. 10. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 9 Un climat des affaires peu attractif : Le rapport Doing Business 2016 a mis l’Algérie à la 163ème place sur 189 pays6 , soit deux places perdues par rapport à l’année précédente, un classement qui ne donne pas une bonne image sur le climat des affaires du pays et qui ne donne pas envie aux investisseurs étrangers de venir en Algérie. En effet, la législation algérienne ne donne pas l’impression d’un pays qui fait yeux doux aux investisseurs étrangers, au contraire, on peut lire entre les lignes que le pays veut surtout se protéger et limiter les sorties de devises. Deux principaux verrous à l’investissement qui agacent les hommes d’affaires étranger voulant s’installer en Algérie, tout d’abord la fameuse règle de 51/49 entrée en vigueur par la loi de finance complémentaire de 2009 ; un investisseur étranger ne peut pas détenir plus de 49% du capital social et il doit trouver un ou plusieurs partenaires locaux, publics ou privés, pour lancer son projet ou pour pouvoir soumettre sa candidature à un appel d’offre. L’autre règle concerne le droit de préemption de l’Etat Algérien sur cession de participation des actionnaires étrangers. Résultat direct de cette loi de finance complémentaire de 2009, les Investissement Directs Etrangers IDE, sont en baisses régulières, ils sont passés de 2.9 milliards de dollars en 2009 à 2.2 Mds $ en 2010, 1.8 Mds $ en 2011, 1.7 Mds $ en 2012 et 2013 avant d’atteindre 1.4 Mds $ en 2014 7 . Le gouvernement, à travers le nouveau code de l’investissement de 2015, s’est montré plus ouvert en abrogeant certaines dispositions inapplicables associées à la règle du 51/49, des mesures qu’ont applaudi certains acteurs économiques étrangers exerçant en Algérie, tout en les jugeant insuffisantes. Une croissance positive malgré tout Dans son dernier rapport des perspectives économiques mondiales de janvier 2016, la Banque Mondiale prévoit une croissance du PIB à 3,9 % en 2016 et 4% en 2017 avant de descendre à 3.8 en 2018, des prévisions qui semble aller en contre sens des autres indicateurs en berne. Il faut souligner là aussi que le gouvernement avait prévu d’atteindre 6 http://francais.doingbusiness.org/data/exploreeconomies/algeria (consulté le 01/01/2016) 7 http://www.algerie-focus.com/2015/10/economie-le-nouveau-code-des-investissements- algerien-va-t-il-doper-les-ide/ (consulté le 01/01/2016)
  11. 11. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 10 un taux de croissance de 7% en 2019, un objectif difficile à atteindre avec les conjonctures économiques actuelles. Section 2 : Quelles stratégies pour développer le numérique en Algérie ? Après avoir donné un petit aperçu sur l’économie algérienne, on va mettre la lumière sur la place du numérique dans la stratégie économique du pays. C’est quoi l’économie numérique ? Nouvelles technologies de l’information et de communication NTIC, économie nouvelle, économie de connaissances, économie digitale, économie électronique…toutes ces dénominations décrivent l’économie numérique, elles se différent d’un pays à autre et d’une époque à une autre. En Algérie l’expression qui revienne le plus pour parler de l’économie numérique est les « TIC » ou « NTIC », d’où la dénomination du « Ministère de la Poste et des Technologies de l’Information et de Communication » MPTIC. L’expression « Economie Numérique » n’est pas vulgarisée dans la société algérienne, hormis quelques experts en TIC et en économie, cette expression n’est pas assez présente dans le discours du gouvernement et ses différentes organisations économiques et sociales, ni dans les médias d’ailleurs. Cependant, comme l’économie numérique ne se limite pas à un secteur économique particulier, il n’existe pas une définition exacte et précise de ce terme. Chiffres clés 2012 2013 2014 2015 2016 PIB (en Mds USD) 207,8 209,7 213,5 175,1 181,7 Taux de croissance 3,3% 2,8% 3,8% 3% 3,9% PIB hors hydrocarbures (en Mds UDS) 136,5 146,3 151,2 156,3 163,8 Taux de croissance du PIB hors hydrocarbures 7,1% 7,1% 5,5% 4,8% 4,4% Flux des IDE (en MDS UDS) 1,7 1,7 1,4 1,5 2,1 Source : https://www.tresor.economie.gouv.fr/File/419462
  12. 12. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 11 En effet, l’économie numérique a un caractère transversal qui impacte tous les secteurs d’activité, « elle est à l'origine des nouveaux secteurs innovants et a rendu l'existence d'autres secteurs dépendantes de celle-ci »8 . On peut classifier l’économie numérique selon son impact en trois grands secteurs, le secteur des producteurs des TIC, qui est son cœur de métier même ; secteur à fort contenu numérique comme le e- commerce où son existence est liée exclusivement à l’émergence du numérique et enfin le secteur des utilisateurs où le numérique booste leurs croissances et productivités. s s 8 http://www.bsi-economics.org/546-economie-numerique-definition-impacts (consulté le 04/01/2016) La composition de l’économie numérique : Secteur des TIC, secteur à fort contenu, secteur des utilisateurs Source : « L'impact de l'économie numérique », Philippe Lemoine, Benoît Lavigne et Michal Zajac, revue Sociétal n°71 (1e trimestre 2011).
  13. 13. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 12 La prise de conscience de l’importance de la diffusion des TIC dans la croissance de l’économie en Algérie a commencé au début de l’année 2000 avec l’adoption de la loi n° 2000-03 du 5 août 2000 fixant les règles générales relatives à la poste et aux télécommunications, cette loi est venue pour séparer les services de la poste et ceux de la télécommunication qui étaient gérés par une seule entreprise publique jusqu’au là. Cette restructuration a été très bénéfique, notamment pour le secteur de la télécommunication, avec l’ouverture du marché de la téléphonie mobile à la concurrence. Mais malheureusement, ces réformes n’ont pas été suivis d’une véritable stratégie claire et cohérente pour favoriser le développement de la société de l’information et de l’économie numérique. 1- « e-Algérie 2013 », un projet abandonné : Après le sommet mondial de la société de l’information tenu à Tunis en 2005 où un plan d’action a été approuvé avec des mesures visant à vulgariser les TIC et lutter contre la fracture numérique partout dans le monde, le gouvernement algérien a lancé plusieurs programmes en ce sens, entre autre le fameux programme OUSRATIC (famille TIC en Arabe) entrepris en 2006 qui a visé d’équiper plus de 6 millions de foyers algériens par au moins un ordinateur à l’horizon 2010, et ça en octroyant un crédit bancaire à taux 0 à chaque famille algérienne désireuse de bénéficier de cette opération. Ce projet a connu un grand échec, pendant deux ans, seuls 25000 crédits ont été octroyés. Les raisons de cet échec sont dû aux contraintes bancaires rencontrées dans l’obtention d’un prêt pour l’achat d’un micro-ordinateur et à l’absence de contenus à valeur ajoutée. La première fois que le gouvernement algérien a voulu établir une véritable politique nationale pour l’économie numérique était en 2008. Le ministère chargé des TIC a pris l’initiative d’organiser plusieurs rencontres entre les différents acteurs concernés, de juin à décembre 2008, 6 mois ont été nécessaire à l’élaboration de ce programme intitulé « e-Algérie 2013 » 9 . Des universitaires, des chercheurs, des opérateurs économiques, des associations, des experts algériens et étrangers ont pris part à la mise en place de ce programme. 9 Programme e-Algérie 2013 : http://www.algerianembassy.ru/pdf/e-algerie2013.pdf
  14. 14. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 13 Les actions du programme e-Algérie 2013 : Minutieusement élaboré, le programme s’étalait sur 5 ans, entre 2009 et 2013, il s’articule autour de 13 axes majeurs qui regroupent plus d’un millier d’actions.  Axe 1 : Accélération de l’usage des TIC dans l’administration publique :  Modernisation de l’administration par l’introduction des TIC : à travers le parachèvement des réseaux et systèmes au niveau des intranets et des réseaux locaux, acquisition et renouvèlement du parc informatique, acquisition des logiciels, mise en œuvre de systèmes d’information géographique et de solutions de numérisation de fichiers, création de bibliothèques et annuaires électronique, formation et sensibilisation du personnel de l’administration…  Rapprochement de l’administration du citoyen par le développement des services en ligne : à travers Développement des applications horizontales gouvernementales (services en ligne en direction de l’administration), Les 13 axes du programme e-Algérie 2013 e-Algérie 2013 e- administration e-citoyen e-entreprise infrastructures haut débit économie numérique compétences humaines R&D cadre juridique coopération interntionale moyens financiers organisation évaluation & suivi information et communication
  15. 15. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 14 développement des applications sectorielles dans le secteur public : services en ligne en direction du citoyen, services en ligne en direction des employés, services en ligne en direction des entreprises.  Axe 2 : Accélération de l’usage des TIC dans les entreprises : il s’agit de renforcer le secteur économique par l’intégration des TIC à travers :  Le développement de l’offre de services en ligne en direction des entreprises en amont et en aval : le e-banking, e-investissement, e-business, e-procurement, e-registre de commerce, e-commerce, outsourcing…  Le développement des applications pour l’amélioration des performances des TPE et de la micro entreprise : utiliser les TIC dans les exploitations agricoles, les agences de tourisme, la logistique…  Soutenir l’appropriation des TIC par les PME.  Axe 3 : Développement des mécanismes et des mesures incitatives permettant l’accès des citoyens aux équipements et aux réseaux des TIC :  Redynamisation l’opération Ousratic dont on a déjà parler à travers l’octroi de microordinateurs individuels et de lignes haut débit, l’offre de formation et la disponibilité de contenus spécifiques à chacun des segments de la population.  Augmentation du nombre d’espaces publics communautaires et l’élargissement du service universel à l’accès à internet.  Axe 4 : Impulsion du développement de l’économie numérique : en créant des conditions adéquates permettant le développement intensif de l’industrie des TIC, notamment des mesures incitatives à la production du contenu.  Axe 5 : Renforcement de l’infrastructure des télécommunications à haut et très haut débit : à travers la réalisation d’une infrastructure des télécommunications à haut et très haut débit, sécurisée et de haute qualité de service et Améliorer la visibilité de l’Algérie sur Internet à travers une gestion efficace du nom de domaine « .dz ».  Axe 6 : Développement des compétences humaines : à travers le renforcement de la formation supérieure d’ingénieurs et équivalents ainsi que de la formation professionnelle de techniciens supérieurs dans le domaine des TIC et l’Enseignement des TIC pour toutes les catégories sociales.
  16. 16. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 15  Axe 7 : Renforcement de la recherche-développement et de l’innovation : en organisant le R&D dans le domaine des TIC et en valorisant ses résultats par la suite, aussi à travers le développement de la coopération scientifique et le transfert de la technologie et du savoir-faire dans le domaine des TIC.  Axe 8 : Mise à niveau du cadre juridique national : la définition du cadre législatif et réglementaire approprié.  Axe 9 : Information et communication : sensibilisation à l’importance du rôle des TIC dans l’amélioration de la qualité de vie du citoyen et le développement socio- économique du pays. La mise en place d’un tissu associatif comme prolongement de l’effort gouvernemental.  Axe 10 : Valorisation de la coopération internationale : en participant activement au dialogue et aux initiatives internationales.  Axe 11 : Mécanismes d’évaluation et de suivi : en définissant un système ‘indicateurs de suivi et d’évaluation.  Axe 12 : Mesures organisationnelles : Mise en place d’une organisation institutionnelle cohérente s’articulant autour de trois niveaux : l’orientation, la coordination intersectorielle et l’exécution.  Axe 13 : Moyens financiers et planification : le budget de l’état au titre de l’équipement et du fonctionnement, des fonds de soutien au développement économique et les ressources propres des entreprises. Comme les actions de programme e-Algérie sont transversales et touchaient pratiquement tous les secteurs et tous les ministères, les participants à l’élaboration de ce programme ont proposé de créer la « e-commission », une entité indépendante du ministère de la poste et des TIC attachée directement au premier ministre pour piloter toutes les actions de ce projet. Le programme avait comme échéance fin 2013, ses élaborateurs ont pris soin de définir une échéance pour chaque action en prenant en compte la complexité de la réalisation de certaines actions par rapport aux autres.
  17. 17. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 16 e-Algérie 2013 ; qu’est ce qui est réalisé ? Deux ans après la date initialement prévu pour la mise en œuvre totale de toutes les actions du programme, aucun bilan officiel n’est publié. En effet le projet a connu un grand échec, les experts qui ont participé dans son élaboration comme Mr Ali Kahlan et Mr Younes Grar* parlent d’un taux de réalisation qui ne dépasse pas les 30% et ça jusqu’en 201510 . Les raisons de cet échec sont multiples ; on peut citer la bureaucratie et la résistance aux changement sur tous les niveaux de l’administration publique. Mais la raison principale selon plusieurs observateurs est le manque d’implication de l’Etat et l’absence d’une réelle volonté politique au sommet du pouvoir pour développer l’économie numérique, soit par inconscience de la valeur ajoutée que peuvent apporter les TIC à l’économie nationale et leur rôle dans l’amélioration de niveau de vie du citoyen algérien, soit par peur, en effet qui dit économie numérique dit transparence et la transparence ne rime pas avec un système politique corrompu (l’Algérie est classée à la 100ème place sur 175 pays dans le dernier classement de l’indice de perception de la corruption (IPC) 2014 de l’ONG Transparency International11 ). D’autres lectures lient l’abandon de ce projet au départ du ministre qui a été derrière son lancement (Mr Hamid Bessalah) mi-2010, ce qui confirme l’hypothèse de l’absence d’une vraie volonté politique et que la réalisation de ce programme était avant tout une affaire de personnes et pas une affaire d’Etat. 2- Etat des lieux de l’économie numérique en Algérie actuellement : L’image n’est pas toute noire, plusieurs actions ont été réalisées ces dernières années, notamment au niveau de e-gouvernement et des infrastructures avec le lancement de la 3G en 2014 et le lancement prochain de la 4G mobile fin 2016. Dans cette section on va essayer de faire le tour sur ce qui est a été réalisé des différentes actions recommandées par le programme e-Algérie 2013, concernant les axes *r deux experts algériens dans le domaine des TIC. 10 http://www.maghrebemergent.info/high-tech/53300-algerie-l-innovation-et-l-economie- numerique-avancent-a-tout-petits-pas.html (consulté le 10/01/2016). 11 http://www.transparency.org/cpi2014/results
  18. 18. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 17 de la e-administration et de l’infrastructures on les traitera dans le deuxième chapitre avec un peu plus de détail. Il faut souligné tout d’abord qu’aucune autre stratégie n’a été mise en place concernant le développement de l’économie numérique en Algérie. Face à cette anarchie et l’absence d’une vision claire au sein du gouvernement, des acteurs du secteur économique et des TIC notamment ont pris l’initiative d’organiser plusieurs rencontres et salons autour de l’industrie informatique et numérique qui regroupent tous les professionnels algériens en la matière, ces salons sont souvent sous le patronage du ministère de la Poste et des TIC, on peut citer entre autre : Le SIFTECH : est le Salon International du Futur Technologique. Il présente à chaque édition les derniers nés des équipements de haute technologie, il est le rendez-vous incontournable pour découvrir les nouvelles technologies dans les secteurs TIC, médecine, micro Industrie, électronique et média, la 17ème édition du salon se tiendra au mois de mai prochain au centre des conventions d’Oran. Site web du salon : http://www.siftech.dz MED-IT EL DJAZAÏR : est le salon international sur les technologies de l’information réservé aux professionnelle du secteur IT, la première édition était en 2004, la 12ème édition est tenue fin octobre 2015 à Alger, elle a connu un immense succès selon les organisateurs qui parlent de plus de 150 exposants et de 6000 visiteurs professionnels. Site web du salon : http://www.med-it.dz ALGERIA 2.0 : c’est le carrefour des professionnels des TIC et du web en Algérie, sa 4ème édition s’est tenue au mois de septembre 2015 au Cyberparc de Sidi Abdellah à Alger, cet évènement a pour objectif de vulgariser l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication et les intégrer aux notions d’entreprenariat et d’innovation. Site web du salon : https://algeria20.com
  19. 19. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 18 Cluster numérique : au moins de novembre 2015, 32 opérateurs du domaine des TIC ont signé avec l’agence nationale de promotion des parcs technologiques ANPT une convention pour la création du premier cluster pour le développement de l’économie numérique en Algérie, « l'initiative de création du cluster numérique est partie d'un consensus entre plusieurs acteurs de ce domaine qui ont senti le besoin de se regrouper pour développer l'économie numérique en Algérie, de rassembler certains efforts et d'être également une force de proposition grâce à cette union ».12 disait l’un des signataires. En plus de ces salons et cluster, d’autres initiatives citoyennes loin de patronage de l’Etat se sont nées, à l’image de l’atelier organiser par le think tank citoyen algérien Nabni autour du numérique, nommé « Digit-Algérie » au aussi les premières assises pour l’économie numérique en Algérie qui seront organisées au premier semestre de l’année en cours à l’initiative d’un groupe d’acteurs et experts TIC algériens. A. Encourager l’entreprenariat dans le domaine des TIC : On ne peut pas développer l’économie numérique dans un pays sans aménager un environnement entrepreneurial favorable à la création et la croissance des start-ups. Le gouvernement algérien a mis à la disposition des jeunes entrepreneurs plusieurs programmes de financement et d’aide pour les encourager à concrétiser leurs idées innovantes, ces dernières années des centaines de start-up algériennes se créent à travers tout le territoire national, malheureusement on n’a trouvé aucunes statistiques officielles ou chiffres approximatifs concernant le nombre des start-up créé dans le domaine des TIC Une chose est sûre, c’est que des milliers de jeunes algériens ont relevé le défi et ont osé de monter leurs propres boites dans un environnement d’investissement peu favorable aux porteurs de nouvelles idées et projets, en jetant un coup d’œil sur profils de ces jeunes entrepreneurs, on aperçoit qu’une grande partie entre eux viennent de la diaspora algérienne à l’étranger, en effet malgré la lenteur bureaucratique et l’absence d’une infrastructure solide, l’Algérie séduit les jeunes entrepreneurs avec ses solutions de financement qu’elle leur propose , on cite notamment l’ENSEJ et l’ENGEM. 12 http://www.alhubeco.com/rencontre-autour-3-numerique-le-25-octobre-a-alger/ (consulté le 11/01/2016)
  20. 20. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 19 Au mois de septembre 2015, Algérie Télécom a signé une convention avec l’ANSEJ pour la création de 1000 microentreprises à l’échelle nationale dans le domaine des TIC notamment en ce qui concerne les câbles en fibre optique, la pose des réseaux hertziens et les travaux de réalisation des canalisations, et ça pour aider Algérie Télécom AT à accélérer la liaison des réseaux du dernier kilomètre. Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes Créé en 1996, Le dispositif ANSEJ s’adresse aux jeunes chômeurs situés dans la tranche d’âge 19-35 ans, il leur permet de bénéficier d’un financement sans intérêt pouvant aller jusqu’à 20 millions de dinars algérien (soit plus de 170 000 €). Grâce à de nouvelles dispositions rentrées en vigueur en 2013, le porteur de projet peut désormais rembourser son prêt sur 7 ans et disposer d’une aide pour financer son local. Son apport initial a également été revu à la baisse, passant à 1% de la somme totale demandée. Autre avantage avec cette formule : La société est exemptée d’impôts jusqu’au remboursement du prêt, soit pendant 7ans. Nombre de projets financés jusqu’en 2015 : 350 000 pour 1 million de postes de travail crée. Site web: http://www.ansej.org.dz Agence Nationale de Gestion du Micro-crédit Crée en 2004, cette agence propose une solution pour les entrepreneurs et artisans sans limitation d’âge mais à plus petite échelle, les fonds accordés ne pouvant dépasser 1 million de dinars algérien, (soit plus de 8500€), le prêt du dispositif ANGEM ne sont pas rémunéré et peut être rembourser sur 8 ans. Nombre de projets financés jusqu’en 2015 : 726359 projets Dont 451080 Crédits octroyés aux Femmes, le dispositif ANGEM a permis de créer plus d’un million d’emploi dans une période de 10 ans Site web: http://www.angem.dz
  21. 21. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 20 Dans chaque wilaya, AT assure une formation de 45 jours au profit des jeunes initiateurs de ces microentreprises, des conventions sont signées entre AT et les gérants de ces microentreprises dès la fin de cette formation. En plus de ces dispositifs destinés à tout type de projet, il existe un fonds spécial créé suite aux recommandations du fameux programme e-Algérie, il s’agit de FAUDTIC, Fonds d’Appropriation des Usages et du Développement des Technologies de l’Information et de la Communication, ce fonds, qui est sous l’autorité du ministère de la Poste et des TIC, est destiné à accorder un financement total ou partiel aux projets initiés par toute personne morale de droit public ou privé (administration, association et surtout les PME), de nature à promouvoir les usages et le développement des technologies de l'information et de la communication. Le FAUDTIC est destiné aux entreprises et start-ups en activité mais aussi les porteurs de projet, la nature des projets financés par ce fonds concerne entre autre13 :  Acquisition d'équipements informatiques et logiciels ;  Acquisition d'équipements réseaux ;  Investissement concourant à la mise à niveau d'entreprises TIC ;  Développement de site web et mise en ligne de services ;  Développement et gestion de portails d'accès aux services ;  Soutien technique et expertise ;  Arabisation du contenu ;  Développement de contenu éducatif et multimédia ;  Plate-forme de développement logiciel ;  Plate-forme de développement de contenu multimédia et numérisation des cours La mauvaise communication n’a pas permis une meilleure exploitation de ce fonds, alors que son montant de démarrage s’élevait à 5 milliard de dinars (43 millions d’euros), le taux de son exploitation ne dépasse pas les 10%.14 13 http://www.mptic.dz/fr/IMG/pdf/FAUDTIC.pdf 14 http://www.maghrebemergent.info/high-tech/53300-algerie-l-innovation-et-l-economie- numerique-avancent-a-tout-petits-pas.html (consulté le 16/01/2016).
  22. 22. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 21 En plus de ces aides financières, l’Etat a mis en place des incubateurs comme le Technobridge du Cyberparc de Sidi Abdellah à Alger. D’une superficie de 9 800 m2, il propose aux porteurs de projets et aux startups des formations dans la gestion d’entreprise, et du coaching grâce au comité pédagogique et technologique de l’incubateur. Deux formules existent pour installer sa société au Cyberparc : la location d’espace de bureaux au niveau du multi-locataire, avec un loyer mensuel de base de 1 000 DA/M² (8,5€), ou la concession et la cession de terrain à terme. Pour en bénéficier, il faut appartenir à l’une des catégories suivantes : entreprises privées et publiques dans les TIC, accélérateurs (institutions ou entreprises offrant des services permettant d’accélérer la création et l’expansion des entreprises TIC), les services de soutien aux entreprises, les services de recherche et développement, les instituts, écoles ou universités dans les TIC, et enfin les équipements de loisirs et les petits commerces. 15 Le CyberParc de Sidi Abdellah, la Cilicone Valley algérienne ! Le Cyberparc de Sidi Abdellah, situé à 30 km d’Alger est un élément clé du programme e- Algérie, les premiers travaux ont commencé en 2002, l’inauguration effective du parc été en 2011, il est composé d’un immeuble central de 20 000 m2, divisé en deux parties : un centre d’affaires, et un hôtel d’entreprises, reliés entre eux à travers un hall commun. L’immeuble dispose de la connexion à Internet via l’ADSL, WiFi, le Wimax ou encore le FTTH (fibre optique). Le Cyberparc de Sidi Abdellah a été conçu pour être un lieu de recherche, de formation, d’affaires mais aussi pour être un lieu de vie permettant aux locataires et à ceux qui le fréquentent d’avoir un espace d’échanges permettant de créer une synergie entre chercheurs, chefs d’entreprises et porteurs de projets. Malheureusement on dispose d’aucun chiffre sur le nombre de startups et d’entreprises qui sont installés dans ce parc technologique. Le Cyberparc est géré par L’ANPT, Agence Nationale de Promotion et de Développement des Parcs Technologiques, d’autres Cyberparcs sont en cours de construction à Oran, Annaba, et Ouargla dans le sud algérien. Site web de l’ANPT : http://www.anpt.dz 15 http://www.nticweb.com/dossiers/6631-e-algerie-la-creation-de-startups-au-point- mort.html (consulté me 16/01/2016)
  23. 23. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 22 B. Accompagner la transformation numérique des entreprises : Les aides de l’Etat ne se limite pas qu’au solutions de financement, mais aussi à l’accompagnement des entreprises pour réussir la transition numérique de leurs activités, le ministère de développement industriel et de la promotion de l’investissement à travers l’Agence Nationale de Développement de la PME ANDPEM a défini un plan intitulé PNMAN-PME (Plan National de Mise à Niveau des PME), il s’agit « d’un processus continu d’apprentissage, de réflexion, d’information et d’acculturation, en vue d’acquérir des attitudes nouvelles, des réflexes et des comportements d’entrepreneurs, et des méthodes de management dynamiques et innovantes. »16 Ce programme des mises à niveau touche toutes les fonctions de l’entreprise, allant de la gestion financière, au développement commercial, management, qualité et les TIC bien sûr, ce dernier plan (les TIC) est élaboré conjointement avec le Programme d’Appui aux PME/PMI et à la Maîtrise des Technologies d’Information et de Communication, financé par l’Algérie et l’Union Européenne. Programme d’Appui aux PME/PMI et à la Maîtrise des TIC Mis en place par l’Algérie et l’Union européenne en 2009, ce programme intitulé (PME II) vise à contribuer à la modernisation et au développement du secteur des petites et moyennes entreprises algériennes. Intervenant sous la tutelle du Ministère du Développement Industriel et de la Promotion de l’Investissement, le PME II est doté d’un budget de 44 M€ destiné au financement d’activités de conseil, de formation et d’études dans les domaines de la mise à niveau des PME, de la qualité et du développement institutionnel. Le PME II s’adresse aux entreprises ayant engagé des programmes de modernisation et relevant d’un certain nombre de filières cibles, dans le but de la dissémination des bonnes pratiques au reste des PME de la filière. Dans son action d’appui direct aux entreprises, le PME II accorde une importance particulière à la mise en place de la démarche qualité et à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication... Source : http://www.algerie-pme2.dz 16 http://www.andpme.org.dz/index.php/fr/cest-quoi-la-mise-a-niveau (consulté le 15/012016)
  24. 24. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 23 Le guide TIC élaboré par l’ANDPEM comporte 27 fiches autour de 4 axes majeurs17 : Axe 1 : Applications Industrielles  Fiche n° 1 : Préparation à l’introduction d’une Gestion de la Production Assistée par Ordinateur GPAO  Fiche n° 2 : Acquisition d’une solution de Gestion de la Production Assistée par Ordinateur GPAO  Fiche n° 3 : Préparation à l’introduction d’une Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur GMAO  Fiche n° 4 : Acquisition d’une solution de Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur GMAO  Fiche n° 5 : Préparation à l’introduction d’une Conception et Fabrication assistées par ordinateur CFAO  Fiche n° 6 : Acquisition d’une solution de Conception et Fabrication assistées par ordinateur CFAO  Fiche n° 7 : Préparation à l’introduction de la Conception et du Dessin assistés par Ordinateur CAO/DAO  Fiche n° 8 : Acquisition d’une solution de Conception et Dessin Assistés par Ordinateur – CAO/DAO Axe 2 : Outils de Gestion  Fiche n° 9 : Préparation à l’introduction d’un ERP et sa pérennisation  Fiche n° 10 : Acquisition d’un Enterprise Resource Planning - ERP  Fiche n° 11 : Préparation à l’introduction d’un CRM  Fiche n° 12 : Acquisition d’un Customer Relationship Management - CRM Axe 3 : Infrastructures des Systèmes d’Information  Fiche n° 13 : Équipement de démarrage  Fiche n° 14 : Mise à niveau des compétences systèmes et réseaux  Fiche n° 15 : Partage, sécurité et sauvegarde sur un réseau local  Fiche n° 16 : Réseau local  Fiche n° 17 : Gestion des Systèmes d’Information  Fiche n° 18 : Configuration d’un serveur local 17 Les TIC, programme national de mise à niveau des PME, édition 2013, (http://www.andpme.org.dz/guide/4%20TIC.pdf )
  25. 25. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 24  Fiche n° 19 : Utilisation d’Internet  Fiche n° 20 : Accès à Internet  Fiche n° 21 : Configuration sécurité Axe 4 : Internet  Fiche n° 22 : Site web d’entreprise  Fiche n° 23 : Mise en place ou refonte d’un site web  Fiche n° 24 : Doter l’entreprise d’un site web e-commerce  Fiche n° 25 : Mise en place ou refonte d’un site e-commerce  Fiche n° 26 : E-marketing  Fiche n° 27 : Promotion de l’entreprise sur internet. Là aussi, malheureusement, aucune étude officielle n’a été réalisée ces dernières années concernant le taux d’intégration des TIC dans les PME algériennes, la dernière étude remonte à 2010, elle a été effectué par le Centre de Recherche en Economie Appliquée pour le Développement CREAD. Il ressort de l’étude, qui a ciblé plus de 600 PME de la région centre du pays, que 53.1% des entrepreneurs sondés déclarent connaître les TIC mais seuls 46.33% d’entre eux les utilisent. 38.5% des sujets interrogés affirment ne rien savoir des TIC. Pour les entreprises qui possèdent un site web, celui-ci affiche un contenu basique, rarement mis à jour.18 En 2012, un responsable au seine de ministère de la Poste et des TIC parlait d’un taux d’intégration des TIC dans les PME algériennes de 33%19 , mais selon le responsable de Google Afrique du Nord, seulement 15% des entreprises algériennes sont connectées à Internet en 2013 et 9% seulement des entreprises ont une adresse électronique et aucune d’entre elles n’a pensé à mettre en ligne un catalogue de ses produits20 . En effet, pour de nombreux experts, l’usage des TIC dans les PME se limite à l’acquisition de PC, ils dressent un bilan noir en reprochant aux chefs d’entreprises algériens leur manque de conscience de l’importance des TIC dans la croissance de leurs boites, la plupart d’entre eux vivent dans le moyen âge numérique disait un des experts. 18 http://www.nticweb.com/14-dossiers/8147-usage-des-tic-dans-les-entreprises- alg%C3%A9riennes-un-processus-toujours-lent.html (consulté le 16/001/2016). 19 http://www.balancingact-africa.com/news/fr/edition-fran-aise-26/175/actualit-s- informati/alg-rie-faible-p-n-t/fr (consulté le 16/01/2016). 20 http://www.algerie1.com/actualite/algerie-14-de-penetration-dinternet (le 21/01/2016)
  26. 26. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 25 C. Le numérique dans la législation algérienne : Parmi les objectifs du projet e-Algérie, on trouve l’obligation de mettre à niveau le cadre juridique national en prenant en compte les mutations qu’a généré la généralisation du numérique dans la société algérienne. On va essayer de faire un inventaire de toutes les lois algériennes qui concernent les TIC, internet, commerce électronique, cyber-sécurité…  Loi n° 2000-03 du 05 août 2000 fixant les règles générales relatives à la poste et aux télécommunications : cette loi est venue pour réorganiser le secteur de la poste et des télécommunications, en séparent les services de la poste qui seront désormais géré par Algérie Poste, et ceux de la télécommunication, où cette loi a permis l’ouverture à la concurrence de ce secteur notamment la téléphonie mobile. Une autorité de régulation a été créé grâce à cette loi aussi, il s’agit de l’ARPT (Autorité de régulation de la Poste et des Télécommunications).  Loi n° 09-04 du 05 aout 2009 relative à la prévention et à la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication TIC : ou loi de prévention contre la cybercriminalité, en 19 article regroupés sous 6 chapitres, la loi a pris en considération les conventions internationales (convention sur la cybercriminalité de Budapest - 2001) et l'adaptation aux lois nationales promulguées telles celles relatives à la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et la drogue.  Loi n° 15-04 du 11 01 février 2015 fixant les règles générales relatives à la signature et la certification électroniques : cette loi tant attendue, est venue pour donner un cadre juridique pour protéger les transactions commerciales électroniques de la fraude et des attaques informatiques. La loi 15-04 inclue la création de trois autorités chargées de délivrer les autorisations ainsi que du suivi et du contrôle des prestataires de service de la certification électronique :21  L'Autorité administrative indépendante créée auprès du Premier Ministre appelée l'Autorité nationale de certification électronique. 21 http://abbinvest.com/index.php?page=blog&var=44 (consulté le 16/01/2016).
  27. 27. Chapitre I : La place du numérique dans l’économie algérienne L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 26  L'Autorité économique de la certification électronique placée auprès de l'Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPT).  L'Autorité gouvernementale de certification électronique instaurée auprès du Ministre de la Poste et des TIC. L'article 5 de la loi de certification électronique stipule que toutes les données et informations personnelles recueillies par les prestataires de service ainsi que les bases de données qui les contiennent « doivent être hébergées sur le territoire national », et ne peuvent pas être transférées en dehors de celui-ci. Des spécialistes en droit des TIC affirment que « la révolution numérique en Algérie est d’abord juridique avant d’être technique » 22 comme le disait Mme Hind BENMILOUD, avocate spécialisé dans les TIC, en effet l’Algérie connait un grand vide juridique dans le domaine des TIC, plusieurs projets de loi sont en cours de préparation concernant surtout la protection des données personnelles, le commerce électronique, le paiement électronique, mais malgré ce retard, le gouvernement ne semble pas pressé à mettre en œuvre ces lois le plus rapidement possible. Synthèse : L’apport du numérique à l’économie algérienne reste très faible, dans son rapport annuel de 2014, l’ARPT, (Agence de la Régulation de la Poste et des Télécommunications) a révélé pour la première fois la contribution des TIC dans le PIB, celle-ci est à hauteur de 4% du PIB national, soit 6 milliard de dollars, très loin de la moyenne mondiale qui quant à elle dépasse les 7%. Ce faible taux est lié au fait que l’Algérie ne dispose pas d’une infrastructure qui lui permettre de développer les TIC et d’augmenter leurs apports à l’économie nationale 22 http://www.liberte-algerie.com/tic/le-virage-numerique-de-lalgerie-passe-dabord-par- une-revolution-juridique-235509 (consulté le 17/01/2016)
  28. 28. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 27 Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie : Après avoir donné un petit aperçu macroéconomique sur la place du numérique dans l’économie algérienne dans le premier chapitre, on va se focaliser sur l’infrastructure et la connexion internet en Algérie dans une première section, avant d’aborder les usages des TIC notamment en matière de e-gouvernement et du commerce électronique. Section I : l’infrastructure des TIC en Algérie : Au mois d’Octobre 2015, l’Algérie a connu une panne géante d’internet, pendant plus d’une semaine le pays était coupé du reste du monde à cause d’une rupture d’un câble sous-marin qui transportait 80% de la bande passante de l’Algérie. Cette panne a démontré le retard du pays en niveau d’infrastructure internent. Le World Economic Forum a classé l’Algérie à la 120ème place sur 143 pays dans son rapport de 2015 sur les évolutions réalisées par les pays en matière de technologies de l'information, soit 9 places gagnées par rapport à 2014, mais cette « petite avancé » n’a pas permis au pays de sortir de la zone des pays les plus faible dans le domaine des TIC. Classement de l’Algérie par le World Economic Forum – N.R.Index 2015 Source: The Global Information Technology Report 2015 ICTs for Inclusive Growth, World Economic Forum, p.119. (http://www3.weforum.org/docs/WEF_GITR2015.pdf)
  29. 29. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 28 1. Une infrastructure très faible : En effet l’Algérie dispose de deux câble qui la relient avec l’Europe, le premier est d’une capacité de 450 Go relie Annaba (l’est de l’Algérie) à Marseille, utilisé à une capacité de 405Go, il est pratiquement le câble le plus important, comme le deuxième câble, reliant Alger à Palerme (Italie) sa capacité ne dépasse pas 80Go. Il est considéré comme un câble de secours. Plusieurs projets devront permettre de lever la pression sur le Câble (Marseille- Annaba) et d’améliorer le niveau de la connexion internet en Algérie. En février 2015, l’Algérie a signé un accord avec le spécialiste français des réseaux IP, Alcatel-Lucent (racheté par Nokia), pour le déploiement du système Orval, un câble sous-marin en fibre optique assurant la liaison entre Oran en Algérie et Valence en Espagne. L’entrée en service de ce nouveau câble qui s’étend sur plus de 560 km est attendue la fin de l’année en cours (2016). « Ce système à 100 Gbit/s est conçu pour offrir une capacité maximale de 20 Tbit/s. La grande capacité offerte par ce système facilitera la livraison de services haut débit pour un total estimé de 42 millions d’utilisateurs d’Internet en Algérie et en Espagne », lit-on dans un communiqué d’Alcatel-Lucent.23 La fibre optique couvrira toute l’Algérie fin 2016 : Algérie Télécom, l’opérateur public qui a le monopole sur la téléphonie fixe, l’ADSL et même sur la bande passante internet, a lancé un grand plan pour la modernisation de son ses réseaux internet à travers la densification de la Fibre Optique afin de permettre de fédérer les réseaux voix et data au niveau national ainsi que la généralisation de l’utilisation du support en Fibre Optique au niveau urbain, et ce par le remplacement des câbles de cuivre vétustes, très couteux et source principale de la dégradation de la qualité de service. 23 http://www.leconews.com/fr/actualites/nationale/telecoms/l-algerie-a-choisi-le-francais- alcatel-lucent-04-05-2015-174205_293.php (consulté le 21/01/2016).
  30. 30. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 29 Le réseau de la fibre optique d’Algérie Télécom s’étend sur plus de 50 000 km, l’année passée, pas l’opérateur historique a tenu sa promesse en déployant 20 000 km supplémentaire de la fibre optique24 . Malgré cet effort d’Algérie Télécom, des observateurs reprochent à l’Etat le manque d’investissement pour couvrir tout le territoire national en fibre optique dans les plus brefs délais, d’autres reprochent à Algérie Télécom de s’éloigner de son cœur de métier, qui est le réseau, pour investir dans projets qui ne sont pas prioritaires à l’image de l’internet 4G fixe qu’a lancé en 2015. Selon ses observateurs toujours, la solution çà serait d’ouvrir ce chantier à l’investissement privé, aux opérateurs de la téléphonie mobile principalement, ce qui pourrais accélérer la connexion de toute les régions du pays en 24 https://www.degroupnews.com/breves/lalgerie-entierement-couverte-en-fibre-optique- dici-fin-2015 (consulté le 21/01/2016) Le réseau fibre Optique d’Algérie Télécom 2014 : Source : http://www.algerietelecom.dz/siteweb.php?p=at_histoire_realisations (21/01/2016)
  31. 31. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 30 fibre optique, réduire les dépenses de l’Etat, et surtout d’éviter que des pannes géantes de d’internet se reproduisent comme c’était le cas au mois d’octobre 2015. 2. Un taux de pénétration d’internet faible : Selon le rapport annuel de de l’Union Internationale des Télécommunications intitulé « The State Of Broadband 2015 » 25 , le taux de pénétration de l’internet en Algérie fin 2014 est de 18,1% soit 3 fois plus qu’en 2013. Algérie Télécom monopolise l’internet fixe : Selon le rapport de l’UIT toujours, le pourcentage des algériens qui ont accès à l’internet fixe ADSL est de 4%, en Juin 2015, Algérie Télécom réclamait plus de 2 millions d’abonnés à l’ADSL, soit 5% de la population globale26 . Au mois de Mai 2014, Algérie télécom avait lancé une la connexion internet haute débit 4G LTE, une année après plus de 331000 abonnés ont été inscrits à cette nouvelle technologie27 , des chiffres très encourageants selon le PDG d’Algérie Télécom. 2 ans après son lancement, plus de 8 millions d’abonnés à la 3G mobile : L’Algérie a mis trop du temps pour lancer l’internet mobile 3G, les algériens ont été contraints d’attendre jusqu’à la fin de 2013 pour qu’ils puissent se connecter avec leurs smartphones, soit 6 ans de retard de leurs voisins marocains et 3 ans des tunisiens. Deux ans après le lancement de la technologie 3G, le taux des algériens connectés à l’internet mobile est de 20.8% soit 8.21 millions selon le rapport de l’UIT toujours. La couverture de tout le territoire du pays par la 3G n’est pas encore totale, en effet l’ARPT, 25 http://www.broadbandcommission.org/Documents/reports/bb-annualreport2015.pdf 26 http://www.tsa-algerie.com/20150809/algerie-telecom-revendique-plus-de-2-millions- dabonnes-adsl/ (le 21/01/2016). 27 http://www.tsa-algerie.com/20151030/azouaou-mehmel-pdg-dalgerie-telecom-les- algeriens-vont-sur-les-reseaux-sociaux-les-sites-de-partages-de-videos (le 21/0/2016)
  32. 32. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 31 l’autorité de régulation, dans son cahier de charge a donné 3 ans aux 3 opérateurs de la téléphonie mobile en Algérie pour couvrir toute les wilayas (départements) du pays. Le 30 août 2015, soit plus d’un an et demi après le lancement de technologie 3G, l’ARPT a rendu public sur le nombre des abonnés de la téléphonie mobile et la part de chacun des opérateurs28 . Concernant la 3G, sur les 8.51 millions d’abonnés, Mobilis et Ooredoo partagent à eux seuls plus de 85% des abonnés (44.85% et 40.41 respectivement) contre 14,74 % pour Djezzy. Au niveau du GSM, c’est plutôt Djezzy se classe comme leader sur ce marché, avec 18,612 millions d’abonnés (42,99), suivi par Mobilis avec 13.022 millions (30,08%) et enfin Ooredoo avec 26, 93% de parts de marché, soit 11, 663 millions d’abonnés. Selon ce rapport toujours, on peut remarquer la hausse du nombres d’abonnés à la téléphonie mobile sous toutes ses formes, en passant de 39, 630 millions en 2013 à 43.297 28 http://www.nticweb.com/mobile/8354-alg%C3%A9rie-plus-de-8-millions-d-abonn%C3%A9s- %C3%A0-la-3g.html (le 21/01/2016). L’évolution de la couverture des willayas en 3G Source : l’ARPT http://www.arpt.dz/fr/gd/3g/couverture/?c=annee2 (21/01/2016)
  33. 33. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 32 millions d’abonnés en 2014, en revanche le nombre d’abonnés en baisse de 11% par rapport à l’année précédente, « cette baisse est due à la migration vers le réseaux 3G », explique l’ARPT. La petite part de marché de Djezzy pour la 3G est due aux problèmes qu’a rencontré l’opérateur avec le gouvernement algérien qui a gelé ses comptes bancaires suite à un différend fiscal, ce qui a retardé sa rentrée au marché de la 3G faute de moyens financiers pour acquérir les équipements nécessaires au déploiement du réseau 3G. Lancement de la 4G mobile fin 2016 : Le 07 janvier 2016, l’autorité de régulation de la poste et des télécommunications, ARPT, a lancé un appel à la concurrence national en direction des opérateurs de télécommunications mobiles de droit algérien pour : l’octroi de trois (03) licences d’établissement et d’exploitation de réseaux publics de télécommunications mobiles de quatrième génération (4G) et de fourniture de services au public.29 L’exploitation de la 4G entrera en vigueur à la fin du dernier trimestre de 2016, l’ARPT a accordé 3 mois aux opérateurs de la téléphonie pour acquérir les équipements nécessaires. Les opérateurs ont été invités, lors de l’élaboration du cahier des charges, « à assurer un seuil minimum de couverture de 10% au cours des quatre premières années dans les wilayas de leur choix et à élargir ce service aux régions du sud dans un délai de trois ans » a déclaré la ministre de la poste et des TIC30 . 29 http://www.arpt.dz/fr/doc/actu/avis/4G.pdf 30 http://www.maghrebemergent.com/high-tech/telecoms/54454-tic-la-4g-pas-avant-la-fin- 2016-en-algerie-le-maroc-deja-en-mode-4g.html (le22/01/2016). 15% 45% 40% les abonnés de la 3G en Algérie DJEZZY MOBILIS OOREDOO 43% 30% 27% les abonnés du GSM en Algérie DJEZZY MOBILIS OOREDOO
  34. 34. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 33 MOBILIS Mobilis ou ATM (Algérie Télécom Mobile) est une filière d’Algérie Télécom, entreprise détenue à 100% par l’Etat Algérien, elle est rentrée au marché du mobile en 2003 en même temps avec son premier concurrent Djezzy, avec 44,85% de parts de marché, Mobilis est le leader du réseau 3G. Chiffre d’affaires en 2014 : 86 milliards DZD (soit près 736 millions d’euro), Mobilis a pratiquement doublé son CA en 4 ans (49 milliards DZD en 2010) Nombre de salariés : 5000 Site web de Mobilis : http://www.mobilis.dz DJEZZY Djezzy est le premier opérateur téléphonique et le leader sur le marché de la GSM avec plus de 18 millions d’abonnés, détenu avant par Orascom Télécom Algérie (capital égyptien), avant que l’Etat Algérien rachète 51% de ses actions, le russe VimpelCom détient les 49% restantes. Le nom administratif de Djezzy est OTA (Optimum Télécom Algérie). Le chiffre d’affaires pour 2014 est de 136 Milliards DZD (soit 1,16 Milliards d’euro) soit une baisse de 5% par rapport à 2013 (143 Md DZ). Nombre de salariés : 4000. Site web: http://www.djezzy.com OOREDOO Précédemment connu sous le nom commercial de Nedjma, Ooredoo (ou WTA, Wataniya Télécom Algérie) est le troisième opérateur de téléphonie mobile arrivé sur le marché algérien (2005). En terme de parts marché, elle est le deuxième opérateur pour la 3G avec 40% et 27% de parts de marché pour la GSM, le capital de Ooredoo Algérie est détenu par le géant qatari Ooredoo ex Qtel. Le chiffre d’Affaires de 2014 a connu une augmentation de 20% par rapport à 2013, soit 1,26 milliards de $ contre 1,06 milliards de $. Nombre de salariés : 2500. Site web : http://www.ooredoo.dz
  35. 35. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 34 Section II : les usages des TIC en Algérie L’économie numérique c’est avant tout un bon contenu produit localement (des sites web, des plateformes de partages, des applications…), mais aussi une bonne utilisation de l’internet et des TIC en général. Ça ne sert à rien de couvrir tout le territoire avec l’ADSL et la fibre optique si après leur exploitation ne crée aucune valeur ajoutée. Le PDG d’Algérie Télécom lors d’un entretien fin octobre 2015, a déclaré que plus de 40% de la bande passante est utilisée seulement pour regarder les vidéos sur YouTube, sans prendre en compte les autres réseaux sociaux comme Facebook, surtout lorsqu’on sait que sur les 11 millions d’internautes algériens, plus de 8 millions ont un compte Facebook. Un chiffre qui montre que les Algériens n’utilisent pas internet pour créer de la richesse ou pour des fins professionnelles. Malheureusement l’utilisation des TIC dans tous les secteurs est très faible, jusqu’à aujourd’hui, les algériens ne peuvent toujours pas réserver leurs places de train, de cinéma, d’hôtel… par internet. Dans cette section on va s’intéressé à deux secteurs, le premier est en pleine transition numérique, il s’agit de l’administration électronique ou le e-gouvernement, le deuxième, le commerce électronique, il peine à démarrer. 1. Le e-gouvernement en Algérie : S’il y a un secteur qui a connu une vraie révolution numérique en Algérie, c’est bien les services de l’administration publiques. C’est quoi le e-gouvernement ? L’e-gouvernement consiste à profiter des possibilités offertes par les technologies de l’information et de la communication afin d’améliorer le fonctionnement des services publics à tous les niveaux 31 : 31 http://www.clarity-conseil.com/pdf/e-gouv_e-sante_e-education-Mai_2016.pdf?dl=0
  36. 36. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 35  Améliorer le service au citoyen (G2C – Government to Citizens) : guichet unique, mise à disposition de formulaires en ligne, déclarations en ligne, eID…  Renforcer la communication entre services et entre administrations (G2G – Government to government) : interopérabilité, création de bases de données uniques (de type banque carrefour), mutualisation des ressources…  Gérer le fonctionnement interne d’un service ou d’une administration (G2E – Government to Employee) : gestion du courrier électronique, archivage des documents électroniques, intranet, forum, vidéoconférences…  Faciliter les transactions liées aux affaires : (G2B – Government to Business) ; guichet unique pour créer une entreprise, déclarations électronique des douanes, des impôts… La mise en place d’un projet de e-gouvernement s’inscrit nécessairement dans une démarche plus globale de simplification administrative, en vue d’améliorer de manière générale le fonctionnement des services publics. En outre, le développement de procédures nouvelles, basées sur les TIC, est une opération complexe qui nécessite des choix stratégiques d’ordre technique et organisationnel, en tenant compte du cadre juridique applicable. L’objectif du gouvernement en ligne, est de parvenir à dématérialiser des transactions administratives. Un projet de dématérialisation de service public doit entrer dans une logique globale qui consiste à réduire au minimum les justificatifs administratifs, et ne pas se contenter juste de trouver des solutions pour transformer les documents papiers en documents numérisés, ainsi on peut distinguer 5 stades de la dématérialisation :  Information en ligne (niveau 0 de la dématérialisation)  Téléchargement de formulaire à imprimer (sans remplissage possible en ligne)  Formulaire à remplir en ligne, et à valider en ligne.  Demande ou déclaration en ligne (avec envoi dématérialisé du formulaire)  Dématérialisation complète, via offre d'un compte et espace personnel de suivi et possibilité de transaction, historique… L’Algérie a lancé depuis des années un vaste programme pour moderniser le service public et édifier une administration électronique, plusieurs chanté ont été ouvert pour
  37. 37. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 36 arriver à l’objectif de zéro papier fin 2016 comme l’a annoncé dernièrement le ministre de l’intérieur32 a) Numérisation de l’ensemble des registres de l'état civil et mise en place du registre national automatisé de l’état civil : Cet objectif est déjà réalisé, plus de 93 millions de documents d’état civil ont été numérisés, le citoyen algérien peut obtenir instantanément ses documents d’état civil à partir de n’importe quelle commune ou antenne administrative du territoire national. Il n’a plus besoin de se déplacer au lieu de transcription de naissance, de mariage ou de décès pour retirer ces documents comme c’était le cas avant. b) La création du passeport biométrique et de la carte nationale biométrique électronique CNBE, cette dernière ça serait une vraie révolution pour les algériens, en effet, la nouvelle carte d’identité contient une puce contenant de multiples applications, servira à décliner rapidement l'identité de son détenteur, mais aussi à payer certains transports publics et à fournir une signature électronique ou des informations sur la santé de la personne. Seul bémol pour cette avancé concerne la protection des données personnelles, surtout quand on sait qu’en France par exemple, la CNIL a refusé cette idée de carte d’identité à puce à cause d’absence de garanties sur la protection des données personnelles. Après le passeport et la carte d’identité biométrique, le ministère de l’intérieur a lancé un nouveau chantier pour la création du permis de conduire et de carte d’immatriculation biométrique. c) La possibilité de demander des documents administratifs et les authentifier en ligne : plus besoins de se déplacer pour demander son extrait de de casier judiciaire, son certificat de nationalité ou toutes autres documents, un clic de clavier suffit, le ministère de la justice a créé un portail pour demander et authentifier en ligne ces documents après la création d’un compte utilisateurs sur le site (https://portail.mjustice.dz ) et (https://authentification.mjustice.dz ) pour l’authentification. 32 http://www.aps.dz/economie/33557-acc%C3%A9l%C3%A9ration-du-processus-de- modernisation-de-l%E2%80%99administration-pour-am%C3%A9liorer-le-service-public (le 25/01/2016)
  38. 38. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 37 d) La création d’un portail destiné aux citoyens pour regrouper tous les services publics en ligne : le site www.elmouwatin.dz est censé être comme le site web service-public.fr en France, malheureusement pour le moment il ne donne pas la possibilité d’effectuer des démarches en ligne et il se contente de donner des informations sur les différents service et information en relation avec la vie quotidienne du citoyen et sa relation avec l’administration public. En plus de ces services, plusieurs autres administrations publiques offrent la possibilité d’effectuer des démarches en ligne, comme par exemple l’inscription universitaire pour les bacheliers ou la constitution et le suivi de la demande du logement social. On remarque que presque tous ces services concernent l’amélioration de la relation entre l’administration et le citoyen (G to C), concernant les services offerts pour les entreprises, les choses ne sont pas trop avancées, jusqu’à maintenant les projets de création d’un guichet unique ou de l’informatisation des services du registre du commerce restent encre sur papier. En revenant sur les stades de dématérialisation cités ci-dessus, on peut dire que l’Algérie est au 3ème stade (Formulaire à remplir en ligne, et à valider en ligne), l’objectif d’une administration avec zéro papier fin 2016 fixé par le ministre de l’intérieur semble loin d’être réalisé. Ce qu’on peut remarquer aussi, c’est que à l’instar du système administratif algérien, les services proposés en ligne sont centralisés au niveau d’un seul site, alors que les sites régionaux ou les sites des wilayas(départements) n’offrent aucun service en ligne à part le téléchargement de certains fichiers dans les meilleurs des cas. Pire encore, malheureusement, jusqu’à maintenant aucune ville ou commune algérienne ne possèdent un site internet officiel, même les grandes villes comme Alger, Oran, Constantine…
  39. 39. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 38 L’Algérie est à la 136ème place dans l’indice du e-gouvernement 2014 : Le rapport des nations unis sur l’e-gouvernement : L'enquête sur l’e-gouvernement des nations unies est produite tous les deux ans, depuis 2003, par le département des affaires économiques et sociales. Il est le seul rapport dans le monde qui évalue l'état de développement de l'e-gouvernement des 193 États membres. C’est un outil pour les décideurs qui permet d’identifier leurs forces et les défis du e-gouvernement et d'orienter les politiques d'e-gouvernement. Le rapport des Nations Unies analyse trois paramètres qui composent la note finale appelée l’e-government index. Ce dernier indicateur est censé donner un classement comparatif des pays suivant le degré d’avancement dans l’implantation et l’utilisation des technologies de l’information dans leur gouvernance. Les paramètres utilisés sont ;  Le « Online service index » donne une note en fonction de la qualité des informations données par les gouvernements en ligne (sites web, statistiques, documents, inscriptions etc…)  Le « Telecommunication infrastructure index » donne une appréciation de la pénétration dans la population des infrastructures mobiles et fixes qui permettent l’accès à internet.  Le « Human capital index » prend en compte le taux d’alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation, et ceci afin d’apprécier la capacité de la population d’un pays à comprendre et utiliser les services internet. Chaque pays obtient une note pour chacun de ces trois paramètres. La moyenne des trois notes constitue l’e-government index. Dans le dernier rapport des Nations Unies concernant le e-gouvernement, l’Algérie a perdu deux places par rapport à 2012 en se classant à la 136ème place sur 195 pays, avec un EGDI (E-Government Index) de 0.3106, soit au-dessous de la moyenne mondiale qui est de 0.471233 . Cette régression, montre que les efforts que déploient l’Etat pour développer l’administration électronique ne sont pas à la hauteur et que le gouvernement doit revoir sa copie pour élaborer une nouvelle stratégie. Une autre faille de l’Etat algérien qui est peut-être l’une des causes de ce retard enregistré pour la mise en œuvre de l’administration électronique, est la communication. En effet le gouvernement algérien il n’a pas une stratégie de communication efficace, le 33 https://publicadministration.un.org/egovkb/Portals/egovkb/Documents/un/2014- Survey/E-Gov_Complete_Survey-2014.pdf
  40. 40. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 39 projet de la modernisation de l’administration publique n’a pas été suivi par un plan de communication qui permet aux citoyens de comprendre les actions de l’Etat et leurs objectifs. Une journaliste du quotidien algérien Liberté a révélé dans une enquête, que la plupart des sites officielles des différents ministères algériens ne sont pas actualisés, voire des ministères qui ne possèdent même pas des sites internet à l’instar du ministère aussi important comme celui du tourisme. La présence des différentes institutions gouvernementales algériennes sur les réseaux sociaux est insignifiante ou même inexistante, à part deux ou trois ministères qui ont un lien vers leur page Facebook sur le site web comme le ministère de l’éducation ou de la culture. La notion de la cyberdémocratie est complétement absente du discours et des stratégies futures de l’Etat, le site des deux chambres du parlement se contentent de présenter les députés et les projets de lois sans donner la possibilité des internautes de proposer des initiatives ou de donner leur avis. Dans la présentation individuelle des députés, aucunes informations données sur leurs coordonnées pour permettre aux citoyens de les contacter. 2. Le commerce électronique en Algérie livré à lui-même « Le e-commerce englobe essentiellement les transactions commerciales s’effectuant sur Internet à partir des différents types de terminaux (ordinateurs, tablettes, smartphones, consoles, TV connectées) mais également celles réalisées à partir d’applications spécifiques (applications mobiles) qui ne font pas toujours appel aux protocoles Internet. » (www.definitions-marketing.com) Selon cette définition on comprend bien qu’il n’y pas de e-commerce sans internet. On va essayer de faire un petit aperçu sur la toile algérienne avant de revenir à la problématique du commerce électronique en Algérie.
  41. 41. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 40 La toile algérienne, en plein développement : Malgré un environnement non propice, sur tous les plans ; juridique, humain, financier, technologique…la toile algérienne se développe d’une année à une autre. Selon des statistiques, il existe plus de 80 000 sites web algériens, malheureusement plus de 50 000 sont hébergés à l’étranger.34 En effet malgré la compagne de sensibilisation de CERIST (Centre de Recherche sur l’Information Scientifique et Technique) pour inciter les détenteurs d’un site web de rapatrier leurs sites en Algérie, mais beaucoup d’entre eux ne l’ont pas fait pour des raisons liées en grande partie à la lourdeur des démarches administratives, le CERTIST (l’organisme qui gère l’extension .DZ) exige la création d’une entreprise ou toutes autres formes d’organisations pour l’obtention de ce nom de domaine (.dz), pire encore rien n’est faisable à distance, il faut se déplacer au siège de cet organisme pour pouvoir déposer son dossier. Dans le classement des sites internet les plus visités en Algérie, un seul site algérien figure dans le top 10, il s’agit de ouedkniss.com, un site de petites annonces en ligne. 34 http://www.nticweb.com/14-dossiers/8516-web-la-toile-algerienne-se-d%C3%A9veloppe,- doucement-mais-surement.html?showall=&limitstart (21/01/2016). Top 10 des sites web les plus visités en Algérie 1 Facebook.com 2 Youtube.com 3 Google.com 4 Google.dz 5 Yahoo.com 6 Ask.com 7 Google.fr 8 Blogspot.com 9 10 Ouedkniss.com Source : alexa.com (mois de janvier 2016) Top 10 des sites web algériens les plus visités 1 Ouedkniss.com Petites annonces 2 Echoroukonline.com Journal (Ar) 3 Ennaharonline.com Journal (Ar) 4 Elkhabar.com Journal (Ar) 5 Djelfa.info Journal électronique (Ar) 6 Elheddaf.com Journal sportif (Ar) 7 Elbilad.net Journal (Ar) 8 Tsa-algerie.com Journal électronique (Fr) 9 Autobip.com Comparateur Auto 10 Elwatan.com Journal (Fr) Source : alexa.com (mois de janvier 2016)
  42. 42. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 41 Sur près d’un million d’entreprises algériennes, sans oublier les associations, les différents organismes et organisations, 80 000 sites internet parait très peu, cela nous montre à quelle point internet est considéré comme un luxe par les entreprises algériennes, ces entrepreneurs n’arrivent toujours pas à comprendre qu’internet est un lieu commercial de plus que leur espace physique, leurs sièges ou leurs boutiques. Mais ce manque d’investissement dans les opportunités que peut donner internet à l’activité commerciale d’une entreprise, revient aussi à l’absence et à l’inexistence d’un cadre juridique qui encadre le commerce électronique en Algérie. E-commerce en Algérie, pourquoi ce retard ? En effet la notion du commerce électronique n’est toujours pas prise en compte dans la législation algérienne, les quelques centaines de sites marchands en Algérie sont au vu de la loi des commerçants informels. (On n’en a trouvé aucun chiffre officiel actualisé sur leur nombre, en 2013 ils étaient au nombre de 187 sites marchands35 ). L’absence d’une législation qui protège les droits des acheteurs, vendeurs et les intermédiaires est l’un des causes de ce retard que connais l’Algérie dans le développement du commerce électronique. Mais la principale cause reste l’absence du paiement électronique en Algérie, en effet malgré l’adoption de la loi sur la signature et la certification électronique en 2015 et la création d’un Groupement d'Intérêt Economique de la Monétique (GIE-Monétique), l’instance qui a pour mission la régulation et la gestion de e-paiement, ce dernier n’arrive toujours pas à se décoller. Si la carte bancaire est le premier moyen de paiement dans le monde, en Algérie ce n’est pas le cas, « sur les 1 300 000 porteurs de cartes de paiement en activité en 2015, il n’y a que quelques milliers de transactions qui ont été effectuées » affirme le directeur 35 http://www.leconews.com/complements/2013/03/21/marche-du-e-commerce-en- algerie_844016.pdf
  43. 43. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 42 général de GIE-Monétique36 , ce chiffre montre que les algériens ne sont pas encore prêts à faire confiance au paiement par carte bancaire. La culture du cash des algériens constitue aussi un handicape au développement de paiement par carte bancaire et par conséquent au paiement en ligne. Au côté des commerçants c’est plutôt le fait de ne pas pourvoir échapper au fisc, dû à la traçabilité des transactions commerciales, qui leurs fait peur, sur les quelques 3 000 TPE (Terminaux de Paiement Electronique) 120 seulement ont généré une transaction en 2015.37 Le rejet de système de paiement par la carte bancaire des deux côtes (acheteurs et commerçants) revient aussi au manque de communication et de sensibilisation, les banques et la SATIM (Société d'Automatisation des Transactions Interbancaires et de Monétique) doivent mener des compagnes de sensibilisations sur le mode de fonctionnement de ces cartes et sur leurs avantages et surtout sur la sécurité de ses transactions. Malgré tous ses obstacles, des jeunes entrepreneurs algériens et étrangers ont eu le courage d’investir dans le commerce électronique en Algérie, plusieurs sites proposent des milliers de produits sur leurs site internet au consommateurs algériens, ils veulent mettre l’Etat devant la réalité et l’obliger d’adapter sa législation à ce nouveau mode de commerce au lieu d’attendre que le gouvernement prendra l’initiative, disait l’un des fondateurs d’un site de vente en ligne en Algérie. En l’absence du paiement en ligne en Algérie, ces sites ont penser à d’autres alternatives, on peut citer entre autre :  Le paiement cash à la livraison : presque tous les sites e-commerce algériens proposent cette option malgré qu’elle soit la moins sûre parmi les autres options, en effet le risque des fausses commandes est très fort, il faut noter ici que les sites qui proposent la solution de paiement à la livraison assurent la livraison eux- mêmes par leur propre moyen comme le fait le site eChrily.com. (Achète moi). 36 http://www.nticweb.com/14-dossiers/8254-le-paiement-sur-internet-en-alg%C3%A9rie- enfin,-la-d%C3%A9livrance.html?showall=&start=2 (22/01/2016). 37 http://www.nticweb.com/14-dossiers/8254-le-paiement-sur-internet-en-alg%C3%A9rie- enfin,-la-d%C3%A9livrance.html?showall=&start=2 (22/01/2016).
  44. 44. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 43  Paiement par chèque ou par virement : cette option est beaucoup utilisée aussi par les sites marchands, elle présente plus d’assurance, les sites ne livrent pas les marchandises avant de s’assurer que leur compte est déjà crédité par la somme de la commande.  Paiement à travers des intermédiaires de paiement en ligne : à l’instar de PayPal quand les clients sont hors de l’Algérie, l’avantage de ce mode de paiement est l’instantanéité, cette option permet d’assurer un paiement immédiat après la confirmation de la commande. Une solution pure algérienne propose un service de paiement en ligne, il s’agit de ePay.dz (www.epay.dz), le fondateur de cette startup se dit fière de développer une solution qui s’adapte au contexte et à la société algérienne. Pour faire simple, cette solution propose une carte prépayée à ses clients, Il suffit de créer un compte chez ePay.dz, de le charger en achetant des cartes prépayées qui sont disponibles sur tout le territoire national, et de payer ses achats sur les sites marchands partenaires qui proposent ce mode de paiement, si l’ouverture d’un compte sur cette plateforme est gratuite pour les particuliers, les professionnels doivent quant à eux payer les frais de tenue de compte, c’est la seule source de revenu pour cette jeune startup. Pour résumer, le client (l’acheteur en ligne) et le site marchand doivent les deux avoir un compte sur la plateforme ePay.dz, après que le client confirme sa commande, il paye à travers son compte ePay.dz, il suffit juste d’introduire le numéro de son compte, une fois le paiement est effectué, le compte du site marchand sur cette plateforme sera crédité immédiatement, mais le transfert de l’argent réel sur son compte bancaire peut prendre quelques jours. Il faut juste signaler qu’au moment où on a préparé ce travail, le site était en maintenance, on ne sait pas s’il va revenir au fonctionnement ou ses fondateurs ont abandonné le projet après plus de 5 ans d’existence.
  45. 45. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 44 Quelques sites marchands algériens : Sites Catégories www.guiddini.com High-tech, bien-être électroménager, mode, Créé en 2010, plus de 150000 visites/mois, la startup a été créé grâce à l’aide de l’Etat (ANSEJ) www.echrily.com Alimentation générale, frais Le site propose la livraison à domicile en 24h, son activité est concentré sur Alger pour le moment www.dz.jumia.com Mode, informatique, décoration Le site est une filiale de d'Africa Internet Group www.dzboom.com Mode, bien-être, bijoux Créer en 2014, le seul mode de paiement, et en espèce à la livraison www.le213.com Général Une marketpalce, plateforme de référencement et location d'espace pour vente en ligne Concernant l’achat sur les sites du e-commerce étrangers, la situation est beaucoup plus compliquée, en effet comme le Dinar algérien n’est pas convertible, ce qui est oblige tout citoyen algérien qui veut acheter des produits sur des sites internet étrangers d’avoir un compte bancaire en devise (en Euro par exemple), pour alimenter ce compte, les banques limites l’échange du Dinar en Euro à hauteur de 150 €/an (il s’agit de l’allocation touristique) une somme très minime surtout lorsqu’on sache qu’au Maroc et en Tunisie, cette allocation dépasse les 3000 €/an, ce qui oblige les algériens d’aller chercher les devises au marché informel. En Algérie, il existe deux marché de change, le marché formel et le marché informel, au mois d’octobre 2015, 1 € = 120,18 DZD dans les banques, tandis qu’au marché informel, 1€ =172 DZD. L’Etat algérien ne peut ou plutôt ne veut rien faire pour faire face à ce phénomène.
  46. 46. Chapitre II : L’infrastructure et les usages des TIC en Algérie L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 45 Les problèmes ne s’arrêtent pas là, en effet peu sont les sites étrangers qui proposent la livraison en Algérie ou en Afrique en général, par peur d’arnaques et manque de confiance aux clients de ces pays, amazone, ebay, et certains sites chinois proposent la livraison en Algérie mais avec des frais de port un peu élevés. Une fois la marchandise arrivée en Algérie, la douane algérienne peut exiger de payer des frais supplémentaires, là aussi, la réglementation n’est pas très claire, un dernier souci qui agacent les algériens qui achètent sur des sites étrangers, c‘est bien l’acheminement de la marchandise par le biais d’Algérie Poste, cette entreprise offre un service très médiocre avec le retard de livraison et surtout le vol des produits. OuesKniss.com, une success story algérienne On ne peut pas parler de e-commerce en Algérie sans évoquer la réussite du site ouedkniss.com, en effet ouedkniss.com ce n’est pas un site du commerce électronique proprement dit, il s’agit plutôt d’un site de petites annonces entre particuliers avec des boutiques virtuelles pour les professionnels, il a repris le business model du site français le boncoin.fr, plus de 50% de ses revenus proviennent de la publicité. Pour l’année 2015, le site a traité plus de 2.3 millions d’annonces, plus d’un million de transactions ont été conclues. Avec environ 130 millions de visites sur le site et plus de 2 milliards de pages ont été vues.38 Après 9 ans de sa création, ouedkniss.com est devenu le site algérien le plus visité sur internet, en 2014, le site vient d’être valorisé à 4 millions de dollars par le World Startup Report, organisme spécialisé dans les études du marché.39 A la fin, on peut dire que le commerce électronique n’est qu’à ses débuts en Algérie, malgré le vide juridique et les problèmes techniques, l’avenir du e-commerce algérien est très prometteur, un écosystème commence à se créer autour de cette nouvelle industrie, des agences de web marketing, de référencement, de conseils… viennent de voir le jour en Algérie pour accompagner ces petites startups. 38 http://www.nticweb.com/14-dossiers/8516-web-la-toile-algerienne-se-d%C3%A9veloppe,- doucement-mais-surement.html?showall=&start=3 (29/01/2016). 39 http://www.ecostat-algeria.com/actualites/item/102-ouedkniss-valoris%C3%A9-%C3%A0-4- millions-de-dollars-par-le-world-startup-report.html (29/01/2016).
  47. 47. Conclusion L’ECONOMIE NUMERIQUE EN ALGERIE © TOUS DROITS REERVES : MERZAK BENAISSI – UNIVERSITE DE STRASBOURG 46 Conclusion : Après avoir fait le tour sur la réalité et l’état des lieux de l’économie numérique en Algérie, on constate que malgré les efforts que déploient l’Etat pour créer un environnement favorable au développement et à l’introduction des TIC dans l’économie nationale, la filière économie numérique peine à se décoller. Au moment où la part des TIC en Tunisie et au Maroc représente 9% et 7% du PIB des deux pays respectivement, en Algérie leur contribution est insignifiante, elle ne dépasse pas les 4%. Ce constat nous conduit à se poser des questions sur les raisons de ce retard qu’enregistre l’Algérie en matière d’économie numérique, en effet en surfant sur les différentes actions que mènent les ministères et organismes étatiques dans le domaine des TIC, on aperçoit vite l’absence d’une véritable stratégie globale, claire et cohérente qui chapeaute toutes ses actions et coordonne les différents projets. On remarque aussi que les différents ministères n’avancent pas à la même vitesse dans leurs actions. Une autre faille du gouvernement algérien et des institutions publiques en général concerne la communication, l’Etat algérien ne communique pas et ne sait pas promouvoir ses projets, plusieurs actions et stratégies sont passées inaperçues, le meilleur exemple en ce sens est le FAUDTIC, Fonds d’Appropriation des Usages et du Développement des Technologies de l’Information et de la Communication, après 7 ans de sa création, le taux de son exploitation n’a pas dépassé les 10%, ou aussi le faible taux d’utilisation des cartes bancaires pour le paiement, là aussi les ministères concernés n’ont fait aucune compagne de sensibilisation pour encourager les citoyens d’utiliser ces nouveaux modes de paiement et répondre à leurs craintes. Malgré cet environnement et climat d’affaire peu attractif aux porteurs des idées, des jeunes algériens ont voulu relever le défi et investir dans les différents secteurs de l’économie numérique pour essayer de créer un écosystème favorisant le développement des TIC en Algérie en mettant le gouvernement devant la réalité du terrain et le pousser à assumer ses responsabilités dans ce domaine. Le gouvernement est invité à revoir sa stratégie s’il veut vraiment développer et engager un processus pour la transition numérique de l’économie algérien, le premier pas ça serait peut- être d’intégrer le ministère des TIC avec le ministère de l’économie. Une action certes d’ordre organisationnelle, mais qui peut donner un bon signe aux partenaires économiques sur la volonté et la détermination de l’Etat d’investir davantage dans le numérique.

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