Comprendre la chimiothérapie

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  • 1. Comprendre Réédition actualisée 2008 la chimiothérapie collection Guides d’information Le dérouLement d’une Chimiothérapie Son aCtion SeS aSpeCtS pratiqueS SeS effetS SeCondaireS La SurveiLLanCe mieux vivre La Chimiothérapie
  • 2. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEce document fait partie de la collection « Guides d’information cANcER INFO » éditée parl’Institut National du cancer, agence nationale sanitaire et scientifique chargée de coordonner lapolitique de lutte contre le cancer en France.ce document a été validé en octobre 2008. Il est disponible gratuitement par téléchargement surwww.e-cancer.fr et sur www.sor-cancer.fr, et sur simple demande, à l’adresse suivante :Institut National du cancerService publications et diffusion52, avenue André Morizet92100 Boulogne-Billancourtdiffusion@institutcancer.frTél. : 01 41 10 50 00 – Fax : 01 41 10 50 20ce guide a été publié avec le soutien financier de : La Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC) 101, rue de Tolbiac - 75013 Paris Tél. : 01 44 23 04 04 – Fax : 01 45 82 07 59 - www.fnclcc.fr La Ligue nationale contre le cancer 14, rue corvisart - 75013 Paris Tél. : 01 53 55 24 00 – Fax : 01 43 36 91 10 - www.ligue-cancer.asso.frcet ouvrage est protégé par les dispositions du code de la propriété intellectuelle.conformément à ses dispositions, sont autorisées, sous réserve de la mention de la source,d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé et non destinées à uneutilisation collective et, d’autre part, les courtes citations.Pour toute autre utilisation, vous pouvez demander l’autorisation auprès du départementcommunication institutionnelle de l’Institut National du cancer, seul titulaire des droitsd’auteur.
  • 3. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE comprendre la chimiothérapieC e guide d’information a pour but d’aider les personnes atteintesd’un cancer et leurs proches à mieux Ce guide Comprendre la chimiothé- rapie traite de la chimiothérapie de l’adulte. Les chimiothérapies prescritescomprendre la chimiothérapie, à faciliter pour l’enfant ne sont pas abordées dansla prise en charge de ses effets secon- cet ouvrage.daires éventuels et ainsi, à améliorer laqualité de vie des personnes malades. Il constitue un outil utilisable dans une démarche d’éducation thérapeutique*Il tente d’expliquer, avec des mots que du patient.nous avons souhaités simples et clairs, ceque les médecins savent actuellement de Cette réédition actualisée tient comptela chimiothérapie. des dernières données scientifiques sur la chimiothérapie et les autresLes modalités des traitements varient en traitements médicaux du cancer, enfonction des établissements de soins. Les particulier sur les traitements ciblés.informations que vous trouverez dans ce Ces informations ont été validées parguide évoquent les situations les plus les coordonnateurs scientifiques (voir lafréquentes. Cependant, elles peuvent ne liste des membres du groupe de travail àpas correspondre tout à fait à ce qui vous la fin de cette brochure).sera proposé.
  • 4. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEcomment utiliser ce guide ?C e guide est consultable en fonc- tion des besoins d’informationsde chacun. Il est constitué de chapitres vocabulaire médical employé dans le guide et dans les fiches. Les mots du glos- saire sont identifiés par un astérisquequi se lisent de façon indépendante. dans le texte.Les messages clés « À retenir », situés à Nous avons glissé dans le guide unla fin de chaque chapitre, correspondent questionnaire destiné à recueillir votreaux éléments essentiels identifiés par avis. N’hésitez pas à le remplir et à nousdes patients, d’anciens patients et des per- le retourner. Vos remarques serontsonnes de leur entourage, qui ont parti- attentivement analysées et prises encipé à l’élaboration de ce document. compte lors d’une prochaine mise à jour.Une fiche complémentaire proposedes outils d’aide à la gestion de la D’autres guides d’information sontchimiothérapie, et trois autres des mentionnés au fil du texte. Ils complè-informations détaillées sur le casque tent les informations sur différentsréfrigérant, les professionnels au service thèmes comme la fatigue, la douleur, lesdu patient et les traitements ciblés. aspects psychosociaux… N’hésitez pas à les consulter en fonction de vos besoinsUn glossaire, « Les mots et leur sens », (voir la liste des guides disponibles à lasitué à la fin du document, explique le fin de cette brochure).
  • 5. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE QU’EST–cE QU’UN cANcER ?Un cancer est une maladie de la cellule*.La cellule est l’unité de base de la vie. Ilen existe dans le corps plus de deux centstypes différents. Toutes ont un rôle précis :cellules cutanées, musculaires, nerveuses,osseuses, etc.Une cellule cancéreuse est une cellule qui s’estmodifiée. Habituellement, ces modificationssont réparées par l’organisme. cependant,lorsque la cellule devient cancéreuse, elle perdses capacités de réparation. Elle se met alorsà se multiplier et finit par former une massequ’on appelle tumeur* maligne.Les cellules cancéreuses ont tendance à mi-grer dans d’autres parties du corps par lesvaisseaux lymphatiques* ou par les vaisseauxsanguins*, et à y développer de nouvelles traitement adapté à chaque cancer. Toustumeurs qu’on appelle métastases*. On dit les traitements ont pour but de supprimerdans ce cas que le cancer est métastatique. les cellules cancéreuses. En l’absence dechaque cancer est différent. c’est la raison traitement adapté, le cancer risque d’évoluerpour laquelle il est nécessaire d’envisager un plus rapidement.
  • 6. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 7. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Sommaire1. La chimiothérapie et les différents traitements possibles du cancer ........................ 92. Le choix des traitements ...................................................................................................... 133. Le déroulement d’une chimiothérapie ............................................................................194. L’action d’une chimiothérapie ...........................................................................................235. Les aspects pratiques d’une chimiothérapie .................................................................. 276. Les effets secondaires d’une chimiothérapie ..................................................................437. La surveillance d’une chimiothérapie ..............................................................................678. Mieux vivre la chimiothérapie ............................................................................................ 71FIcHES PRATIQUES● Fiche 1. Mieux gérer ma chimiothérapie..........................................................................79● Fiche 2. Le casque réfrigérant ..............................................................................................85● Fiche 3. Les professionnels au service du patient ..........................................................89● Fiche 4. Les traitements ciblés.............................................................................................97GLOSSAIRELes mots et leur sens.................................................................................................................105
  • 8. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 9. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1. La chimiothérapie et les différents traitements possibles du cancerT raiter un cancer consiste à élimi- ner la tumeur* et à supprimer lescellules* cancéreuses. c’est-à-dire les endroits que les cellules cancéreuses auraient pu atteindre, grâce à une opération. ● La radiothérapie* est un traitementLes traitements du cancer ont pour but qui consiste à utiliser des rayons* pourde : détruire les cellules cancéreuses.● guérir le patient ; ● La chirurgie et la radiothérapie sont● réduire le risque de récidive* ; des traitements locaux du cancer,● augmenter la durée de vie ; c’est-à-dire qu’ils agissent localement● améliorer la qualité de vie. sur les cellules cancéreuses de l’organe atteint ou dans les ganglions*.Ces objectifs varient selon le type de ● La chimiothérapie est un traitementcancer et son stade d’évolution*. qui consiste à utiliser des médicaments contre les cellules cancéreuses (parIl existe différents types de traitements injection dans un site implantable*qui peuvent être utilisés seuls ou associés le plus souvent ou dans une veine).entre eux : La chimiothérapie agit sur toutes les● La chirurgie* permet de confirmer le cellules cancéreuses, même sur celles diagnostic* et d’enlever la tumeur et qui n’ont pas été détectées par les les éventuelles greffes cancéreuses*, examens d’imagerie*.
  • 10. 10 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE● L’hormonothérapie* est un trai- La chimiothérapie et l’hormonothérapie tement qui empêche l’action d’hor- sont des traitements médicaux du cancer. mones* susceptibles de stimuler la Les progrès actuels de la recherche ont croissance des cellules cancéreuses. permis la mise au point de nouveaux● La chimiothérapie et l’hormono- traitements médicaux du cancer appelés thérapie agissent par voie générale, traitements ciblés. Vous en entendrez c’est-à-dire qu’elles agissent sur les probablement parler. c’est pourquoi cellules cancéreuses dans l’ensemble nous avons choisi de mettre à votre du corps. disposition une information générale à● L’immunothérapie* est un traite- ce sujet (voir Fiche 4. Les traitements ciblés, ment qui vise à stimuler les défenses p. 97). Votre médecin pourra compléter immunitaires de l’organisme contre cette information et voir avec vous si vous les cellules cancéreuses. pouvez en bénéficier ou non.La radiothérapie, la chimiothérapie Le développement récent des traite-et l’hormonothérapie sont souvent ments ciblés ne vise actuellement pasutilisées en complément de la chirurgie à remplacer les traitements habituelspour améliorer les chances de guérison*. du cancer (chimiothérapie, radiothé-On les qualifie alors de traitements rapie et hormonothérapie), mais à lesadjuvants*. Ils peuvent aussi être utilisés compléter.seuls.Le traitement du cancer est adapté enfonction de chaque situation : chaquecancer est particulier et nécessite uneprise en charge appropriée.
  • 11. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 11À retenirIl existe différents types de traitements Le traitement du cancer est adapté endu cancer utilisés seuls ou associés entre fonction de chaque situation : chaqueeux : la chimiothérapie, la chirurgie, la cancer est particulier et nécessite une priseradiothérapie, l’hormonothérapie et en charge appropriée.l’immunothérapie.
  • 12. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 13. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 12. Le choix des traitementsP our choisir les traitements, les médecins tiennent compte deplusieurs critères : Lorsque ces études ont montré que, pour une situation donnée, il existe un traitement qui présente plus d’avan-● du type de cancer* et de son stade tages par rapport aux autres, on parle d’évolution* ; de traitement standard*. Il s’agit du● de la localisation de la tumeur ; traitement de référence. Le traitement● de l’état de santé du patient et de ses standard est alors proposé de façon antécédents médicaux* et chirur- systématique dans cette situation. Il gicaux ; arrive cependant que le médecin ne● de son âge ; puisse pas l’appliquer du fait de facteurs● des éventuels effets secondaires* des particuliers liés au patient ou à sa traitements ; maladie. Le médecin propose alors un● de l’avis du patient et de ses préfé- ou plusieurs traitements mieux adaptés rences ; à la situation.● de l’existence d’essais thérapeu- tiques* dont il pourrait bénéficier. Souvent, plusieurs d’entre eux ont des bénéfices et des inconvénients compa-Les études scientifiques évaluent les rables. Lorsque les études scientifiquesnouveaux traitements ou les nouvelles n’ont pas pu identifier un traitementassociations de traitements, et étudient dont les avantages et les inconvénientsl’ordre dans lequel ils sont le plus efficaces sont préférables à ceux des autrespour chaque type de cancer. Ces études traitements, plusieurs possibilitéscomparent également les avantages et les existent alors. Ce sont des options*.inconvénients des traitements habituelset ceux des nouveaux.
  • 14. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEUne équipe pluridisciplinaire choisit Le médecin explique les avantages et lesles traitements qui seront proposés au inconvénients du ou des traitementspatient. Composée des professionnels proposés au patient. Cela permet dede santé concernés par la maladie dont choisir avec lui le traitement le mieuxsouffre le patient, cette équipe se réunit adapté à sa situation et de participer àlors d’une réunion de concertation la décision.pluridisciplinaire* (RCP). L’ordre des traitements du cancer estLe plus souvent, il s’agit d’un chirur- défini par l’équipe médicale pluri-gien, d’un oncologue médical et d’un disciplinaire en fonction du stadeoncologue radiothérapeute. Ce choix de la maladie et de l’état général duest déf ini en concertation avec le patient.patient sur la base de l’avis rendu parces professionnels. Un ProgrammePersonnalisé de Soins* (PPS) est ensuiteremis au patient. Ainsi, la personnemalade est assurée de bénéficier de toutesles ressources médicales appropriées.Il est recommandé de traiter un cancerdans un établissement spécialisé quidispose d’équipes pluridisciplinaires etqui fait partie d’un réseau* de cancé-rologie. La décision pluridisciplinaireDes informations complémentaires sur les différents professionnels de santé que vous êtes amenéà rencontrer lors de votre prise en charge sont disponibles dans la Fiche 3. Les professionnels au servicedu patient, p. 89.
  • 15. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1QU’EST-cE QU’UN ESSAI THÉRAPEUTIQUE ?Les médecins proposent parfois aux patients de souhaitent participent à un essai thérapeutique. Ilsparticiper à un essai thérapeutique (également doivent recevoir une notice d’information, donnerappelé essai clinique). Un essai thérapeutique est leur accord par écrit et peuvent revenir sur leurune étude dont l’objectif est d’évaluer un nouveau décision à tout moment et quitter l’étude.traitement. cette étude doit avoir pour but demontrer s’il existe un avantage par rapport aux Tous les patients ne sont pas concernés par untraitements habituellement utilisés (meilleure essai thérapeutique. Les patients à qui les médecinsefficacité, diminution des effets secondaires*, proposent cet essai thérapeutique doivent répondreamélioration de la qualité de vie). à certains critères comme le type de tumeur, le stade d’évolution* du cancer… (on parle de critèresParticiper à un essai thérapeutique permet d’inclusions).d’accéder à de nouveaux traitements et contribueaux progrès de la recherche. Des informations complémentaires sur les essais thérapeutiques sont disponibles sur :Un essai thérapeutique peut également avoir pour ● le site de l’Institut National du cancerobjectif d’évaluer précisément certains aspects (www.e-cancer.fr) où un registre des essaisd’un traitement déjà connu. Le médecin explique thérapeutiques par type de cancers, actuellementles objectifs et les bénéfices attendus de l’étude, le proposés aux patients, est mis à disposition ;ou les traitements utilisés et les effets secondaires ● le site de la Fédération nationale des centreséventuels, ainsi que les examens de surveillance à de lutte contre le cancer (www.fnclcc.fr) dansréaliser. la rubrique Essais cliniques du BEcT (Bureau d’études cliniques et thérapeutiques).Un patient qui participe à un essai thérapeutiqueest davantage suivi. Seuls les patients qui leDes informations complémentaires sur les essais cliniques sont disponibles dans la brochureLes essais cliniques en cancérologie : les réponses à vos questions, éditée par l’Institut National du cancer.
  • 16. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE ● La chimiothérapie est parfois utiliséeQUAND LE MÉDEcIN PROPOSE-T-IL comme unique traitement. C’est uneUNE cHIMIOTHÉRAPIE ? chimiothérapie exclusive. Lorsqu’elleLe médecin propose une chimiothérapie est associée à un traitement pargénéralement dans trois situations : radiothérapie*, on parle alors de● avant une chirurgie, il s’agit d’une radiochimiothérapie. chimiothérapie néoadjuvante. Cette chimiothérapie a pour but de diminuer Une chimiothérapie adjuvante est fré- la taille de la tumeur* et de faciliter quente, mais pas systématique. Elle est ainsi l’opération. Elle a également envisagée lorsqu’elle peut réduire les pour objectif de diminuer les risques risques d’apparition de métastases. de récidive du cancer. De plus, elle permet d’évaluer rapidement si les Lors d’une chirurgie, le chirurgien retire médicaments de chimiothérapie sont le plus possible les cellules cancéreuses efficaces sur la tumeur ; visibles. La chimiothérapie vise ensuite● après une chirurgie complète de à détruire le maximum de cellules la tumeur, c’est-à-dire lorsque le cancéreuses qui pourraient éventuel- chirurgien a enlevé toutes les cellules lement rester dans toutes les parties du cancéreuses visibles. C’est alors corps, qu’elles soient visibles ou non. Elle une chimiothérapie adjuvante. La améliore ainsi les chances de guérison*. chimiothérapie a pour but de diminuer les risques de récidive locale ou à Le risque d’apparition de métastases distance. La chimiothérapie complète dépend du stade d’évolution* du cancer. alors la chirurgie ; Celui-ci est lié à :● pour tr aiter des mét ast ases*, ● la taille de la tumeur ; c’est-à-dire des cellules cancéreuses ● la présence de cellules cancéreuses dans qui se sont propagées dans d’autres les ganglions* ; parties du corps. On dit que c’est une ● le type de cellules cancéreuses ; chimiothérapie métastatique.
  • 17. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1● l’envahissement ou non des vaisseaux soignée, de son état général, de son avis, sanguins* ou lymphatiques*. ainsi que de ses antécédents* médicaux et chirurgicaux.Ces caractéristiques sont appelées desfacteurs de risque* de récidive*. La Le médecin vous expliquera le traite-décision de proposer une chimiothérapie ment qui sera prescrit en fonction deadjuvante tient compte de ces facteurs de votre situation.risque, mais aussi de l’âge de la personneÀ retenirLe choix des traitements est déf ini en Une chimiothérapie néoadjuvante permetconcertation avec le patient sur la base de diminuer la taille de la tumeur facilitantde l’avis rendu par des professionnels ainsi l’opération, de diminuer les risqueslors d’une réunion de concer tation de récidive et d’évaluer l’eff icacité despluridisciplinaire (RcP). Un Programme médicaments sur la tumeur.Personnalisé de Soins (PPS) est ensuiteremis au patient. Une chimiothérapie adjuvante est proposée lorsqu’elle est capable de réduire les risquesLa chimiothérapie peut être proposée de développement de métastases.avant une chirurgie (chimiothérapienéoadjuvante), après une chirurgie La participation à un essai clinique offre(chimiothérapie adjuvante) ou pour la possibilité d’accéder à des thérapiestraiter des métastases (chimiothérapie innovantes et de contribuer au progrès dansmétastatique). la recherche de nouveaux traitements.
  • 18. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 19. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 13. Le déroulement d’une chimiothérapieL e déroulement d’une chimio- thérapie est soigneusementplanifié selon un protocole* établi En fonction de ces éléments, le médecin établit avec la personne soignée un calendrier qui prévoit l’administrationpar l’équipe médicale. des médicaments de chimiothérapie. Ces médicaments sont administrés surLa chimiothérapie ne débute qu’après un ou plusieurs jours. On parle de cure*un bilan qui permet de conf irmer de chimiothérapie. Une alternance dequ’elle est justifiée et que le patient périodes de traitement et de repos estpeut la supporter. On parle de bilan prévue : entre deux cures, un intervallepréthérapeutique c’est-à-dire effectué d’une à quatre semaines est nécessaire enavant le traitement. fonction des protocoles. Le repos permet à l’organisme de récupérer des éventuelsLes examens sanguins (NFS*, pla- effets secondaires*. Le nombre de curesquettes* ou autre) permettent au est adapté à chaque patient.médecin cancérologue de vérif ierl’état de santé du patient avant chaque Pour que le traitement soit le pluschimiothérapie. Le médecin donne efficace possible, le médecin tente dealors son « feu vert » pour commencer respecter les doses de chimiothérapieou poursuivre la chimiothérapie et le calendrier prévu par le protocole.(voir chapitre 7 La surveillance d’une Occasionnellement (obligation socialechimiothérapie, p. 67). ou familiale), il est parfois possible,
  • 20. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEavec l’accord du médecin, de reporter le tations de surveillance. Il est de ce faittraitement de quelques jours. Si le patient difficile de déterminer d’emblée desouhaite partir en vacances, le traitement façon précise la durée exacte de lapeut éventuellement être administré chimiothérapie.dans un centre de soins proche de sonlieu de vacances. Le médecin lui indique La durée d’un traitement de chimio-qui contacter pour mettre en place cette thérapie néoadjuvante est variablesolution temporaire. selon les situations. Elle est en moyenne de 3 à 5 mois.Les effets du traitement sur la tumeuret la façon dont la personne supporte La durée d’un traitement de chimio-les médicaments sont évalués lors de thérapie adjuvante est en moyenneconsultations de surveillance régulières de 5 à 6 mois. Elle varie parfois de(voir chapitre 7 La surveillance d’une quelques semaines à deux ans.chimiothérapie, p. 67). En fonctionde ces éléments, le médecin modifie La durée d’une chimiot hér apieparfois le déroulement et la durée de la métastatique varie de 3 mois à pluschimiothérapie au moment des consul- d’un an.Des informations complémentaires sur les différents professionnels de santé que vous êtes amenéà rencontrer lors de votre prise en charge sont disponibles dans la Fiche 3. Les professionnels au servicedu patient, p. 89.
  • 21. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1À retenirUne chimiothérapie ne débute qu’après La durée des traitements est variable. Elleun bilan préthérapeutique (examens bio- est adaptée à chaque personne soignée etlogiques et examens d’imagerie). n’est pas proportionnelle à la gravité de la maladie.En fonction des résultats, le médecin éta-blit un calendrier avec le patient.L’admi-nistration d’une chimiothérapie nécessiteune surveillance régulière.
  • 22. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 23. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 4. L’action d’une chimiothérapieL a chimiothérapie est utilisée pour traiter des cancers* depuisles années 1940. Elle s’est beaucoup Les médicaments de chimiothérapie sont le plus souvent administrés dans une veine du patient par l’intermédiairedéveloppée à partir de 1970, grâce à la d’un tuyau appelé cathéter* (voirdécouverte de nouveaux médicaments. paragraphe Comment fonctionnent les cathéters ?, p. 34).cOMMENT AGITUNE cHIMIOTHÉRAPIE ? De nombreux cancers sont chimio-La chimiothérapie vise à éliminer les sensibles*, autrement dit, ils sontcellules* cancéreuses quel que soit sensibles aux médicaments del’endroit où elles se trouvent dans le chimiothérapie. Toutefois, certainscorps, soit en les détruisant directement, cancers le sont plus que d’autres. Lasoit en les empêchant de se multiplier. La chimiosensibilité varie selon les tumeurschimiothérapie agit sur toutes les cellules et l’endroit où elles sont situées. Pluscancéreuses, même sur celles que l’on n’a un cancer est chimiosensible, plus lapas pu repérer lors des examens. chimiothérapie a des chances d’être efficace.Une chimiothérapie est un traitementqui utilise des produits chimiques. LES MÉDIcAMENTSCes médicaments sont extraits de DE cHIMIOTHÉRAPIEvégétaux ou sont produits en labora- Les médicaments de chimiothérapietoire par synthèse. Ils agissent contre sont nombreux : il en existe uneles cellules cancéreuses, d’où leur nom cinquantaine.de médicaments antitumoraux ouanticancéreux.
  • 24. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIETous sont susceptibles d’entraîner un d’un cancer du sein ont envahi le foie, lecertain nombre d’effets secondaires traitement de ces métastases au niveauvariables (voir paragraphe Quels sont les du foie est le même que le traitement dueffets secondaires éventuels de ma chimio- cancer du sein.thérapie ? p. 80). Le choix des médicaments de chimio-Comment sont choisis les thérapie est adapté en fonction demédicaments de chimiothérapie ? chaque situation : chaque cancer estLe choix des médicaments de chimio- particulier et nécessite un traitementthérapie proposés au patient est fait adapté.par une équipe pluridisciplinaire (voirchapitre 2 Le choix des traitements, p. 13). Les médicaments de chimiothérapie peuvent-ils être associés ?Il dépend de l’organe ou de la partie du Les essais thérapeutiques* ont montrécorps à traiter. Certains médicaments que dans des situations particulières,de chimiothérapie agissent plus parti- associer plusieurs médicaments deculièrement sur les cellules cancéreuses chimiothérapie (polychimiothérapie)d’un cancer donné. Par exemple, des est parfois plus efficace qu’un seulmédicaments efficaces sur un cancer du m é d i c a m e n t d e ch i m i ot h é r a p i epoumon le sont moins sur un cancer du (monochimiothérapie). Pour cettetube digestif. raison, plusieurs médicaments de chimiothérapie sont souvent associésLes médicaments utilisés pour traiter entre eux.des métastases correspondent à ceuxutilisés pour traiter la tumeur dont La façon dont les médicaments d’uneelles sont issues (la tumeur primitive*). polychimiothérapie sont administrésPar exemple, si des cellules cancéreuses (médicaments associés, doses, rythme
  • 25. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE d’administration, etc.) est établie lors il est important que le patient infor-de l’élaboration du protocole* de me le chimiothérapeute des autreschimiothérapie. Selon les protocoles, médicaments qu’il prend. En effet,deux ou trois médicaments sont associés certains médicaments sont parfoissur une période de plusieurs mois. incompatibles avec ceux d’une chimio- thérapie. En cas de problème, le chimio-L’équipe médicale choisit un protocole thérapeute et le médecin traitant pren-parmi ceux qui ont démontré leur nent en commun une décision adaptée àefficacité. Les essais thérapeutiques la situation du patient.cherchent constamment à améliorer lesrésultats obtenus (voir chapitre 2 Le choix La plupart des vaccinations ne sontdes traitements, p. 13). pas contre-indiquées pendant une chimiothérapie. Ce n’est toutefois pasL’association de plusieurs médicaments forcément le meilleur moment pourn’est pas liée au stade d’évolution* du se faire vacciner. Il est nécessaire decancer. demander l’avis de votre médecin.Les médicaments de chimiothérapiepeuvent-ils être associésà des médicaments prescritspour d’autres maladies ?Le plus souvent, il est possible deprendre les médicaments prescrits parun médecin généraliste ou spécialiste(contre le diabète*, l’hypertension,l’excès de cholestérol) en même tempsqu’une chimiothérapie. Cependant,Des informations complémentaires sur les différents professionnels de santé que vous êtes amenéà rencontrer lors de votre prise en charge sont disponibles dans la Fiche 3. Les professionnels au servicedu patient, p. 89.
  • 26. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEÀ retenirUne chimiothérapie vise à éliminer les situation : chaque cancer est particulier etcellules cancéreuses dans l’ensemble du nécessite un traitement approprié.corps, soit en les détruisant directement, Les médicaments de chimiothérapie sontsoit en les empêchant de se multiplier. souvent associés entre eux.Il existe de nombreux médicaments de Généralement, ils peuvent être utiliséschimiothérapie. en même temps que des médicamentsLe choix des médicaments de chimio- prescrits pour d’autres maladies.thérapie est adapté en fonction de chaque
  • 27. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 5. Les aspects pratiques d’une chimiothérapiecOMMENT SONT ADMINISTRÉS L’équipe médicale adapte le mode d’ad-LES MÉDIcAMENTS ministration en fonction de chaqueDE cHIMIOTHÉRAPIE ? personne malade et de la nature duIl est possible d’administrer les médi- médicament.caments de chimiothérapie de plusieursfaçons : L’efficacité du traitement n’est pas liée● par des injections dans une veine (voie à la façon dont il est administré. intraveineuse) ;● par la bouche (voie orale) ; L’injection intraveineuse● par des injections dans le muscle (voie Les médicaments de chimiothérapie, sous intramusculaire) ; forme liquide, sont administrés goutte à● plus rarement, directement dans goutte dans les veines par perfusion*. la tumeur ou dans une cavité de Cette voie d’administration permet une l’organisme envahie par les cellules diffusion rapide des médicaments dans cancéreuses. tout l’organisme.La façon d’administrer des médicaments Administrer une chimiothérapiede chimiothérapie varie en fonction des dans des petites veines comme cellesmédicaments utilisés, de la fréquence et du bras est parfois difficile. En outre,de la durée du traitement. des réactions locales au niveau de la peau sont possibles pendant ou après
  • 28. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEla perfusion d’une chimiothérapie Elle dépend du protocole* prescrit par(douleur, picotements, rougeur, bosse). le médecin. Celui-ci précise la durée de cette perfusion.Si la chimiothérapie s’écoule en dehorsde la veine, sous la peau, elle risque La perfusion de médicaments de chimio-d’entraîner des lésions de la peau longues thérapie se fait parfois avec un système deà cicatriser. Au moindre problème, le pompe (voir paragraphe La chimiothérapiepatient ne doit pas hésiter à prévenir à domicile, p. 30).l’équipe médicale. La voie oraleC’est la raison pour laquelle on propose Les médicaments de chimiothérapietrès souvent, avant une chimiothérapie, sous forme de comprimés ou de gélules,de poser un cathéter* (cathéter simple sont administrés par voie orale (par laou chambre implantable). bouche). Comme les aliments, ils sont absorbés dans l’intestin. Ils sont ensuiteLe cathéter facilite les perfusions de acheminés par le sang jusqu’aux celluleschimiothérapie et évite d’avoir une piqûre cancéreuses.à chaque fois dans le bras. Il améliore leconfort de la personne malade et per- En fonction du médicament de chimio-met d’administrer les médicaments de thérapie, les comprimés se prennentchimiothérapie en toute sécurité (voir avant, pendant ou après le repas. Leparagraphe Comment fonctionnent les médecin précise la façon dont les com-cathéters ?, p. 34). primés doivent être pris. Il est impor- tant de respecter la prescription duLa durée des perfusions de chimio- médecin, ainsi que les doses et les duréesthérapie varie d’une demi-heure à plu- de traitement.sieurs jours, voire plusieurs semaines.
  • 29. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Si ces modalités ne sont pas respectées Une crème d’anesthésique local* appli-ou si le médicament n’a pas été pris, il est quée une à deux heures avant l’injectionnécessaire d’en informer le médecin sans peut être proposée afin de rendre la zonetarder. En cas de vomissements, il ne faut qui va être piquée indolore. Toutefois,pas reprendre une dose de médicament, une douleur apparaît parfois plus tard àmais prévenir le médecin qui précisera ce l’endroit de la piqûre. Un massage douxqu’il faut faire. permet parfois de soulager la douleur.La plupart des médicaments de chimio- Dans le cas où un bleu apparaîtrait, ilthérapie sont disponibles en pharmacie est conseillé d’appliquer des compressesde ville. Toutefois, certains ne sont dé- imprégnées d’alcool à 70 % ou une pom-livrés que par la pharmacie de l’établis- made adaptée prescrite par le médecin.sement dans lequel le patient est suivi.Le pharmacien est là pour conseiller et Les autres voies d’administrationrépondre aux questions que le patient de la chimiothérapiese pose sur les médicaments qui lui sont Dans certains cas, la chimiothérapie estprescrits. administrée directement dans la tumeur ou dans une cavité de l’organisme où lesComme tous médicaments, les médi- cellules cancéreuses se sont développées.caments de chimiothérapie ne doiventpas être trop manipulés, ni laissés à la Ainsi, lorsque des cellules cancéreusesportée des enfants. se sont propagées dans la cavité abdo- minale*, il est possible d’administrerL’injection intramusculaire la chimiothérapie directement dans laSeul un petit nombre de médicaments de cavité péritonéale* (on parle d’injectionchimiothérapie est directement injectable intrapéritonéale). La chimiothérapie estdans le muscle (en intramusculaire). également injectable dans une artère*
  • 30. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE(injection intra-artérielle), dans la plèvre* C’est ce qu’on appelle un traitement(on parle d’injection intrapleurale) ou ambulatoire*. La chimiothérapiedans le liquide céphalorachidien* (on ambulatoire représente aujourd’huiparle d’injection intrathécale). 70 % des chimiothérapies réalisées dans les établissements publics et 90 % desCes voies d’administration nécessitent chimiothérapies du secteur privé.une hospitalisation. Une anesthésie*locale est proposée si nécessaire. Pour certains médicaments, une hos- pitalisation d’un jour ou deux est néces-Où UNE cHIMIOTHÉRAPIE saire à chaque cure.EST-ELLE RÉALISÉE ?Une chimiothérapie est réalisée dans un La chimiothérapie à domicilehôpital ou dans une clinique, ou encore Dans des situations particulières, il està domicile. possible d’effectuer la chimiothérapie à domicile.La chimiothérapieà l’hôpital ou à la clinique Certaines chimiothérapies sont admi-Lors de la première cure* de chimio- nistrées sous forme de perfusion authérapie, une courte période de surveil- domicile du patient (hospitalisation àlance en hospitalisation est parfois domicile, abrégée en HAD).nécessaire. D’autres le sont grâce à un appareil-Par la suite, pour les médicaments les lage spécial programmé à l’hôpital. Uneplus couramment utilisés, le patient infirmière libérale et le médecin traitantvient à l’hôpital ou à la clinique pour passent ensuite au domicile du patienty recevoir sa chimiothérapie, puis pour surveiller si tout se passe bien (soinsrentre chez lui. Le traitement dure le à domicile, abrégés en SAD). Tout dépendplus souvent moins d’une journée. du protocole de chimiothérapie utilisé.
  • 31. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1Cet appareillage s’appelle pompe de Il existe une grande variété de pompes.perfusion continue ambulatoire (PCA). Elles sont prêtées par l’hôpital ou laC’est une sorte de réservoir qui contient clinique ou, le plus souvent, louées auprèsles médicaments de chimiothérapie. Ce de prestataires de service qui expliquentréservoir est relié au cathéter* ; il perfuse leur fonctionnement au patient ouainsi les médicaments dans une veine à l’infirmière et qui interviennent àdu patient. La pompe est programmée domicile en cas de souci. Le coût de lapar l’équipe médicale pour délivrer location des pompes est entièrement prisles médicaments de chimiothérapie en charge par la Sécurité sociale.en fonction de la dose et du rythmeprévus par le protocole*. Elle est peu Certains établissements spécialisés ontencombrante (elle mesure environ 10 à bien développé les hospitalisations à15 centimètres). La pompe permet de domicile (HAD) et les soins à domicilese déplacer facilement et de poursuivre (SAD) par des professionnels libérauxle traitement à domicile. Le médecin mais également dans le cadre de centresinforme le patient sur les précautions de soins infirmiers. Le patient ou saqu’il doit prendre. famille ne doivent pas hésiter à se renseigner sur ces possibilités auprès du médecin ou de l’équipe médicale. cOMMENT PRÉPARE-T-ON UNE cHIMIOTHÉRAPIE ? Une chimiothérapie utilise des médi- caments particuliers qui demandent des précautions spécifiques. Ce sont des produits toxiques et potentiellement dangereux pour les personnes qui les manipulent très fréquemment. Leur Pompe PcA
  • 32. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEpréparation est donc soumise à des QUELLES SONT LES DIFFÉRENTESprocédures particulières et complexes. ÉTAPES DE LA PRÉPARATION D’UNE cHIMIOTHÉRAPIE ?Les médicaments ne sont pas préparés à Plusieurs étapes sont nécessaires pourl’avance, mais au début de chaque séance. que la personne malade bénéficie d’uneChaque préparation est destinée à un chimiothérapie dans les meilleurespatient en particulier. Elle nécessite un conditions. Tout d’abord, le médecintemps de réalisation bien précis que l’on prescrit les médicaments de chimio-ne peut pas réduire, cela explique l’attente thérapie adaptés au patient. Le phar-parfois longue avant que les médicaments macien vérifie l’ordonnance et préparede chimiothérapie soient administrés. les produits qui sont ensuite acheminés jusqu’à la salle de chimiothérapie où ils sont administrés. La prescription médicale Le médecin oncologue prescrit au patient la chimiothérapie la plus adaptée à sa maladie et à son état général. L’ordonnance détaille le nom de chacun des médicaments du protocole* de chimiothérapie, ainsi que ceux d’autres médicaments destinés à limiter les ef fets secondaires*. Le médecin précise également la façon dont le tout va être administré (perfusion, piqûres, comprimés ou gélules), la Préparation d’une chimiothérapie quantité et la durée pendant laquelle la
  • 33. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE personne soignée devra prendre chaque Pour une injection dans un muscle,médicament. la dose de médicament est placée dans une seringue. Les tuyaux, les poches,La dose prescrite est strictement indi- les seringues ou les récipients sont sté-viduelle. Elle prend en compte le poids riles (ne contiennent pas de microbes) etet la taille du patient, et des critères à usage unique.techniques précis comme la capacitéd’élimination du médicament par les Après un dernier contrôle, la préparationurines par exemple. est emballée ; le nom de la personne soignée est inscrit. Elle est prête à êtreL’ordonnance, datée et signée par le administrée.médecin, est ensuite transmise à lapharmacie de l’hôpital ou de la clinique. L’acheminement Un membre du personnel de la phar-L’analyse pharmaceutique macie ou de l’établissement de soinsLe pharmacien vérifie la concentration achemine cette préparation dans undu médicament, la façon dont il va container scellé et exclusivement réservédevoir être conservé jusqu’à ce qu’il soit à cet effet vers l’unité de soins dansadministré (température, lumière), etc. laquelle se trouve la personne soignée.La préparation centralisée L’administrationet la vérification Une infirmière s’assure que la prépara-Pour une injection dans une veine par tion correspond bien à l’ordonnanceune perfusion, la dose de médicament est avant d’administrer le traitement auplacée dans une poche ou un flacon selon patient.les cas. De petits tuyaux sont ajoutés àla poche ou au flacon pour installer la Lorsque l’administration des médi-perfusion (voir paragraphe Comment caments est terminée, l’infirmière met lefonctionnent les cathéters ?, p. 34). matériel de perfusion utilisé (aiguilles,
  • 34. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEseringues…) dans des containers à cure* de chimiothérapie. Il peut aussidéchets spécifiques. Ils seront incinérés. être utilisé pour injecter d’autres médi- caments que ceux de la chimiothérapiecOMMENT FONcTIONNENT (antibiotiques, médicaments contreLES cATHÉTERS ? les vomissements, etc.), pour alimenter la personne soignée (alimentationQu’est-ce qu’un cathéter ? intraveineuse) ou pour effectuer desUn cathéter est un tuyau stérile*, très fin, prises de sang.introduit le plus souvent dans une grosseveine à la base du cou. Existe-t-il plusieurs types de cathéters ?À quoi sert un cathéter ? Il existe deux types de cathéters :Un cathéter sert à administrer rapi- le cathéter simple ou cathéter veineuxdement des médicaments de chimio- central et le cathéter à site d’injectionthérapie par une veine. Il évite ainsi implantable.de piquer dans le bras lors de chaque 4 3 1 Pansement cachant le raccord externe 2 2 Raccord externe du cathéter 3 cathéter situé sous la peau 1 4 cathéter placé dans la veine cathéter simple ou cathéter veineux central
  • 35. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Le cathéter simple sort le plus souvent Le cathéter à site d’injection implantablesous la clavicule*. Il porte plusieurs (appelé Port-à-Cath® ou encore PAC)noms : cathéter sous-clavier, cathéter possède à son extrémité un petit réser-veineux central, accès veineux central, voir de 2 à 3 centimètres (en matérielvoie centrale, voie veineuse profonde ou synthétique stérile*) qui est placé sousencore cathéter à manchon. la peau, le plus souvent au-dessus de la poitrine. 3 2 1 1 Site ou chambre implantable 2 cathéter situé sous la peau 3 cathéter placé dans la veine 1 cathéter à site implantable
  • 36. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEÀ quel moment un cathéter ● des antécédents de saignement anor-est-il posé ? mal (lors d’opérations antérieures ouUn cathéter est le plus souvent posé lors dans la famille) ;de la première cure de chimiothérapie et ● des troubles au niveau des poumons ;reste en place entre les cures. ● un système implanté, type pace- maker*ou valve de dérivation duQue faut-il faire avant liquide céphalorachidien* parla pose d’un cathéter ? exemple ;Il est recommandé de signaler le plus tôt ● la pratique d’une activité physique oupossible à l’équipe médicale : risquant de déplacer le cathéter ;● une angoisse à l’idée de la pose d’un ● une radiothérapie ou une chirurgie cathéter. Si la personne le souhaite, du cou ou du thorax (prévue ou déjà les infirmières prescrivent un tran- effectuée) ; quillisant léger ; ● une aplasie* ou des traitements qui● une allergie à un anesthésique local*, risquent d’en provoquer une dans les à l’iode ou aux produits de contraste* 10 jours suivants (chimiothérapie déjà de radiologie* ; commencée).● une infection*, de la fièvre ou un traitement par antibiotiques ; Comment met-on en place● des antécédents de chirurgie (anté- le cathéter ? cédent chirurgical*) au niveau du cou La pose du cathéter simple ou au niveau du thorax* ; Le cathéter simple est introduit dans● des traitements anticoagulants* une veine située sous la clavicule* ou (héparine, Previscan®, Sintron®, etc.) au niveau du cou. Il est glissé sous la ou antiagrégants plaquettaires (par peau. Son extrémité ressort quelques exemple Ticlid®, Plavix®, aspirine) qui centimètres plus bas au dessus de la doivent parfois être suspendus avant poitrine. de poser le cathéter ;
  • 37. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Quelques points de suture sont néces- malade est ensuite surveillée pendantsaires afin de maintenir le système en environ une heure. Les traitements deplace. Le fil placé au niveau du cou, à chimiothérapie peuvent être administrésl’endroit où le cathéter entre dans la immédiatement. Puis un pansement estveine, est enlevé au bout d’une semaine. laissé en place.L’extrémité extérieure du tuyau qui Le cathéter simple est utilisé lorsquepermet de brancher le cathéter aux le traitement par chimiothérapie estperfusions* de chimiothérapie est de courte durée ou lorsqu’il justifieune sorte de « robinet », fermé par un des perfusions importantes de médi-bouchon et recouvert d’un pansement caments.stérile*. Ce cathéter demande de la part duLe plus souvent, la pose d’un cathéter patient et de l’équipe médicale unen’est pas douloureuse. Elle dure environ surveillance et une hygiène attentive.30 minutes. Ce geste est couramment Des pansements stériles doivent êtreréalisé sous anesthésie* locale par changés chaque semaine. Une infirmièredes médecins anesthésistes ou des à domicile vient surveiller et vérifierchirurgiens. Il n’est pas nécessaire d’être l’aspect de la peau. Le patient est informéà jeun. La pose d’un cathéter ne justifie du type de toilette le plus adapté (bainspas toujours une anesthésie générale qui ou douches).nécessite une préparation médicale pluslourde qu’une anesthésie locale et qui La pose du cathétercomporter parfois des risques. à site implantable Pour poser un cathéter à site implan-Après la pose du cathéter simple, une table, on l’introduit dans une veineradiographie* de contrôle vérif ie située sous la clavicule* ou au niveau duqu’il est bien positionné. La personne cou. Il est glissé sous la peau jusqu’à une
  • 38. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEgrosse veine du thorax. Son extrémité de s’assurer qu’il est bien placé. Puis leest raccordée à un petit réservoir égale- patient est surveillé pendant environment placé sous la peau. Ce réservoir 1 heure.se sent sous la peau. Sa mise en placenécessite une petite incision de la peau Il est possible d’administrer immé-(3 à 4 centimètres). En fonction des diatement les traitements de chimio-habitudes de l’équipe, cette incision est thérapie.verticale ou horizontale. Cela n’a pasd’impact sur la taille ou sur l’aspect de Le réservoir sous la peau est piquéla cicatrice. avec une aiguille spéciale lors de chaque perfusion. Un patch ou uneLes fils placés au niveau du cou (à l’en- crème d’anesthésique local* appliquédroit où le cathéter entre dans la veine), une heure avant la perfusion peuventainsi que ceux de la petite incision, sont être proposés.enlevés au bout de 10 jours. Par la suite,il subsistera une cicatrice au niveau del’incision.Parfois, ce cathéter est posé au cours del’intervention chirurgicale qui enlève la Peau Cathétertumeur. Le patient ne doit pas hésiter àle demander. Le cathéter peut aussi être Tissu sous cutanéinstallé sous anesthésie locale comme lecathéter simple. Chambre MusclePoser un cathéter à site implantable Veinedure environ 50 minutes. Ensuite,une radiographie de contrôle permet Site implantable
  • 39. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Un cathéter à site implantable* ne Quelles sont lesnécessite pas de soins particuliers. Le complications possibles ?réservoir par lequel les produits sont Lorsque le cathéter est mis en place,injectés étant sous la peau, il ne nécessite des complications apparaissent parfoispas de pansement, sauf immédiatement (pneumothorax*, hémorragie*, pro-après avoir été posé. Le cathéter à site blèmes de tension artérielle). L’équipe deimplantable présente l’avantage de médecins-anesthésistes-réanimateurspouvoir s’habiller, faire une activité intervient immédiatement en cas dephysique, se baigner, voyager, etc. besoin.Il offre donc une meilleure qualité de vieque le cathéter simple. L’apparition d’un hématome est fré- quente au niveau du cou ou sur leQuand et comment s’effectue trajet du tuyau sous la peau. Il s’accom-le retrait du cathéter ? pagne parfois de douleurs locales. CesÀ la fin de la dernière séance de chimio- douleurs modérées disparaissent enthérapie ou plus tard, selon le souhait quelques heures ou quelques jours. Desdu patient, le cathéter est retiré, le plus médicaments contre la douleur, à basesouvent sous anesthésie locale. Un simple de paracétamol par exemple, soulagentpansement suffit ensuite à protéger la douleur.durant quelques jours la zone où il étaitinstallé. Le tuyau ou le site implantable sont des « corps étrangers » sur lesquels uneLorsque des séances supplémentaires de infection* peut se fixer. Une phlébite*chimiothérapie sont susceptibles d’être (inf lammation d’une veine) apparaîtprogrammées, il est laissé en place un parfois. Il est nécessaire de signalerpeu plus longtemps que la durée des rapidement au médecin toute douleurtraitements. locale intense, même éloignée du
  • 40. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEcathéter, tout gonf lement anormal, Y a-t-il des contre-indications ourougeur, écoulement au niveau du point des recommandations spécifiquesde piqûre, fièvre ou frisson, toute gêne à porter un cathéter ?respiratoire, tout gonflement du bras, Il est recommandé d’éviter les mou-du visage ou du cou. De même, il est vements violents répétés et de prévenirimportant de signaler si le cathéter a les chocs au niveau de l’endroit où estbougé, ou s’il s’est fissuré. implanté le cathéter. En voiture, le port de la ceinture de sécurité est parfois difficile. D’anciennes personnes malades conseillent d’utiliser des clips pour ceinture qui évitent qu’elle ne frotte sur le cathéter.
  • 41. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1À retenirLes séances de chimiothérapie ont lieu au chaque préparation de médicaments desein d’un établissement de soins (hôpital chimiothérapie est spécifique à la personneou clinique) ou au domicile du patient. soignée.Les durées d’hospitalisation sont variables. Il existe trois principaux modes d’admi-Elles ne sont pas proportionnelles à la nistration des médicaments de chimio-gravité de la maladie. thérapie : l’injection dans une veine ou dans un muscle, ou par la bouche.Soixante-quinze pour cent des chimio-thérapies se font aujourd’hui en ambu- Un cathéter sert à administrer rapidementlatoire. des médicaments de chimiothérapie par les veines. c’est un tuyau stérile, très fin,L’équipe médicale adapte le nombre de introduit le plus souvent dans une veinecures et le mode d’administration en à la base du cou. Il en existe deux types :fonction de chaque patient. le cathéter simple ou cathéter veineux central et le cathéter à site d’injectionLes médicaments ne sont pas préparés à implantable.l’avance ; cela explique l’attente parfoislongue avant leur administration.
  • 42. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 43. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 6. Les effets secondaires d’une chimiothérapieL es médicaments de chimiothérapie s’attaquent non seulement auxcellules cancéreuses de la tumeur, mais Contrairement aux idées reçues, les médicaments pris par voie orale, sous forme de comprimés ou de gélules,également aux cellules saines qui se entraînent aussi des effets secondaires.divisent rapidement comme les cellulesdu tube digestif, les cellules à l’origine Si les effets secondaires de la chimio-des cheveux et des poils, les cellules de la thérapie sont fréquents, ils sont nonreproduction et les cellules de la moelle systématiques, modérés et tempo-osseuse* qui fabriquent les globules raires. Ils sont directement liés au typedu sang (globules blancs*, globules de médicaments administrés, à leursrouges* et les plaquettes*). doses, à leur association avec d’autres médicaments, à la réaction individuelleChaque médicament de chimiothérapie de chaque patient, ainsi qu’à son étata une toxicité particulière et agresse donc général.plus tel ou tel type de cellule. C’est laraison pour laquelle une chimiothérapie Les effets secondaires sont variablesentraîne parfois des effets secondaires* : d’une cure de chimiothérapie à l’autre.nausées, vomissements, inflammation dela bouche (mucite*) ou aphtes, diarrhée Les chimiothérapies n’entraînent pasou constipation, perte temporaire des toutes des effets secondaires ; cela necheveux (alopécie*), fatigue, baisse des signifie pas pour autant que le traitementglobules blancs, des globules rouges ou est inefficace. Lorsqu’ils sont présents,des plaquettes.
  • 44. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEces effets secondaires n’apparaissent des nausées ou des vomissements.pas tous en même temps. Certains d’entre eux en provoquent souvent, d’autres occasionnellement ouCertains effets secondaires peuvent être rarement.limités, voire évités, par des soins et desmédicaments adaptés. Beaucoup de Toutes les personnes traitées par chi-progrès ont été faits ces dernières années miothérapie ne réagissent pas de lapour améliorer le confort des personnes même façon aux médicaments. Il y a destraitées par chimiothérapie. personnes plus sensibles que d’autres. Ainsi, les nausées et les vomissementsLes recommandations du médecin par sont plus fréquents chez les femmesrapport à ces effets secondaires visent à et les jeunes gens. Les personnes pouraméliorer la qualité de vie du patient. Il lesquelles les nausées et les vomisse-est important de les suivre. ments n’ont pas été traités lors d’une première cure de chimiothérapieDES NAUSÉES ET DES risquent davantage de les voir apparaîtreVOMISSEMENTS lors d’une seconde cure.Les nausées et les vomissements sontredoutés. Ils étaient autrefois très Les nausées commencent souvent lefréquents dans les jours qui suivaient soir ou le lendemain de la perfusion.la chimiothérapie. Ils sont aujourd’hui Elles apparaissent quelques minutesmoins fréquents et moins intenses après la chimiothérapie ou plusieursgrâce à l’action préventive de nouveaux jours après. La personne se sent alorsmédicaments : les antiémétiques*. barbouillée, mais cela dure rarement plus de 72 heures après le traitement. LesDe plus, tous les médicaments de nausées ne sont pas systématiquementchimiothérapie ne provoquent pas accompagnées de vomissements.
  • 45. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Lorsque des vomissements surviennent, soient particulièrement sensibles auxil est conseillé de se rincer la bouche avec odeurs. Cela entraîne parfois l’appari-de l’eau froide et d’attendre 1 à 2 heures tion de nausées. Diverses alternativesavant de manger. Les vomissements sont alors proposées :ne persistent en général pas plus de ● sucer des bonbons mentholés di-minue48 heures après le traitement. le goût désagréable parfois déclenché par la chimiothérapie ;Si l’un ou l’autre de ces effets secondaires ● pratiquer des exercices de relaxationdure plus longtemps, il est conseillé d’en avant et pendant la perfusion deparler à son médecin. chimiothérapie. L’infirmière conseille le patient à ce sujet ;Parfois, certaines personnes ressentent ● regarder la télévision, écouter la radiodes nausées ou des vomissements avant ou de la musique, jouer à des jeux dele traitement. Ils sont souvent liés à société, lire, discuter, etc. pendant lal’anxiété*, à des odeurs particulières ou perfusion. Ces activités contribuentaux souvenirs que la personne associe parfois à diminuer la sensation deà un traitement de chimiothérapie nausées.antérieur. Les personnes sensibles aumal des transports (voiture, avion, mer) Quelques conseils alimentaires adap-voient apparaître plus fréquemment tés diminuent les nausées et les vomis-des nausées ou des vomissements sements :avant le traitement. Des médicaments ● privilégier les aliments froids ouspécifiques permettent de diminuer tièdes qui sont moins odorants que lescette sensation. aliments chauds ; ● éviter les aliments lourds difficiles àIl arrive que pendant la chimio- digérer comme les aliments frits, grasthérapie, des personnes ressentent ou épicés ;un mauvais goût dans la bouche ou
  • 46. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE● privilégier plusieurs petits repas, plutôt (voie orale), sous forme de suppositoires que deux repas traditionnels plus longs (voie rectale) ou sont administrés à digérer ; par perfusion (voie intraveineuse). Le● manger lentement afin de faciliter la médecin prescrit un seul médicament digestion ; antiémétique ou plusieurs.● éviter de boire pendant les repas, mais boire plutôt avant ou après. Les bois- Des médicaments contenant de la sons gazeuses fraîches, à base de cola cortisone sont parfois proposés comme notamment, aident parfois à diminuer antiémétiques. Sur une période courte, les nausées ; ces médicaments ne provoquent pas de● supprimer le tabac ; prise de poids et ne nécessitent pas de● manger léger avant et après le traite- régime sans sel. ment ;● la consommation d’alcool en quantité Lorsque les vomissements surviennent, il modérée n’est pas contre-indiquée, est conseillé de prendre les médicaments sauf avis contraire du médecin. antiémétiques sous forme de pastilles qui fondent sous la langue jusqu’à leurLe médecin indique si le traitement arrêt, ou de suppositoires. Lorsque lesde chimiothérapie est susceptible vomissements ont cessé, les médicamentsd’entraîner ou non des nausées ou peuvent être repris sous forme dedes vomissements. Lorsqu’il le juge comprimés. Le médecin suggère la voienécessaire, des médicaments antié- d’administration et les doses les plusmétiques* sont prescrits avant le début appropriées au patient.de chaque cure. Certains de ces médica-ments doivent également être pris 1 à Si le médicament antiémétique prescrit5 jours après la chimiothérapie. Ils se ne soulage pas les vomissements, il estprésentent sous forme de comprimés ou conseillé d’en parler à son médecin.de pastilles qui fondent sous la langue
  • 47. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Les effets secondaires des antiémétiques d’entraîner une déshydratation. Ensont le plus souvent une constipation, des cas de besoin, le médecin prescrit destroubles du sommeil, des mouvements médicaments, une perfusion pourincontrôlés des muscles et de la langue, éviter la déshydratation ou un régimedes maux de tête, une nervosité ou un alimentaire antidiarrhéique.endormissement. Le patient ne doitpas hésiter à informer son médecin s’il En complément du traitement prescritprésente un ou plusieurs de ces effets. par le médecin, il est conseillé de :Il doit également le prévenir s’il a du ● boire au moins 2 litres de liquidediabète*. par jour (eau, thé, tisane, eau de riz, bouillon de légumes, jus de carottesAfin de pouvoir en parler avec le médecin, ou boissons gazeuses à températurede mieux les prévenir et de mieux les ambiante) ;gérer, d’anciennes personnes malades ● privilégier une alimentation pauvreconseillent de noter sur une grille conçue en fibres à base de riz, pâtes, pommesà cet effet, le moment et la durée pendant vapeur, bananes bien mûres, gelée delesquels ces effets ont été ressentis (voir coing, fromage à pâte cuite, biscottesparagraphe Quels sont les effets secondaires et carottes ;éventuels de ma chimiothérapie ? p. 80). ● éviter le café, les boissons glacées, le lait, les fruits et les légumes crus, lesUNE DIARRHÉE céréales et le pain complet.Certains médicaments de chimio-thérapie entraînent une diarrhée. UNE cONSTIPATIONLorsqu’elle persiste plus d’une journée D’autres médicaments de chimio-ou qu’elle est accompagnée de fièvre thérapie entraînent au contraire uneou de vomissements, il est nécessaire constipation. La chimiothérapie estde contacter rapidement un médecin. rarement elle-même responsable deEn effet, une diarrhée prolongée risque son apparition ou de son aggravation.
  • 48. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIELes médicaments antiémétiques et le Il est possible de prévenir leur apparitionralentissement de l’activité physique y en suivant quelques conseils :contribuent parfois. ● éviter de manger des aliments comme du gruyère, des ananas, des noix, etc. ;Quelques conseils permettent de prévenir ● après les repas, réaliser des bains deou de gérer cette constipation : bouche prescrits par le médecin ou● boire au moins 2 litres d’eau par jour ; préparés soi-même (un mélange d’une● privilégier les aliments riches en fibres cuillère à soupe de sel, de deux cuillères comme les fruits et les légumes frais, à soupe de bicarbonate de soude et les compotes de pruneaux ; d’un litre d’eau gazeuse est très adapté).● consommer modérément des céréales Les bains de bouche vendus dans le et du pain complet ; commerce contiennent de l’alcool qui● faire de l’exercice de façon régulière ; dessèche la muqueuse de la bouche et● boire un verre d’eau glacée ou un jus de risquent de provoquer des sensations fruit au réveil. de brûlure ; ● se brosser les dents avec une brosseSi la constipation persiste, le médecin souple après chaque repas, au moinsprescrit un médicament laxatif* adapté. trois fois par jour ;Il est recommandé d’éviter de prendre ce ● supprimer ou réduire le tabac ettype de médicament sans avis médical. l’alcool, surtout dans les semaines qui suivent le traitement ;DES APHTES, UNE SÉcHERESSE ● éviter les aliments trop épicés ou acidesDE LA BOUcHE (jus de citron, vinaigrette, moutarde),L’apparition d’aphtes au niveau de la secs, croquants ou durs ;bouche est un des effets secondaires ● sucer des glaçons, de la glace pilée,possible de la chimiothérapie. Leur des glaces à l’eau et des sorbets, desappar ition var ie en fonction du bonbons à la menthe ;protocole* de chimiothérapie utilisé.
  • 49. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE ● boire beaucoup, au moins 2 litres traitement. Par ailleurs, pendant le trai- par jour (eaux minérales, thé, tisanes, tement, quelques consignes d’hygiène boissons à base de cola) ; dentaire doivent être respectées afin● privilégier les aliments moelleux ou de ne pas avoir à recourir à des soins mixés ; dentaires :● hydrater les lèvres en appliquant un ● se brosser les dents régulièrement lubrifiant gras (lanoline, vaseline, matin et soir après chaque repas, beurre de cacao). sauf si le nombre de plaquettes est trop bas car cela risquerait de faireCertains médicaments de chimiothérapie saigner les gencives (voir paragrapheentraînent une sécheresse de la bouche à Une diminution des plaquettes, p. 56) ;l’origine d’ulcérations* de la langue ou ● utiliser des brossettes interdentairesde la gorge, de mucite*, de mycoses* et pour faciliter le nettoyage de l’espaceparfois, de douleurs ou d’une altération entre chaque dent sans que cela nedu goût. Des bains de bouches contenant saigne ;un anesthésique local* soulagent la ● après le brossage des dents, fairepersonne. des bains de bouche prescrits par le médecin ou préparés soi-même ;La baisse prolongée du nombre de ● si le patient porte un appareil dentaire,globules blancs*, de globules rouges* et le nettoyer matin et soir après chaquede plaquettes* rend parfois la personne repas et l’enlever la nuit ;plus sensible aux infections* de la ● surveiller régulièrement et soigneu-bouche et des gencives. sement sa bouche et informer le médecin si un problème apparaîtLes soins dentaires pendant une chimio- (ulcérations, aphtes, plaques blanchesthérapie ou une aplasie* peuvent favo- qui ne disparaissent pas au rinçage,riser les infections. C’est pourquoi, il douleurs, difficultés pour avaler ouest conseillé de faire pratiquer des soins pour mâcher, saignements excessifsdentaires s’il y a lieu, avant le début du des gencives).
  • 50. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIESi toutefois des soins dentaires sont yeux. Porter des lunettes protège les yeuxnécessaires en cours de traitement, il est de la poussière. Le médecin prescrit unconseillé de demander à son médecin collyre* pour soulager le patient.quel est le meilleur moment pour lesfaire. Il est recommandé d’informer Les poils pubiens tombent parfoissystématiquement le dentiste des trai- tout comme les cheveux et les cils. Ilstements de chimiothérapie en cours. repoussent à l’arrêt du traitement.Celui-ci est parfois amené à prescriredes antibiotiques pour éviter tout risque L’alopécie est souvent mal vécue.d’infection. Certaines personnes la vivent comme un traumatisme. Il faut y être préparé.Chez la femme, une chimiothérapie peut En effet, outre les contraintes de laentraîner l’apparition d’aphtes au niveau maladie et du traitement, la perte dede la vulve*. cheveux atteint les personnes dans leur image corporelle. Cela a parfois un grandUNE cHUTE DES cHEVEUx impact sur leur bien-être physique etLes médicaments de chimiothérapie psychologique. L’alopécie semble affecters’attaquent aussi aux cellules* saines davantage les femmes que les hommesà l’origine des poils et des cheveux. qui la considèrent parfois comme unCertains d’entre eux entraînent une perte élément plus spectaculaire que grave.des poils de tout le corps et du visage, en Rencontrer d’autres personnes maladesparticulier des cheveux. C’est ce qu’on par le biais d’associations ou de groupesappelle une alopécie*. de parole est parfois réconfortant pour le patient.Les cils peuvent également tomberprovisoirement. Les cils protègent les L’alopécie n’est pas liée à l’efficacitéyeux de la poussière et l’absence de cils du traitement ou à la gravité de larisque d’entraîner une irritation des maladie.
  • 51. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1Tous les médicaments de chimio- ● de la dose administrée ;thérapie n’entraînent pas une chute ● du nombre de cures* de chimio-des cheveux. Le médecin signale au thérapie ;patient si le traitement prescrit risque de ● de la qualité des cheveux ;provoquer ou non une chute de cheveux, ● de l’âge.afin qu’il puisse s’y préparer. La chute des cheveux peut être limitée enParfois, la chute des cheveux est précédée suivant quelques conseils :ou accompagnée de douleurs ou de ● le jour de la cure de chimiothérapie,picotements au niveau du cuir chevelu il est conseillé de ne pas se brosser lespendant quelques jours. cheveux ; ● pendant les 8 jours qui la suivent, ilLa chute des cheveux est fréquente, est conseillé de traiter les cheveux avecsouvent progressive, mais toujours précaution (lavage à l’eau tiède, faibletemporaire. Elle commence en général dose de shampooing doux, séchage15 jours à 3 semaines après la première à l’air libre ou à basse température,perfusion. Les cheveux recommencent à brosse à poils souples ou peigne àpousser environ 6 à 8 semaines après la larges dents) ;fin du traitement. Même si les cheveux ● entre les cures, il est recommandérepoussent plus fins ou différents au d’éviter les teintures, les mises en plis,début (quelquefois, ils repoussent les brushings, ainsi que les permanentesbouclés alors qu’ils étaient raides, et qui fragilisent les cheveux.inversement), ils retrouvent petit-à-petitleur aspect initial. Les patients sont parfois impressionnés par le nombre de cheveux qu’ils perdentL’importance de l’alopécie dépend de en se peignant à la suite d’une cure deplusieurs éléments, notamment : chimiothérapie. Néanmoins, malgré● du type de médicament ou de l’asso- cela, certains conservent une chevelure ciation des médicaments employés ; assez fournie.
  • 52. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIESelon certains d’entre eux, lorsque remboursé par l’Assurance maladiele médecin a confirmé que le ou les (125 euros). Certaines mutuellesmédicaments de chimiothérapie prescrits remboursent le complément.risquaient de provoquer une chute decheveux, se raser les cheveux avant qu’ils D’anciens patients conseillent de choisirne tombent totalement permettrait de sa perruque au début du traitement. Lalimiter le caractère désagréable de leur personne peut ainsi choisir un modèlechute. proche de sa coupe et de sa couleur naturelle. Choisir la perruque la mieuxUne esthéticienne est là pour donner des adaptée à sa physionomie est plus facileconseils pour masquer ces effets : port en étant accompagné de quelqu’und’une perruque (chevelure), dessin de qui connaît bien la personne. Afin quesourcils, etc. Cela peut aider à restaurer l’alopécie se remarque le moins possible,la confiance en soi, ce qui a un grand d’anciens patients conseillent de porterimpact sur la qualité de vie. Certains la perruque dès le début de la chute deshôpitaux ou cliniques possèdent un cheveux.institut de beauté ou offrent des soinsesthétiques. Il ne faut pas hésiter à se L’Institut National du cancer a élaborérenseigner à ce sujet. une charte des droits du client et des devoirs du vendeur de perruques (toutesLe médecin fournit au patient un les informations sont disponibles sur lecertificat médical nécessaire au rem- site internet www.e-cancer.fr).boursement d’une partie du prix d’une Les adresses des boutiques qui ontperruque par sa caisse d’Assurance signé cette charte de qualité sont dispo-maladie. Les premiers prix des perruques nibles auprès de cancer info service au« prêt-à-porter » en fibres synthétiques 0810 810 821 (prix d’un appel local).avoisinent le montant du forfaitDes informations complémentaires sont disponibles dans la brochure Traitements du cancer et chutedes cheveux, éditée par l’Institut National du cancer.
  • 53. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Si la personne ne souhaite pas porter globules rouges*, les globules blancs* etde perruque ou si elle ne la porte que de les plaquettes*. Ces éléments diminuenttemps en temps, les foulards, bandeaux, alors dans le sang. Des prises de sangchapeaux ou casquettes sont de bons régulières permettent de les surveillercompromis. Ils sont notamment plus (voir chapitre 7 La surveillance d’uneconfortables pour la maison ou par chimiothérapie, p. 67).grande chaleur. Une diminution temporaireSelon les médicaments de chimio- de certains globules blancsthérapie utilisés et la durée des Les globules blancs protègent l’orga-perfusions, un casque réfrigérant est nisme contre les infections*. Laparfois proposé pendant la séance de quantité de certains d’entre eux,chimiothérapie. Celui-ci vise à limiter appelés polynucléaires neutrophiles,l’alopécie et contribue ainsi à améliorer diminue presque toujours après uneson bien-être. Le traitement peut être chimiothérapie. On parle alors dealors parfois mieux supporté. neutropénie.L’efficacité du casque dépend du pro- Une neutropénie survient habituel-duit de chimiothérapie perfusé : selon lement la deuxième semaine qui suit leles médicaments injectés, le casque est traitement. Le nombre de globules blancsplus ou moins performant. De plus, remonte spontanément le plus souventson efficacité est variable selon les en moins de 3 semaines. Cette remontéepersonnes. est indépendante de l’alimentation et des conditions de vie.DES EFFETS SUR LE SANGLa chimiothérapie agit au niveau de lamoelle osseuse* où sont fabriqués lesDes informations détaillées sur le casque réfrigérant se trouvent dans la Fiche 2. Le casqueréfrigérant, p. 85.
  • 54. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIESi la quantité de globules blancs n’est musculaires qui ressemblent à despas remontée avant la séance de chimio- courbatures comme lors d’une grippe.thérapie suivante, le médecin est parfois Des douleurs osseuses peuvent éga-amené à décider de la retarder ou d’en lement apparaître. L’endroit où estmodifier les doses. faite la piqûre est parfois douloureux. Si ces symptômes apparaissent, leDans certains cas, pour corriger la baisse médecin propose au patient des mé-des globules blancs ou pour empêcher dicaments contre la douleur (commequ’elle ne soit trop importante et du paracétamol) à chaque injection.limiter un risque d’infection, le médecin L’utilisation des facteurs de croissanceprescrit des facteurs de croissance*. est limitée à certains protocoles* deCes substances sont produites normale- chimiothérapie.ment dans la moelle osseuse. En coursde chimiothérapie, des quantités plus Lorsque le traitement de chimiothérapieimportantes de ces substances sont entraîne une chute des globules blancs,parfois nécessaires afin de stimuler la la capacité de l’organisme à se défendremoelle osseuse et augmenter la quantité contre les infections est diminuée.de globules blancs fabriqués. Ces médi-caments sont alors administrés dès le C’est pourquoi il est important d’essayerlendemain de la chimiothérapie, pendant d’éviter les infections. Pour ce faire,une durée variable (1 à 7 jours). Une lorsque la quantité de globules blancsinfirmière vient au domicile du patient chute, il est recommandé de limiter :lui injecter ces facteurs de croissance ● le contact avec des personnes enrhu-sous la peau. mées, grippées ou qui ont des maladies infectieuses (varicelle, herpès, etc.) ;Ces facteurs de croissance sont parfois ● les transports en commun ;responsables d’effets secondaires tels ● les travaux qui soulèvent de la pous-qu’une légère fièvre ou des douleurs sière ;
  • 55. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE ● d’aller à la piscine ; ● se laver les mains plusieurs fois par● de participer à des bains de foule ; jour, surtout après être allé aux toilettes● des aliments tels que les crustacés, le et avant les repas ; lait cru et les fromages au lait cru, les ● maintenir une bonne hygiène de la œufs durs, la charcuterie à la coupe, les bouche (voir paragraphe Des aphtes, pâtisseries à la crème du commerce, la une sécheresse de la bouche, p. 48) ; consommation de légumes ou de fruits ● porter des gants de protection pour le crus. Seuls les fruits et légumes crus ménage et le jardinage ; qui s’épluchent et qui sont préparés au ● faire attention en se coupant les dernier moment sont recommandés ; ongles ;● de manipuler des fleurs coupées ; ● privilégier l’usage du rasoir élec-● de toucher les animaux domestiques et trique ; leurs excréments. ● laver abondamment une éventuelle plaie avec de l’eau et du savon avantGénéralement, une neutropénie est de la désinfecter et de mettre uncompatible avec une vie normale. Il ne pansement.faut pas éviter de sortir, de rencontrerd’autres personnes (sauf si le médecin l’a Si toutefois une infection apparaît, elleprécisé). De plus, une neutropénie est le se manifeste le plus souvent à travers lesplus souvent sans conséquence dans la différents symptômes suivants :mesure où elle est de courte durée. ● une f ièvre égale ou supérieure à 38°C depuis 24 heures, une fièvreIl est conseillé de : de 38,5°C ou plus, ou une tempéra-● bien se couvrir pour sortir ; ture inférieure à 36,5°C ;● cuire suffisamment les viandes et les ● des frissons ; poissons ; ● une rougeur, un écoulement ou une● prendre une douche ou un bain tous douleur au niveau du cathéter* ; les jours ;
  • 56. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE● une rougeur, une douleur ou un ment par chimiothérapie. Cette baisse œdème* au bras ou à la jambe ; s’appelle une anémie*. Le nombre de● des sueurs, surtout la nuit ; globules rouges diminue toujours en fin● des ulcérations* de la bouche avec des de chimiothérapie et parfois, bien après plaques blanchâtres ; le traitement.● une toux, un essouff lement, une douleur à la poitrine ; Une anémie provoque une pâleur de la● des douleurs ou brûlures urinaires ; peau et des muqueuses, des difficultés● une diarrhée persistante. à respirer, surtout lors d’un effort, une fatigue ou des vertiges. En cas de forteSi l’un de ces symptômes survient, il est anémie, il est parfois nécessaire de faireimportant de le signaler immédiatement une transfusion de globules rouges. Leau médecin. médecin est parfois également amené à prescrire des médicaments stimulant laSi une aplasie* apparaît en plus d’une production de globules rouges (appelésfièvre, il est indispensable de consulter agents stimulants l’érythropoièse,son médecin. Un traitement par anti- abrégés en ASE) comme l’érythropoïétinebiotiques est alors administré pour (abrégé en EPO). Ce produit est sus-éviter les infections*. Dans ce cas, une ceptible d’entraîner des maux de tête ethospitalisation est souvent nécessaire nécessite parfois de surveiller la tensionpour mieux surveiller le patient. artérielle du patient.Une diminution des globules rouges Une diminution des plaquettesLes globules rouges (appelés aussi Ce sont les plaquettes qui donnent auhématies) sont nécessaires pour trans- sang sa capacité à coaguler, c’est-à-direporter l’oxygène dans l’organisme. La qu’elles lui permettent de former unquantité de globules rouges diminue caillot lors d’une blessure et d’arrêter deparfois de façon modérée avec un traite- couler. La quantité de plaquettes peut
  • 57. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE diminuer pendant une chimiothérapie Chez les femmes, certains médicaments deou à distance du traitement. Cette baisse chimiothérapie entraînent parfois l’arrêts’appelle une thrombopénie. du cycle menstruel (voir paragraphe La Fertilité, p. 59). Cependant, lorsqu’il y aLorsque la thrombopénie est modérée, une thrombopénie, de « fausses règles »,le médecin se contente de surveiller le parfois abondantes, surviennent éga-nombre de plaquettes. Dans de rares cas, lement quelquefois.la thrombopénie est plus importante.Une transfusion de plaquettes est alors Il est possible de prévenir les risquesparfois nécessaire. de coupures accidentelles en suivant quelques précautions :Il est important de surveiller et signaler ● utiliser un rasoir électrique et uneau médecin les symptômes suivants : brosse à dents souple. Lorsque la● des saignements de nez ; thrombopénie est impor t ante,● des saignements anormaux des le médecin déconseille toutefois gencives lors du brossage des dents ; d’utiliser une brosse à dents qui● une apparition inhabituelle de risque d’entraîner des saignements ; bleus ou de petites taches rouges ou il conseille plutôt d’employer un mauves sur la peau (purpura*, héma- coton tige ; tomes*, etc.) ; ● éviter impérativement l’aspirine ou les● plus rarement, des selles noires et produits qui en contiennent ; d’odeur fétide, la présence de sang ● signaler tout traitement anticoa- dans les urines ou dans les selles, des gulant* pris par ailleurs ; vomissements. ● éviter de prendre sa température par l’anus.Une thrombopénie peut entraîner unrisque d’hémorragie lors de coupuresaccidentelles, ainsi qu’une fatigue.
  • 58. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEUne diminution simultanée ● le nombre de cures et la tolérancedes globules blancs, des globules à la chimiothérapie. Les différentsrouges et des plaquettes effets secondaires sont parfois sourceSi la quantité de globules blancs, de fatigue, que ce soit une baisseglobules rouges ou plaquettes chute en des globules rouges dans le sangmême temps de façon trop importante, (anémie*), un manque d’appétit, uneon parle d’aplasie*. Tous les traitements alimentation déséquilibrée, des nauséesde chimiothérapie n’entraînent pas et des vomissements, une infection,d’aplasie. Cela dépend des doses et du une fièvre, des douleurs, mais aussi untype de médicament administré. Une manque d’activité physique ;aplasie apparaît le plus souvent 10 à ● plusieurs traitements combinés ;12 jours après le traitement. ● les soucis occasionnés par la maladie, l’opération chirurgicale, l’angoisse deUNE FATIGUE l’avenir, le stress, une dépression*.Tout au long de la maladie et de sa priseen charge, l’organisme dépense beaucoup La fatigue d’un patient traité pour und’énergie. La fatigue est l’un des effets cancer ne doit pas être banalisée. Ilsecondaires les plus fréquents du cancer n’est pas normal qu’il soit anéanti paret de ses traitements. la fatigue sous prétexte qu’il est soigné pour un cancer.La fatigue est liée à plusieurs facteurspossibles : La fatigue a des répercussions impor-● la maladie elle-même ; tantes sur les activités quotidiennes,● l’appréhension des examens et des ainsi que sur la qualité de vie. Elle est à traitements ; l’origine de sentiments d’impuissance, de● les déplacements quotidiens ; détresse et parfois de dépression. C’est la● l’attente avant les consultations ; raison pour laquelle la fatigue doit être prise en charge dès qu’elle apparaît.Pour des informations complémentaires sur la fatigue, voir également le guide Fatigue et cancer.
  • 59. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE DES DOULEURS diminuer le désir ou la capacité phy-Les effets secondaires des médicaments sique. Cette baisse d’activité sexuelle estde chimiothérapie sont parfois dou- variable selon les couples. N’hésitez pas àloureux : inf lammation de la bouche, en parler avec votre médecin.de l’œsophage, du pharynx, du vagin,brûlure d’estomac, colique*, douleurs La fertilitémusculaires et articulaires, notamment Chez l’hommeaux mains ou aux pieds. Certains médicaments de chimio- thérapie diminuent le nombre de sper-La douleur doit être prise en charge matozoïdes et, entraînent donc uneen même temps que le traitement du diminution de la fertilité, voire une sté-cancer. rilité masculine. Cela varie en fonction du type de traitement, des doses, de l’âgeDES PERTURBATIONS et de l’état général du patient. Le médecinDE LA VIE DE cOUPLE précise si le traitement de chimiothérapieLa vie sexuelle est susceptible de diminuer ou non leLa vie sexuelle n’est pas incompatible nombre de spermatozoïdes. Si le coupleavec un traitement par chimiothérapie. projette d’avoir un enfant, il est possibleUne chimiothérapie n’est pas dangereuse de réaliser un prélèvement de spermepour le patient ou son partenaire. Le et de le conserver dans une banquecancer n’est pas contagieux. de sperme (CECOS*) avant certaines chimiothérapies. Selon les médicamentsLes médicaments de chimiothérapie de chimiothérapie utilisés, la fertilitén’entraînent pas en eux-mêmes de peut revenir.modification de la capacité ou du désirsexuel. Toutefois, les effets secondaires Chez la femmede ces médicaments comme la fatigue, les Certains médicaments de chimio-nausées et les vomissements et le désarroi thérapie perturbent le cycle menstrueldu partenaire peuvent temporairement des femmes : cycles irréguliers, quantitéPour des informations complémentaires sur la douleur, voir également le guide Douleur et cancer.Des informations sur les difficultés sexuelles engendrées par les traitements du cancer sont égalementdisponibles dans les brochures éditées par la Ligue nationale contre le cancer (www.ligue-cancer.asso.fr).
  • 60. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEmodifiée ou interruption totale des d’entraîner des malformations du fœtus.règles. Si tel est le cas, la patiente ressent Les médecins conseillent d’attendre unles symptômes associés à la ménopause : certain temps après la fin du traitementbouffées de chaleur, sécheresse de la avant d’envisager une grossesse. Cepeau et des muqueuses, sécheresse temps d’attente varie en fonction devaginale, démangeaisons de la vulve. l’origine du cancer.Afin de diminuer ces effets secondaires,un traitement hormonal substitutif de Pendant une chimiothérapie, il est doncla ménopause peut être proposé, sauf nécessaire que le couple envisage unen cas de cancer hormonodépendant*. moyen de contraception. La prise de laLe médecin peut également proposer des pilule est parfois possible pendant unecrèmes, des gels ou des lubrifiants locaux chimiothérapie. Le médecin est là pourqui visent à atténuer la sécheresse vaginale conseiller le couple sur les différentset diminuer la douleur lors des rapports moyens de contraception possibles sisexuels. Une fois le traitement terminé, si besoin.la patiente n’est pas ménopausée, le cyclemenstruel peut redevenir normal au Si la patiente est enceinte lorsquebout de quelques mois. Toutefois, après le cancer est diagnostiqué, elle doit40 ans, il est possible que la ménopause systématiquement en informer les’installe. médecin avant de commencer un traitement. Parfois, la grossesse estUne grossesse est-elle envisageable possible pendant le traitement.pendant une chimiothérapie ?Malgré les perturbations du cycle AUTRES EFFETS SEcONDAIRESmenstruel, une grossesse est parfois Des perturbationspossible. Cependant, elle est contre- du fonctionnement des reinsindiquée pendant un traitement de Certains médicaments de chimio-chimiothérapie. En effet, certains médi- thérapie altèrent parfois le fonction-caments de chimiothérapie risquent nement des reins.
  • 61. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1Afin de diminuer la toxicité de ces Certaines personnes présentent unemédicaments au niveau des reins, une sensibilité particulière aux médicamentshyperhydratation avant et pendant la de chimiothérapie. Cette hypersen-chimiothérapie est parfois proposée. sibilité peut être à l’origine d’allergies.L’hyperhydratation consiste à perfuserau patient du liquide physiologique* En prévention, le médecin proposeen quantité abondante et à lui faire boire des médicaments contre les allergiesbeaucoup d’eau. Ceci permet de diluer le (antihistaminiques) ou à base de corti-médicament dans l’eau, ce qui diminue sone (corticoïdes) si cela est nécessaire.sa toxicité, mais pas son efficacité. Cettetechnique nécessite le plus souvent une Des modificationshospitalisation d’un jour ou deux pour de la peau ou des ongleschaque cure de chimiothérapie. Certains médicaments de chimio- thérapie irritent la peau et provoquentUne surveillance des reins est systéma- des modifications de la peau telles que :tiquement prévue avant chaque cure ● une sécheresse cutanée (peau fen-de chimiothérapie afin de surveiller dillée) ;leur fonctionnement. En général, cette ● une hypersensibilité au soleil ;surveillance s’effectue par une prise de ● des picotements et des déman-geaisonssang. des doigts et des orteils ; ● une desquamation de la paume desD’autres médicaments entraînent une mains et de la plante des pieds (la peaucoloration des urines (jaune foncé, rouge pèle) ;ou bleue) pendant les heures qui suivent ● un assombrissement de la peau ;la perfusion. Cette coloration est le signe ● une rougeur de la peau semblable à unque le produit de chimiothérapie est coup de soleil (érythème*) ;éliminé par les urines.
  • 62. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE● des petits boutons ou des plaques ménagers ; de se couper les ongles courts, rosées (urticaire*) ; afin d’éviter qu’ils ne se fissurent ou se● une modification de la couleur et une soulèvent. fragilisation des ongles qui deviennent cassants, striés et ondulés et qui finis- Afin de limiter la fragilité des ongles sent parfois par tomber. et leur chute, l’équipe soignante vous propose de porter des gants ou desCes signes correspondent parfois à une chaussons réfrigérants dont l’action estréaction allergique à un médicament identique à celle du casque réfrigérantde chimiothérapie. Ils diminuent après (voir Fiche 2. Le casque réfrigérant, p. 85).le traitement. Il ne faut pas hésiterà informer le médecin lorsqu’ils sur- Des perturbations du poidsviennent. Un traitement médical adapté Un patient atteint d’un cancer estles soulage. souvent décrit ou représenté comme amaigri. Cependant, certaines person-Une esthéticienne est là pour aider à nes traitées par chimiothérapie pren-prévenir ou à gérer au mieux ces modi- nent du poids. Les médicaments defications de la peau, notamment en chimiothérapie ne sont pas eux-mêmesconseillant d’appliquer régulièrement responsables de cette prise de poids. Il estune crème adoucissante et hydratante ; possible que le stress et le ralentissementd’utiliser des savons doux sans alcool (du de l’activité physique provoqués par latype savon de Marseille) ; de se protéger chimiothérapie y contribuent.des rayons du soleil avec une crème écrantotal et un chapeau (l’exposition au soleil Il est conseillé de suivre régulièrementdoit souvent être limitée) ; de porter des son poids et d’informer son médecin si lechaussures confortables et des gants de patient perd ou prend rapidement deuxprotection pour le jardinage et les travaux kilos ou plus. Le médecin peut orienter
  • 63. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE la personne vers une diététicienne dont Il est important d’en parler à votre mé-le rôle est de l’aider à trouver un équilibre decin.alimentaire, avant, pendant et après lachimiothérapie. L’audition et l’équilibre peuvent être modifiés. Il ne faut pas hésiter à signalerPendant le traitement de chimiothé- au médecin des symptômes tels querapie, il est possible de manger comme des difficultés récentes à entendre, desd’habitude et ce que l’on souhaite en bourdonnements d’oreille, ou encoreprivilégiant toutefois une alimentation des vertiges.équilibrée. Exceptionnellement, des troubles car-D’autres effets indésirables diaques ou pulmonaires, des cystites*D’autres effets secondaires apparaissent (inf lammation de la vessie) hémorra-parfois, notamment : giques ou des troubles de la conscience● des fourmillements dans les mains et nécessitent un suivi régulier chez un les pieds ; spécialiste. Des examens spécifiques● une sensation d’engourdissement des sont alors nécessaires (électrocardio- extrémités ; gramme ou échographie* cardiaque par● une maladresse soudaine (difficulté à exemple). nouer ses lacets, etc.) ;● des troubles de la mémoire ; Ces effets secondaires sont le plus sou-● une sécheresse des yeux. Le port de vent prévisibles et progressifs. Ils cessent lentilles de contact peut devenir en général à l’arrêt de la chimiothérapie. gênant ;● un écoulement par le nez ainsi qu’un larmoiement continus.
  • 64. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEToutefois, certains d’entre eux (fourmil- Pour certaines chimiothérapies, lelements dans les mains et les pieds, médecin prescrit des médicaments quisensation d’engourdissement des extré- diminuent le risque de toxicité sur lesmités, troubles cardiaques, pulmonaires organes ou les parties du corps nonou de la mémoire) continuent quel- malades. Ces médicaments sont appelésquefois après l’arrêt de la chimiothé- des chimioprotecteurs.rapie. On parle alors de séquelles. Cesséquelles sont maintenant de plus enplus rares.
  • 65. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE À retenirUne chimiothérapie entraîne des effets Ils varient d’une cure de chimiothérapie àsecondaires non systématiques qui peuvent l’autre.être modérés. Ils sont temporaires. certains effets secondaires peuvent êtreL’importance de ces effets secondaires limités, voire évités, par des soins et desn’est pas le signe que le traitement est effi- médicaments adaptés.cace ou inefficace. Une chimiothérapie ces effets secondaires n’apparaissent paspeut être efficace même si elle n’entraîne tous en même temps.pas d’effet secondaire. Une f ièvre égale ou supérieure à 38°cIls sont plus ou moins accentués en depuis 24 heures, une fièvre de 38,5°cfonction des traitements utilisés : chaque ou plus ou une température inférieuremédicament de chimiothérapie a une à 36,5°c, des frissons, une rougeur, untoxicité spécifique. écoulement ou une douleur au niveau du cathéter, etc. doivent amener la personneIls sont directement liés au type de médi- malade à consulter un médecin encaments administrés, à leurs doses et à leur urgence.association, à la réaction individuelle dechaque patient ainsi qu’à son état général.
  • 66. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 67. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 7. La surveillance d’une chimiothérapieU ne chimiothérapie nécessite une surveillance régulière pourvérifier que le traitement est bien fait, Le patient ne doit pas hésiter à poser au médecin et à l’équipe médicale toutes les questions qui le préoccupent.que la chimiothérapie est efficace et Ce dialogue lui permet de se familiarisersuffisamment bien supportée. C’est avec le traitement et de s’adapter le mieuxle médecin et l’équipe soignante qui possible à celui-ci.réalisent cette surveillance lors deconsultations régulières. LA SURVEILLANcE PENDANT LE TRAITEMENTEn fonction de ces éléments, le pro- Le chimiothérapeute vérifie que le trai-tocole* de chimiothérapie peut être tement se déroule bien, qu’aucunemodifié. On parle ainsi de lignes de anomalie n’apparaît et propose si néces-chimiothérapie : chaque ligne corres- saire des traitements complémentaires.pondant à un protocole particulier.Plusieurs lignes successives sont par- Les examens de sang réguliers visent àfois nécessaires. surveiller les effets de la chimiothérapie sur la tumeur* et sur l’organisme :Une chimiothérapie dure ainsi plus ils permettent de savoir comment laou moins longtemps en fonction des tumeur réagit au traitement, commentdifférents éléments repérés lors de la la personne soignée tolère le traitementsurveillance.
  • 68. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEet si des effets secondaires* (chute des rapeute qui le suit est noté et chaqueglobules blancs, etc.) sont apparus (voir date de consultation est programmée.paragraphe Des effets sur le sang, p. 53). Le médecin prescrit des examens de surveillance (examens biologiques*,Le médecin est là pour donner des examens d’imagerie*) adaptés à chaqueconseils simples pour diminuer certains patient.de ces effets : mesures d’hygiène (voirparagraphe Des aphtes, une sécheresse de la C’est seulement plusieurs semainesbouche, p. 48) ou conseils alimentaires. après la fin du traitement que les effets secondaires régressent.Lorsque la chimiothérapie est admi-nistrée en situation métastatique*, Peut-on partir en vacances lorsque led’autres examens, comme une radio- traitement est terminé ?graphie*, une échographie*, un Lorsque le traitement est terminé, lescanner* ou une IRM* visent également patient a la possibilité de partir enà évaluer la façon dont les cellules vacances s’il le souhaite. Le médecincancéreuses répondent au traitement. lui indique les précautions à prendre.Ces examens sont effectués avant la S’il part en vacances ou vit dans unepremière cure, puis régulièrement en région ensoleillée, il faut absolumentcours de traitement. éviter de trop s’exposer au soleil et ce, pendant toute la durée de la vie. En effet,LA SURVEILLANcE les médicaments de chimiothérapieAPRèS LE TRAITEMENT entraînent une sensibilité particulièreQuand le traitement est terminé, un de la peau au soleil (voir paragraphecalendrier de surveillance est défini Des modifications de la peau ou des ongles,avec le patient. Le nom du chimiothé- p. 61).
  • 69. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Comment sait-on qu’une L’efficacité d’une chimiothérapie n’estchimiothérapie a été efficace ? confirmée que plusieurs années après laAprès le traitement, c’est une surveillance fin du traitement.régulière et adaptée qui détermine si unechimiothérapie a été efficace.À retenirPendant le traitement, le chimiothérapeute Le médecin propose les examens de sur-effectue régulièrement une surveillance veillance adaptés à chaque patient (exa-au cours d’une consultation. Il vérifie le mens sanguins, examens radiologiques).bon déroulement du traitement, contrôlel’apparition de la moindre anomalie et Seule une surveillance régulière et adaptéepropose si nécessaire des traitements détermine si une chimiothérapie est ou acomplémentaires. été efficace.Après le traitement, un calendrier desur veillance est déf ini avec le patient
  • 70. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 71. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 18. Mieux vivre la chimiothérapieÊTRE SOUTENU Des associations, des groupes de parole,Dans la vie d’un homme ou d’une fem- des espaces de rencontre et d’informationme, la maladie et ses traitements sont des (ERI) dans les établissements de soins,moments difficiles. Ils engendrent des des kiosques « info cancer », le serviceémotions particulièrement intenses chez téléphonique Cancer info ser vicela personne malade et son entourage. (0 810 810 821, Numéro Azur, prix d’unChaque étape génère des sentiments appel local), la présence de bénévolesdifférents. Les exprimer et les partager ou l’écoute d’un psychologue ou d’unavec d’autres permet souvent de mieux psychiatre, sont autant de lieux ou deles vivre. moyens pour exprimer et partager ses sentiments. L’équipe soignante peut vousLes personnes malades ont besoin aider à vous rapprocher de ces structuresd’être écoutées, aidées et soutenues, ou de ces professionnels.notamment par ceux qui les entourent :leur famille, leurs amis, leurs collègues. Une bonne communication avec leLa maladie et ses traitements se vivent médecin et l’équipe soignante crée unmieux quand on est accompagné. climat de confiance utile pour traverser l’épreuve de la maladie et des traitements.Il est important que le patient puisse La qualité des informations dépend de laen parler s’il le souhaite. Pouvoir expri- relation établie avec l’équipe médicalemer ses sentiments, témoigner de son et paramédicale, du sentiment d’êtreexpérience, se sentir reconnu aident compris, reconnu ou entendu, et duà conserver ou à retrouver un certain temps consacré aux échanges.équilibre.
  • 72. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEVous ne devez pas hésiter à poser des de soins ou de la Ligue contre le cancerquestions, à les reposer si vous avez au 01 53 55 24 13.besoin d’éclaircissements, ni à poserde nouvelles questions qui vous préoc- Proposer aux proches de lire ce guidecupent. Dans la mesure du possible, le leur permet de s’informer sur la maladiemédecin prendra le temps nécessaire et sur ce que le patient peut ressentir.pour y répondre. S’il n’a pas le temps, il Cette lecture est aussi un moyen pourest possible de demander à le voir à un les proches de mieux comprendre laautre moment ou de prendre rendez- chimiothérapie et ce que vit la personnevous avec le médecin généraliste qui malade et ainsi, favoriser une meilleureconnaît votre dossier médical. communication.Le rôle important des proches ATTENTION AUx SEcTESAccompagner une personne atteinte Des patients, anciens patients atteintsd’un cancer est une épreuve difficile. de cancer et proches signalent avoirL’investissement personnel auprès d’une été sollicités par des sectes ou despersonne malade est très éprouvant, tant personnes appartenant à des associa-sur le plan physique que psychologique. tions non identifiées. Ces sollicitationsC’est un défi quotidien, émaillé de prennent le plus souvent plusieursdifficultés, et qui réclame une grande formes : propositions d’aide à la gué-force pour pouvoir apporter l’aide rison, invitations à des groupes denécessaire. discussion, etc. Ces mouvements sec- taires profitent du désarroi des patientsDifférentes associations d’anciens ou de leur entourage. Ils se manifestentpatients et de bénévoles peuvent ap- aux abords de l’établissement où est suiviporter leur soutien. N’hésitez pas à vous le patient, ou en le démarchant à sonrenseigner auprès de votre établissement domicile.Des informations détaillées sur les aspects psychologiques du cancer sont disponibles dans le guideVivre pendant et après un cancer.
  • 73. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE En cas de doute, alternatifs (régimes alimentaires par- renseignez-vous auprès de : ticuliers, produits non conventionnels ou liés à une tradition culturelle, etc.). La Mission interministérielle de vigilance et lutte contre les dérives sectaires Les médecines complémentaires cor- (Miviludes) 13, rue de Bourgogne - 75007 Paris respondent à des actes médicaux ou Tél. : 01 42 75 76 10 paramédicaux proposés en complé- ment des traitements spécifiques du L’Union nationale des associations de cancer (chirurgie, chimiothérapie, radio- défense des familles et de l’individu thérapie, etc.). Les patients utilisent ces victimes de sectes (UNADFI), Tél. : 01 44 92 35 92 méthodes pour mieux supporter les www.unadfi.org effets secondaires* tels que la fatigue, les nausées, parfois l’anxiété*. Ce peut Le site officiel www.info-sectes.org être aussi une façon pour les patients propose une liste des sectes et précise comment les reconnaître. de se montrer actifs et dynamiques. Chacun doit pouvoir choisir en toute connaissance de cause ce qui l’aide à supporter au mieux les traitements.LA PLAcE DES MÉDEcINES Le patient ne doit pas hésiter à encOMPLÉMENTAIRES ET DES parler à son médecin traitant et à sonTRAITEMENTS ALTERNATIFS cancérologue.À un moment ou à un autre de leurmaladie, certains patients ont recours Les traitements alternatifs, commeà des médecines dites « douces » ou leur nom l’indique, sont des « alter-« complémentaires » (homéopathie, natives » qui sortent du champ deacupuncture, phytothérapie, techniques la médecine traditionnelle (on parlede relaxation, etc.), ou à des traitements aussi de « médecines parallèles »). EllesDes informations détaillées pour les proches figurent dans le guide Vivre auprès d’une personne atteinted’un cancer.
  • 74. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEsont supposées renforcer les défenses Les oncologues déconseillent abso-immunitaires du patient et prétendent lument d’arrêter les traitements contretraiter le cancer de façon plus efficace le cancer conventionnels (chirurgie,que les traitements standards*. Des radiothérapie, chimiothérapie, etc.). Lespatients y ont recours par croyance, par médecines douces les complètent peut-idéologie, quelquefois par défiance, voire être, mais ne sauraient les remplacer. Lespar désespoir. médecines complémentaires comme les traitements alternatifs ont un risqueSi des études ont souligné l’intérêt toxique en interagissant notammentdes médecines complémentaires, avec les traitements. Le cancérologue doitnotamment en ce qui concerne la qualité discuter de ce problème avec le patient.de vie des patients, le bénéfice apporté Il lui donnera des conseils éclairés à cepar les traitements alternatifs n’est au sujet.contraire pas démontré. Ils risquentmême de faire perdre des chances de REPRENDRE SON TRAVAILsurvie, notamment si les traitements Certains patient souhaitent maintenirstandard ne sont pas appliqués ou s’ils leur activité professionnelle pendant lasont abandonnés. chimiothérapie, d’autres l’interrompent et la retrouvent ou non peu de tempsPar ailleurs, d’anciens patients souhaitent après le traitement. Cela dépend du typemettre en garde les personnes malades et de cancer, de la façon dont s’est dérouléeleur entourage contre le coût très élevé la chimiothérapie, de l’état physiquede certaines pratiques alternatives. Elles du patient, de sa profession et de sessont parfois associées à des mouvements préférences.sectaires.
  • 75. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Des contraintes financières ou profes- Une assistante sociale peut donnersionnelles imposent quelquefois de des informations sur tous les aspectsmaintenir son activité professionnelle administratifs et médicosociaux en(patient non salarié ou à un moment lien avec la prise en charge de chaquecharnière de sa vie professionnelle). patient.Rencontrer très tôt le service socialest alors très utile, notamment pouressayer d’anticiper les difficultés et de lesrésoudre quand elles surviennent.À retenirIl est nécessaire de communiquer et de créer Reprendre une activité professionnelle ouune relation de confiance avec médecin. maintenir ses activités quotidiennes, quandIl est important de se sentir épaulé par son cela est possible, est parfois bénéfique.entourage.Pour en savoir plus sur les démarches sociales en lien avec un cancer, vous pouvez consulter le guideDémarches sociales et cancer.
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  • 77. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE FIChEs PrATIQUEsFiche 1. Mieux gérer ma chimiothérapieFiche 2. Le casque réfrigérantFiche 3. Les professionnels au service du patientFiche 4. Les traitements ciblés
  • 78. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 79. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 1. Mieux gérerma chimiothérapieQUEL EST MON PROTOcOLE DE cHIMIOTHÉRAPIE ? Nom et dosage des médicaments Nombre et dates des cures Date de la 1ère cure : ....................................... Date de la 2e cure : ....................................... Date de la 3e cure : ....................................... Date de la 4e cure : ....................................... Date de la 5e cure : ....................................... Date de la 6e cure : ...................................... Nom du chimiothérapeute Établissement
  • 80. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 1. Mieux gérer ma chimiothérapieQUELS SONT LES EFFETS liés au type de médicaments administrés,SEcONDAIRES ÉVENTUELS à leurs doses et à leur association, à laDE MA cHIMIOTHÉRAPIE ? réaction individuelle de chaque personneBeaucoup de progrès ont été faits ces ainsi qu’à son état général. Les effetsdernières années pour améliorer le secondaires varient d’une cure deconfort des personnes traitées par chimio- chimiothérapie à l’autre.thérapie. Cependant, la chimiothérapiepeut entraîner des effets secondaires* Grâce à cette grille, l’infirmière ou le(voir chapitre 6 Les effets secondaires d’une médecin cochent les effets secondaireschimiothérapie, p. 43). spécifiques que la personne est amenée à rencontrer le plus fréquemment enMême si les effets secondaires immédiats fonction de la dose et du type de médi-de la chimiothérapie sont fréquents, cament de chimiothérapie administrés.ils sont modérés, temporaires et Cela permet de prendre les mesures pré-non systématiques. Ils sont directement ventives en conséquence.Fatigue ...................................................  Problèmes cutanés ................................. Nausées, vomissements .........................  risque d’infection .................................. Diarrhée.................................................  répercussions sur le système génital ....... Constipation .........................................  répercussions sur le système nerveux ..... Problèmes de bouche ............................  Douleur ................................................. Problèmes capillaires .............................  Autres .........................................................
  • 81. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1 Fiche 1. Mieux gérer ma chimiothérapieLE SUIVI DE MES EFFETS SEcONDAIRESChaque jour, il vous est possible de noter dans la case située en face de chaquesymptôme le chiffre qui correspond le mieux à votre appréciation des effetssecondaires de la chimiothérapie.Vous pourrez ensuite en discuter avec l’équipe soignante qui pourra vous prescriredes médicaments adaptés.0 = pas du tout, 1 = Parfois, 2 = souvent, 3 = très souvent.CUrE 1 Date / Mois :.......................... 1er jour 2e jour 3e jour 4e jour 5e jour 6e jour Nausées Vomissements Fatigue Douleur Autres symptômes :CUrE 2 Date / Mois :.......................... 1er jour 2e jour 3e jour 4e jour 5e jour 6e jour Nausées Vomissements Fatigue Douleur Autres symptômes :
  • 82. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 1. Mieux gérer ma chimiothérapieCUrE 3 Date / Mois :.......................... 1er jour 2e jour 3e jour 4e jour 5e jour 6e jourNauséesVomissementsFatigueDouleurAutres symptômes :CUrE 4 Date / Mois :.......................... 1er jour 2eè jour 3e jour 4e jour 5e jour 6e jourNauséesVomissementsFatigueDouleurAutres symptômes :CUrE 5 Date / Mois :.......................... 1er jour 2e jour 3e jour 4e jour 5e jour 6e jourNauséesVomissementsFatigueDouleurAutres symptômes :
  • 83. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 1. Mieux gérer ma chimiothérapieCUrE 6 Date / Mois :.......................... 1er jour 2e jour 3e jour 4e jour 5e jour 6e jourNauséesVomissementsFatigueDouleurAutres symptômes :Notes
  • 84. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 85. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 2. Le casque réfrigérantL ’équipe soignante peut proposer un casque réfrigérant à la personne ma- lade pendant la séance de chimiothérapie. Le patient ne doit pas hésiter à ledemander dans le cas où il ne lui est pas proposé.QU’EST-cE QU’UN racine du cheveu. Moins atteinte parcASQUE RÉFRIGÉRANT ? les médicaments, la racine continue à seUn casque réfrigérant vise à limiter développer normalement, ce qui diminueou à éviter la chute des cheveux. Il est la chute des cheveux.constitué d’une poche remplie d’ungel de glycérine. Pour que le casque soit Le casque est sans danger pour leefficace, le gel de glycérine doit être très cerveau.froid (de -18°C à -25°C). POURQUOI PROPOSE-T-ONPour obtenir cette température, le cas- DE METTRE UN cASQUEque est placé préalablement au mini- RÉFRIGÉRANT ?mum 12 heures au congélateur, à une Les médicaments de chimiothérapietempérature comprise entre -25°C et circulent dans l’ensemble du corps. Ces-30°C. Il est ensuite posé sur la tête. médicaments s’attaquent aux cellules* cancéreuses, mais aussi à certainesLe froid entraîne une contraction des cellules saines qui se multiplientvaisseaux sanguins* (vasoconstriction) rapidement comme les cellules àqui diminuent alors de taille. Ainsi, le l’origine des poils et des cheveux.sang circule moins bien autour de la C’est la raison pour laquelle certains
  • 86. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 2. Le casque réfrigérantmédicaments anticancéreux entraî- cOMMENT LE cASQUEnent une perte des poils et en particulier EST-IL INSTALLÉ ?des cheveux. Pour une plus grande efficacité, les cheveux sont préalablement mouillésOn parle d’alopécie pour définir cette (pose d’un bonnet à usage uniquechute partielle ou complète des cheveux humidifié à l’eau froide, pulvérisationet, parfois, également des poils (sourcils, d’eau sur les cheveux, etc.). Cettecils, barbe, poils des aisselles, du pubis). étape prépare le patient à une basse température, isole la tête du contactCette alopécie est l’un des effets direct avec le casque et surtout, chassesecondaires* de la chimiothérapie. l’air qui circule dans les cheveux.Elle est souvent mal vécue. En effet,outre les contraintes de la maladie et du Le casque doit être uniquement entraitement, les personnes sont atteintes contact avec le cuir chevelu. Il estdans leur image corporelle. Ceci a parfois important de protéger la nuque, lesun grand impact sur leur qualité de vie tempes, les oreilles et le front à l’aide de(voir paragraphe Une chute des cheveux, coton.p. 50). Selon les modèles, le casque est installé,En fonction du produit de chimio- puis fixé à l’aide de bandes pour qu’ilthérapie, porter un casque réfrigérant adhère bien au cuir chevelu. Il est disposépendant la perfusion de chimiothérapie sur l’ensemble du cuir chevelu pour nevise à limiter de façon importante pas créer de zones d’alopécie.l’alopécie et à contribuer ainsi à uneamélioration du bien-être. Le traitement Le casque est mis en place environpeut alors être mieux supporté. 15 minutes avant le début de la per- fusion. Il doit rester sur la tête auLe casque est plus ou moins performant moins tout le temps de la perfusion deen fonction du médicament utilisé. chimiothérapie.
  • 87. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 2. Le casque réfrigérant maux de tête importants, parfois dans les heures qui suivent la pose du casque. Des médicaments adaptés à la personne malade (paracétamol, etc.) atténuent ces maux de tête. Il est conseillé de les prendre une demi-heure avant que le casque ne soit posé. La sensation de froid, provoquée par la très basse température nécessaire au bon fonctionnement du casque, se propage souvent sur la nuque et dans tout le corps, entraînant ainsi des tremblements. D’anciens patients suggèrent de placer une serviette éponge autour du cou afin Pose d’un casque réfrigérant de diminuer la sensation de froid. La serviette évite que de l’eau coule dansQUELS SONT LES INcONVÉNIENTS le cou quand le casque se réchauffe. IlsDU cASQUE ? conseillent également de prévoir un châleLe casque n’est pas toujours bien toléré, ou un vêtement supplémentaire et de neen particulier par les personnes sujettes pas hésiter à demander une couvertureaux migraines ou atteintes d’arthrose* si la personne malade a froid. Apportercervicale. un peigne ou une brosse permet de se recoiffer ensuite.Le casque est désagréable les 10 pre-mières minutes. C’est parfois doulou- Si la durée de perfusion est longue, lereux : il arrive que le casque provoque des casque se réchauffe à l’air ambiant. Il doit
  • 88. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 2. Le casque réfrigérantalors être changé pour rester efficace. Le Y A-T-IL DES cONTRE-INDIcATIONSplus souvent, il est remplacé toutes les AU PORT DU cASQUE ?45 minutes jusqu’à la fin de la perfusion. Le casque réfrigérant est contre-indiquéSi un bonnet humidifié a été mis en place chez les personnes atteintes d’un can-sous le casque, il est également remplacé cer du sang ou de la lymphe* ou quià cette occasion. présentent des métastases du cuir chevelu ou du crâne.
  • 89. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 3. Les professionnelsau service du patientA u cours de la maladie, la personne malade et ses proches rencontrent de nombreux professionnels. Pour mieux les connaître, cette fiche explique enquoi consiste leur activité.L’agent de ser vice par ticipe aux L’anesthésiste-réanimateur est ledifférentes tâches pour le confort de médecin spécialiste chargé du suivi dela personne malade : l’entretien des la personne malade avant, pendant etlocaux, la distribution des repas et après une intervention chirurgicale.éventuellement, l’accueil des personnes. C’est lui qui l’endort, la surveille, assiste son réveil et prend en charge la douleurL’aide-soignant participe aux soins après l’opération.des patients en collaboration avecl’infirmier. L’assistant social de l’hôpital est un professionnel du domaine social, quiL’anatomopathologiste ou patho- accompagne la personne malade etlogiste est le médecin spécialiste qui sa famille, et les aide à résoudre leursexamine au microscope des cellules* difficultés économiques et sociales. Onet des tissus* prélevés sur la personne parle aussi de travailleur social.malade. Son rôle est déterminant dansle diagnostic* et l’orientation du choix L’attaché de recherche clinique assistedes traitements lors de la réunion de le médecin responsable d’un essaiconcertation pluridisciplinaire*. thérapeutique. Dans le cadre de cet essai,
  • 90. 0 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 3. Les professionnels au service du patientil participe à l’évaluation des effets du Le chirurgien est le médecin qui opèretraitement proposé et fait le lien entre un patient sous anesthésie* locale oul’équipe médicale et la personne malade. générale. En cancérologie, la chirurgie a différents objectifs. Une interventionLe brancardier est chargé des dépla- chirurgicale peut viser à établir uncements de la personne malade au sein diagnostic* en prélevant un fragmentde l’hôpital. d’une anomalie sur un tissu* ou un organe afin de l’analyser. La chirurgie estLe cancérologue est le médecin spé- un des traitements envisagés pour traitercialiste du cancer. On parle d’oncologue un cancer : l’objectif est alors d’enlever lamédical (chimiothérapeute), d’hémato- totalité de la tumeur ou, si ce n’est pasoncologue pour les cancers du sang, de possible, seulement une partie pourchirurgien oncologue… réduire la taille de la tumeur ; c’est alors un traitement local qui peut être précédéLe cardiologue est le médecin spécialiste ou suivi d’un autre traitement commequi procède à l’examen, au diagnostic et une chimiothérapie. Enfin, la chirurgieau traitement d’une personne atteinte de peut avoir pout but de réparer un organemaladie du cœur. (sein, mâchoire...) lésé par un traitement du cancer.Le chimiothérapeute est le médecinqui traite les cancers à l’aide de mé- Le dermatologue est le médecindicaments. Il existe trois types de spécialiste des maladies de la peau, desmédicaments possibles : la chimio- cheveux, des ongles et des muqueuses.thérapie, l’hormonothérapie* oul’immunothérapie*. On parle aussi Le diététicien prend en charge tous lesd’oncologue médical. problèmes nutritionnels en rapport avec le cancer et ses traitements. Il travaille en
  • 91. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1 Fiche 3. Les professionnels au service du patientlien avec l’équipe de nutrition, en colla- L’infirmier diplômé d’État (IDE) estboration avec un médecin nutritionniste chargé des soins aux personnes malades,et l’équipe soignante. de leur surveillance et de l’administration des traitements prescrits par le médecin.L’ergothérapeute est spécialisé dans L’infirmier exerce son activité au seinle traitement des troubles et des d’un établissement de soins ou en libéral.handicaps physiques ou psychiques. Il Le cadre de santé (ou surveillant) est unaide la personne malade à se réinsérer infirmier responsable de la coordinationdans son environnement quotidien et d’un service à l’hôpital. Il joue un rôleprofessionnel. Il lui permet d’acquérir, important de communication entrede maintenir ou de récupérer son l’équipe soignante et la personneautonomie. L’ergothérapeute propose malade.diverses solutions techniques, qui vontde l’aménagement de l’habitat à la Le manipulateur de radiologie estrésolution de problèmes d’habillage. un technicien responsable du mani- ement des appareils de radiologie*.Le gastroentérologue est le médecin Il est spécialement formé en imageriespécialiste du tube digestif. médicale. Il assiste le radiologue.Le gynécologue est le médecin spécialiste Le masseur-kinésithérapeute aide àde l’appareil génital de la femme. rééduquer différentes parties du corps grâce à des mouvements adaptés. IlL’hématologue est le médecin spécialiste réalise, sur prescription médicale,des maladies du sang. des actes manuellement ou à l’aide d’appareils, et apprend à la personneL’hôtesse d’accueil est chargée de malade des gestes ou des techniques quirenseigner et d’orienter la personne lui permettent de remédier à ses déficits.malade et sa famille lors de leur arrivéeà l’hôpital.
  • 92. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 3. Les professionnels au service du patientLe médecin du travail veille à la pro- coordonner ses soins, la guider verstection de la santé et à la sécurité au d’autres professionnels de santé, gérertravail, notamment en surveillant les son dossier médical et assurer uneconditions d’hygiène du travail, les prévention personnalisée. La personnerisques de contagion et l’état de santé malade s’adresse en priorité à lui endes travailleurs. Il s’agit autant de la cas de problème de santé. Le médecinsanté physique que mentale (stress, traitant est un médecin généraliste ou unfatigue, etc.). Le médecin du travail est spécialiste. Il exerce en libéral, à l’hôpitalsalarié de l’entreprise ou appartient à ou dans un centre de santé.un service interentreprises de santé autravail. L’oncologue est le médecin cancéro- logue plus particulièrement spécialiséLe médecin généraliste est le médecin dans les traitements du cancer parhabituel de la personne malade. Il prend chimiothérapie ou radiothérapie*. Onen charge ses différents problèmes de parle d’oncologue médical (chimio-santé. Il a un rôle très important lors thérapeute) ou d’oncologue radio-du diagnostic, du traitement et de la thérapeute (radiothérapeute).surveillance du cancer pendant lespériodes où la personne malade est à son L’orthoprothésiste est un technicien quidomicile. Il fait le lien par des contacts fabrique des prothèses externes destinéestéléphoniques, des comptes rendus et à remplacer un membre ou une partie dedes courriers médicaux avec l’hôpital membre après une amputation.ou la clinique où est soignée la personnemalade. Il peut être le médecin traitant L’orthophoniste est spécialisé dans ladéclaré en tant que tel à la Sécurité rééducation des troubles de la voix, dusociale. langage et de la déglutition après une opération ou une radiothérapie de laLe médecin traitant est le médecin bouche ou de la gorge.choisi par la personne malade pour
  • 93. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 3. Les professionnels au service du patientLe pathologiste est le médecin spé- Le psychanalyste est un praticiencialiste qui examine au microscope formé à l’exercice de la psychanalyse.des cellules* ou des tissus* prélevés Il est psychiatre ou psychologue. Il s’estsur la personne malade. On parle aussi lui-même soumis, à une psychanalysed’anatomopathologiste. personnelle, accompagnée d’une formation théorique et pratique.Le personnel d’accueil est chargé de La psychanalyse classique s’exercerenseigner et d’orienter la personne habituellement en cabinet privé sur lemalade et sa famille lors de leur arrivée modèle fauteuil-divan. Elle se pratiqueà l’hôpital. parfois de manière aménagée, en face à face, dans des lieux de consultationLe pharmacien contrôle, prépare publique et même à l’hôpital. On parleet délivre les médicaments prescrits alors de psychothérapie d’inspirationpar les médecins. Il peut également psychanalytique.donner des renseignements sur le moded’administration des médicaments et Le psychiatre est le médecin spécialisteleurs effets secondaires. des maladies mentales. Il diagnostique et traite les troubles psychopathologiquesLe physicien est spécialiste du fonc- (anxiété*, dépression*, confusion,tionnement et du contrôle des appareils troubles du comportement et difficultésde radiologie*. On parle aussi de relationnelles, etc.). Il peut prescrireradiophysicien ou de physicien médical. des médicaments psychotropes (anti- dépresseurs, etc.). Il reçoit aussi les pa-Le pneumologue est le médecin tients ou leur famille en entretien pourspécialiste des maladies des poumons et un soutien ou un suivi psychothérapique.des voies respiratoires. Lorsqu’il travaille en cancérologie, on parle aussi de psycho-oncologue ou d’oncopsychiatre.
  • 94. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 3. Les professionnels au service du patientLe psychologue est un professionnel de atteintes de cancer ou de leurs proches.l’écoute, formé à aider des personnes en L’équipe soignante bénéficie égalementsituation de souffrance psychique, en de son écoute et de son soutien en cas deentretien individuel ou en groupe. Il est besoin.diplômé en psychopathologie cliniqueet pathologique (master professionnel). Le radiologue est le médecin spécialisteIl assure un soutien et un suivi psycho- qui réalise et interprète des imagesthérapique des personnes malades et de parties du corps ou d’organes lorsde leurs familles. Il est aussi à même de des examens radiologiques (ou exa-repérer la détresse liée à la maladie et à mens d’imagerie) qui contribuent auses traitements, et les troubles psycho- diagnostic. Il existe différents examenspathologiques. Lorsqu’il travaille en radiologiques : radiographie, écho-cancérologie, on parle aussi de psycho- graphie, scanner, IRM (Imagerie paroncologue ou d’oncopsychologue. Résonance Magnétique).Le psychomotricien est spécialisé La secrétaire médicale accueille, ren-dans la rééducation des troubles du seigne et oriente la personne malade.mouvement (bégaiement, tics, pro- Elle organise les rendez-vous de consul-blèmes de coordination, d’orientation, tations, assure le contact avec l’équiped’équilibre…). Il utilise des techniques soignante et tient à jour le dossier médi-de relaxation, d’expression corporelle ou cal du patient. On parle aussi d’assistanteplastique, d’éducation gestuelle, de jeux médicale.d’équilibre et de coordination. Le sexologue aide la personne maladeLe psycho-oncologue est le médecin et son (sa) partenaire de vie à gérer lespsychiatre, le psychologue ou le psy- difficultés sexuelles liées à la maladiechanalyste spécifiquement formé aux et ses traitements. On parle aussi deproblèmes psychiques des personnes sexothérapeute.
  • 95. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 3. Les professionnels au service du patientLa socioesthéticienne aide à la qualité L’urologue (ou chirurgien urologue)de vie des personnes hospitalisées par est le médecin spécialiste des problèmesla mise en œuvre de soins esthétiques, urinaires et génitaux, et en particuliercoiffure, maquillage, manucure, etc. du diagnostic, du traitement et de la surveillance des cancers urologiques :Le sophrologue propose des techniques cancer du rein, de la vessie, de la prostate,de soutien fondées sur des exercices de des testicules, du pénis, etc. C’est lui quirespiration consciente, des visualisations opère le patient pour enlever la tumeur.positives et des massages de détente.
  • 96. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 97. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 4. Les traitements ciblésD e récentes découvertes ont mis au point de nouveaux médica-ments dontla façon d’agir est différente Ces médicaments ne font pas la diffé- rence entre les cellules cancéreuses et les cellules saines, ils les atteignent toutes,de celle de la chimiothérapie : ils ne ce qui provoque des effets secondaires*s’attaquent plus à l’ADN des cellules comme une chute des globules blancs*,cancéreuses, mais ils freinent ou arrêtent une perte des cheveux, des troublesleur développement. digestifs, etc. (voir chapitre 6 Les effets secondaires d’une chimiothérapie, p. 43).On parle de traitements, de thérapeu-tiques ou encore de thérapies ciblés car DE QUOI UNE TUMEUR A-T-ELLEils visent une cible bien déterminée : les BESOIN POUR SE DÉVELOPPER ?mécanismes grâce auxquels la tumeur se Plusieurs éléments sont nécessaires audéveloppe. Le principe de ces traitements développement d’une tumeur.est de priver la tumeur d’éléments indis-pensables à son développement. D’une part, elle doit se nourrir. Pour cela, elle fabrique ses propres vaisseauxLa plupart des médicaments de chimio- sanguins à l’aide de substances qu’ellethérapie agissent à l’intérieur même produit elle-même. Ces substances sontdes cellules*, au niveau de l’ADN*. des agents angiogènes. Si on empêcheIls les empêchent de se multiplier. Les la tumeur de fabriquer ces vaisseauxcellules qui ne peuvent pas se multiplier sanguins, on l’empêche de se nourrir etfinissent par mourir. On parle d’action donc de se développer.cytotoxique, autrement dit d’actiontoxique pour les cellules.
  • 98. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 4. Les traitements ciblésD’autre part, les cellules doivent se Ils agissent :diviser pour que la tumeur grossisse. Les ● sur les substances dont la tumeur arecherches scientifiques ont repéré des besoin pour fabriquer ses propressignaux à l’intérieur des cellules qui les vaisseaux sanguins* (les agents an-font se diviser. Ces signaux sont appelés giogènes) ;des facteurs de croissance. ● ou sur les mécanismes qui stimulent la division des cellules (les facteurs deIls sont souvent utilisés en association croissance).avec les autres traitements du cancer (voirchapitre 1 La chimiothérapie et les différents En agissant sur ces deux principauxtraitements possibles du cancer, p. 9). Leurs mécanismes de développement de laeffets secondaires sont différents de ceux tumeur, les traitements ciblés freinentde la chimiothérapie. ainsi sa croissance.L’utilisation des traitements ciblés du QUELS SONT LES TYPES DEcancer est récente et ce domaine est en MÉDIcAMENTS UTILISÉS ?pleine évolution. Votre cancérologue peut Il existe 3 types de traitements ciblés quivous renseigner sur les dernières avancées se différencient par leur action spécifiquede ces nouveaux traitements. sur l’un ou l’autre des deux principaux mécanismes de développement de la tumeur : les hormonothérapies, les trai-cOMMENT LES TRAITEMENTS tements avec des anticorps et les traite-cIBLÉS FREINENT-ILS LE ments inhibiteurs.DÉVELOPPEMENT DE LA TUMEUR ?Les traitements ciblés freinent la crois- Les hormonothérapiessance de la tumeur en s’attaquant aux L’hormonothérapie est le traitementmécanismes qui lui permettent de se ciblé le plus ancien.développer.
  • 99. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 4. Les traitements ciblésCertaines hormones stimulent la crois- Différentes hormonothérapies sontsance des cellules cancéreuses et donc utilisées pour traiter le cancer.le développement de la tumeur, ellesconstituent de véritables facteurs de La première consiste à administrer descroissance. médicaments entrant en compétition avec les hormones qui favorisent laUne hormonothérapie vise à limiter l’ac- croissance de la tumeur.tion de ces hormones sur les cellules ouà diminuer leur sécrétion afin de ralen- La deuxième consiste à administrertir ou d’arrêter la croissance des cellules des médicaments qui agissent contrecancéreuses. l’hormone visée.Une hormone est une substance chi- Le troisième type d’hormonothérapiemique produite par certaines glandes de vise à bloquer la production des hormo-l’organisme. Les hormones agissent sur nes soit par des médicaments, soit en en-le développement ou le fonctionnement levant l’organe qui les produit lors d’uned’un organe. Parfois, elles stimulent la opération chirurgicale.croissance des cellules* cancéreuses. Le médecin propose l’hormonothé-Une glande est un organe dont la fonction rapie adaptée à la situation du patient.est de fabriquer certaines substances Ce choix dépend entre autre du type dequ’elle libère ensuite, soit dans le sang tumeur, de l’âge de la personne malade,(glande endocrine), soit à l’extérieur de de son avis ainsi que des habitudes del’organisme (glande exocrine). certaines l’équipe médicale.glandes produisent des hormonesindispensables au bon fonctionnement Ce traitement est différent du trai-de l’organisme. tement hormonal de la ménopause. Votre médecin est à votre écoute pour vous renseigner à ce sujet.
  • 100. 100 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 4. Les traitements ciblésL e s h o r m o n ot h é r a p i e s p e u ve n t En fonction du développementactuellement être utilisées pour traiter des données scientifiques, d’autresles cancers du sein, du corps de l’utérus cancers pourront être traités par hor-et de la prostate. monothérapies. localisations sein certaines cellules cancéreuses du sein ou du corps de l’utérus (l’endomètre) se développent sous l’action d’hormones (œs- trogènes ou progestérone). Lorsque les hormonothérapies Corps de l’utérus bloquent l’effet de ces hormones sur les cellules cancéreuses, (endomètre) la croissance de la tumeur est arrêtée. Les cellules cancéreuses de la prostate se développent sous l’action d’hormones appelées les androgènes. Lorsque les Prostate hormonothérapies bloquent l’effet des androgènes sur les cellules cancéreuses, la croissance de la tumeur est arrêtée.Les anticorps reconnaissent comme n’appartenant pasLes anticorps sont des protéines* à l’individu. Les anticorps permettentproduites par l’organisme et qui ont de lutter contre les infections* et lespour rôle de neutraliser certaines subs- cancers. Certains sont fabriqués entances, les antigènes*, que les anticorps laboratoire.Des informations détaillées sur les hormonothérapies sont disponibles dans les guidesComprendre le cancer du sein et Comprendre le cancer de la prostate.
  • 101. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 101 Fiche 4. Les traitements ciblésDiriger les anticorps contre les fac- Il existe actuellement trois typesteurs de croissance des cellules can- d’anticorps qui peuvent être utilisés pourcéreuses est un traitement possible. En traiter les cancers du sein, du côlon et deempêchant les facteurs de croissance la sphère ORL.d’agir, les anticorps empêchent indirec-tement la cellule de se diviser, bloquant En fonction du développement desainsi sa croissance. données scientifiques, d’autres cancers pourront être traités par les anticorps.Les noms de ces anticorps se terminentsouvent par –mab, comme le trastuzumabpar exemple. Ils sont injectés directementdans une veine ou un cathéter*. anticoRPs localisations sPÉciFicitÉs coRREsPonDant Pour certains cancers du sein qui présentent une anomalie biologique, sous la forme d’une présence en nombre Trastuzumab élevé de récepteurs* appelés HER2 sur la cellule (voir le guide d’information sein Comprendre le cancer du sein). Médicament qui empêche l’action d’un Bevacizumab facteur de croissance* qui lui-même agit sur des agents angiogènes. Côlon et OrL cetuximab Dirigé contre le récepteur appelé HER1.
  • 102. 10 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE Fiche 4. Les traitements ciblésLes inhibiteurs terminent en –inib, comme le sunitinibUn autre type de traitements ciblés utilise par exemple.des inhibiteurs. De nombreuses molécules sont enDe manière générale, un inhibiteur est cours d’évaluation et peu d’inhibiteursune substance qui ralentit ou arrête sont encore utilisés. Ils peuvent êtreune réaction. Ce sont des molécules qui utilisés pour traiter les cancers du rein,viennent perturber le développement de des bronches, certaines leucémies etla tumeur, soit en bloquant les agents tumeurs digestives.angiogènes soit en perturbant certainsfacteurs de croissance. En fonction du développement des données scientifiques, d’autresCette fonction est indiquée, dans leur cancers pourront être traités par lesnom : les médicaments inhibiteurs se inhibiteurs. INHIBITEUR LOCALISATIONS SPÉCIFICITÉS CORRESPONDANT c’est un antiangiogène* qui empêche les molécules Sunitinib rein produites par la tumeur (les Sorafenib angiogènes) de fabriquer ses vaisseaux sanguins. Bronches Erlotinib c’est un inhibiteur Certaines leucémies et tumeurs d’enzymes* nécessaires à Imatinib la croissance de la tumeur. digestives particulières
  • 103. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 10 Fiche 4. Les traitements ciblésQUELS SONT LES EFFETS Les antiangiogènes font augmenterSEcONDAIRES DES TRAITEMENTS la tension artérielle.cIBLÉS ?De manière générale, les médicaments Les anticorps, en particulier le trastu-utilisés pour des traitements ciblés zumab, sont parfois responsables den’entraînent pas les mêmes effets troubles cardiaques qui nécessitent unesecondaires qu’une chimiothérapie surveillance régulière de la personneclassique (voir chapitre 6 Les effets secon- soignée.daires d’une chimiothérapie p. 43). Ils sontle plus souvent moins importants. Des médicaments adaptés visent à contrôler ces effets secondairesL’hormonothérapie provoque des effets qui peuvent disparaître à l’arrêt desidentiques à ceux de la ménopause traitements.(bouffées de chaleur, par exemple).
  • 104. 10 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 105. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 10Glossaire : Les mots et leur sensCe glossaire explique les termes en rapport avec le guideComprendre la chimiothérapie.* : voir ce mot Ambulatoire : se dit d’un traitement A qui permet au patient de sortir de l’éta- blissement de santé quelques heuresADN/acide désoxyribonucléique : après un traitement.longue double chaîne de molécules enspirale qui compose les chromosomes. Anémie : diminution du nombre deOn parle aussi d’hélice d’ADN. L’ADN globules rouges* dans le sang, qui sese trouve dans le noyau de chaque cellule traduit notamment par une grandedu corps. fatigue, une pâleur, un essoufflement.Alopécie : chute partielle ou complète des Anesthésie : acte qui consiste à en-cheveux et, parfois, également des poils dormir et rendre insensible un patient(sourcils, cils, barbe, poils des aisselles, (anesthésie générale) ou une partie dudu pubis). Il s’agit de l’un des effets corps (anesthésie locale).secondaires* temporaires de certainsmédicaments de chimiothérapie. Anesthésique local : produit utilisé pour endormir une partie du corps du patient.
  • 106. 10 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEAntécédent : fait antérieur concernant Anxiété : sentiment de danger im-la santé du patient ou de sa famille. minent face à une situation précise ou non. L’anxiété se traduit par un malaiseAntécédent chirurgical : opération déjà général, un désarroi, une agitation ousubie. une sensation d’anéantissement.Antécédent médical : traitement déjà Aplasie : très forte diminution dessubi ou en cours, ou maladie antérieure globules blancs*, accompagnée d’une(diabète, maladie cardiaque, etc.). baisse des autres composants du sang (globules rouges* et plaquettes*).Antiangiogène : médicament qui bloque C’est un effet secondaire* temporairele mécanisme permettant à la tumeur de certains médicaments de chimio-de développer des vaisseaux sanguins, thérapie.l’empêchant ainsi de se nourrir. Artère : g ros vaisseau sanguin*Anticoagulant : médicament qui di- qui conduit le sang du cœur vers lesminue la coagulation du sang, évitant organes.ainsi la formation de caillots dans lesvaisseaux sanguins. Arthrose : altération des articulations provoquée par une usure mécanique.Antiémétique : médicament qui agitcontre les nausées et les vomissements. CAntigène : substance qui stimule lesystème de défense de l’organisme. Cancer : maladie provoquée par laCelui-ci produit alors des anticorps. transformation de cellules* qui devien- nent anormales et prolifèrent de façon
  • 107. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 10incontrôlée. Ces cellules déréglées finis- CECOS (Centre d’Étude et de Con-sent souvent par former une masse qu’on servation des Œufs et du Sperme) :appelle tumeur maligne. organisme où il est possible de déposer son sperme et qui le conserve avant unCathéter : tuyau souple et fin installé traitement susceptible d’entraîner unedans une veine afin d’y injecter un stérilité.produit ou des médicaments, et quipermet également d’effectuer des prises Cellule : élément visible au microscopede sang. Un cathéter diminue le dont est constitué tout organisme vivant.risque d’abîmer les veines et facilite Plantes et animaux sont composés deles perfusions de chimiothérapie. Le cellules très différentes qui se multiplient,cathéter améliore le confort du patient meurent et se renouvellent. Des cellulesqui n’a pas besoin de subir une piqûre cancéreuses sont des cellules qui se sontà chaque injection. On parle aussi de modifiées et se multiplient de façonport-à-cath® ou PAC, ou encore de incontrôlée.chambre implantable. Chimiosensible : se dit d’une tumeur*Cavité abdominale : espace situé au cancéreuse qui réagit aux médicamentsniveau du ventre (l’abdomen) à l’intérieur de chimiothérapie, notamment lorsqueduquel sont regroupés l’estomac, le foie, la taille de la tumeur diminue sous l’effetles reins, etc. d’une chimiothérapie.Cavité péritonéale : espace situé entre Chirurgie : acte médical qui consisteles deux membranes qui tapissent à opérer un patient. Une opérationl’intérieur de l’abdomen (le péritoine) et chirurgicale a pour but soit de préleverrecouvre les organes tels que l’estomac, le un fragment d’une anomalie afin defoie, le pancréas, etc. l’analyser (c’est alors un examen), soit
  • 108. 10 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEd’enlever une tumeur et éventuellement, Diabète : maladie caractérisée par unles ganglions proches de l’organe atteint excès de sucre dans le sang.(c’est alors un traitement). Diagnostic : démarche qui identifie laClavicule : os long sur l’avant de maladie à l’origine des manifestationsl’épaule. anormales ressenties par le patient.Colique : douleur soudaine, parfois Dispositif d’annonce : ensemble desviolente au niveau du ventre. dispositions prévues par le Plan national de lutte contre le cancer* pour améliorerCollyre : médicament sous forme de les conditions dans lesquelles lecrème ou de gouttes qui s’applique dans diagnostic* de cancer et les traitementsl’œil. sont annoncés aux personnes malades. Ce dispositif d’annonce a pour objectifCure : traitement médical d’une durée d’instaurer dès le début de la maladie desdéterminée. moments d’information, de discussion et de soutien avec les différents pro-Cystite : inf lammation de la vessie, fessionnels de santé en fonction desorgane qui stocke l’urine avant que besoins de la personne malade et de sescelle-ci ne soit évacuée. proches. D EDépression : état de profonde tristesse, Échographie : technique d’examenaccompagné de perte de désir et d’intérêt qui permet de regarder l’intérieur dupour le monde environnant, et parfois de corps à travers la peau. Cet examen esttroubles de l’appétit et du sommeil. indolore : le médecin fait glisser sur la
  • 109. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 10zone du corps à examiner une sonde traitements reçus, des doses adminis-qui produit des ultrasons (vibrations trées, du type de cancer et de la façonnon audibles par l’oreille humaine). dont chacun réagit aux traitements. IlQuand ils rencontrent les organes, les existe deux types d’effets secondaires :ultrasons émettent un écho. Capté par les effets secondaires immédiats* etun ordinateur, cet écho est transformé les effets secondaires tardifs*. On parleen images sur un écran de télévision. Ces aussi d’effets indésirables.images peuvent ensuite être imprimées. Effet secondaire immédiat : effetÉducation thérapeutique : ensemble secondaire qui apparaît dans les pre-d’actions visant à aider les patients miers mois d’un traitement (nausées,et leurs proches à acquérir des com- perte de cheveux, etc.). Temporaire, ilpétences pour gérer au mieux la mala- disparaît généralement après la fin desdie. L’éducation thérapeutique cherche traitements.à aider les patients et leurs proches àcomprendre la maladie, à participer Effet secondaire tardif : effet secon-activement aux soins et à dialoguer avec daire qui apparaît après la fin d’unles soignants. Cette notion recouvre un traitement (cicatrice qui devient dou-large champ qui va de l’information loureuse...). Un effet secondaire peutsur la maladie et ses traitements à l’aide persister longtemps après l’arrêt despsychologique et sociale, en passant par traitements et parfois, devenir définitif.l’organisation et la façon dont les soins Il est alors appelé séquelle.se déroulent à l’hôpital. Enzyme : protéine présente dansEffet secondaire : conséquence dé- les cellules. Elle a pour fonction desagréable d’un traitement. Les effets faciliter les réactions chimiques quisecondaires n’apparaissent pas de s’y produisent. Par exemple, lors defaçon systématique. Ils dépendent des la digestion, ce sont des enzymes qui
  • 110. 110 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEaccélèrent la décomposition et la trans- Fformation des aliments. Facteur de croissance : substanceÉrythème : rougeur de la peau. produite par le corps qui sert à réguler la croissance des cellules. Certains facteursEssai thérapeutique : étude dont l’ob- de croissance sont aussi fabriqués enjectif est d’évaluer certains aspects d’un laboratoire.traitement déjà connu ou de tester unnouveau traitement afin de montrer s’il Facteur de risque : élément qui peutapporte un avantage par rapport aux favoriser le développement d’un cancertraitements habituellement utilisés : ou sa rechute.meilleure efficacité, diminution deseffets secondaires*, amélioration dela qualité de vie... On parle aussi d’essai Gclinique. Ganglion : petit renf lement répartiExamen biologique : analyse d’échan- le long des vaisseaux lymphatiques*.tillons de l’organisme (prélèvements) Les ganglions jouent un rôle essentielau microscope. Cette analyse est réalisée dans la protection du corps contre lesdans un laboratoire d’analyse médicale. infections ou les cellules cancéreuses. Ils mesurent normalement moins d’unExamen d’imagerie : examen qui per- centimètre de diamètre. Si leur taille estmet d’obtenir des images d’une partie du anormale, on parle d’adénopathie.corps ou d’un organe. Il existe différentstypes d’examens d’imagerie : les exa- Glande : petit organe dont la fonctionmens radiologiques (radiographie*, est de fabriquer certaines substanceséchographie*, scanner*, IRM*…) qu’elles libèrent ensuite, soit dans leet les examens de médecine nucléaire sang (glande endocrine), soit à l’extérieur(scintigraphie*, TEP*). de l’organisme (glande exocrine). Les
  • 111. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 111glandes salivaires fabriquent la salive ; Hémorragie : important écoulement deles glandes mammaires produisent le lait sang.maternel. Hormone : substance chimique pro-Globule blanc : cellule* qui combat duite par certaines glandes* de l’orga-les infections*. Les globules blancs nisme. Les hormones agissent sur lese trouvent dans la lymphe* et dans le développement ou le fonctionnementsang. d’un organe. Parfois, elles stimulent la croissance des cellules cancéreuses.Globule rouge : cellule* qui sert àtransporter l’oxygène dans le sang. Hormonodépendant : se dit d’un cancer dont le développement estGreffe cancéreuse : cellules* cancé- sensible aux hormones*. On dit aussireuses qui se sont détachées de la tumeur qu’il est hormonosensible.et qui se sont propagées dans un autreendroit de l’organisme. Hormonothérapie : traitement du cancer qui consiste à réduire ou àGuérison : disparition de toute trace de empêcher l’activité ou la productioncancer après un certain temps. d’une hormone* susceptible de stimuler la croissance d’une tumeur cancéreuse. Une hormonothérapie est un traitement h général : il agit dans l’ensemble du corps.Hématome : accumulation de sangsous la peau ou dans une cavité à la suited’une rupture de vaisseaux sanguins, Icanaux par lesquels circule le sang. Lesang forme un bleu. Immunothérapie : traitement qui vise à stimuler les défenses immunitaires de
  • 112. 11 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEl’organisme, que constituent les cellules, Lles tissus et les organes, contre les cellulescancéreuses. Laxatif : aliment ou médicament facilitant l’évacuation des selles.Infection : pénétration et proliférationdans le corps d’un micro-organisme Liquide céphalorachidien : liquideinvisible à l’œil nu (bactérie, virus...), dans lequel baignent le cerveau et lasusceptible de provoquer des troubles. moelle épinière*.Une infection est locale ou généralisée(septicémie). Liquide physiologique : liquide semblable à celui dans lequel baignentIRM (Imager ie par R ésonance les cellules*.Magnétique) : technique d’examenqui permet de créer des images précises Lymphe : liquide légèrement colorédes organes ou d’une partie du corps en produit par le corps dans lequel baignentutilisant les propriétés de l’hydrogène les cellules*. La lymphe transporte etprésent dans les molécules d’eau de notre évacue les déchets des cellules. Comme lecorps. L’appareil contient un aimant très sang, la lymphe circule dans des vaisseaux,puissant (d’où le terme de magnétique) appelés vaisseaux lymphatiques.qui fait réagir les molécules d’hydrogèneet permet de les visualiser. Les imagessont reconstituées par ordinateur. Un Mproduit de contraste* est parfois injectéau patient pour améliorer la qualité des Métastase : tumeur formée à partir deimages. cellules cancéreuses qui se sont détachées d’une première tumeur* et qui ont migré par les vaisseaux lymphatiques*
  • 113. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 11ou les vaisseaux sanguins* dans une Mycose : affection provoquée par desautre partie du corps où elles se sont champignons microscopiques. Lesinstallées. mycoses peuvent atteindre la peau, les orteils, les ongles, le cuir chevelu,Métastatique : qui a produit des ainsi que le cœur, le foie, l’estomac,métastases*. Un cancer est dit métas- l’utérus, etc.tatique quand ses cellules se sontpropagées dans un ou plusieurs autresendroits du corps. NMoelle épinière : partie du système Numération-formule sanguine (NFSnerveux qui se trouve dans la colonne ou NF) : examen qui, à la suite d’unevertébrale. La moelle épinière conduit prise de sang, vise à compter les différentsles informations du cerveau vers les composants du sang (globules rouges*,organes et, inversement, des organes globules blancs*, plaquettes*) afin devers le cerveau. déterminer si leur nombre est suffisant.Moelle osseuse : substance qui se trouveà l’intérieur des os et qui produit les Odifférentes cellules* du sang (globulesrouges, globules blancs et plaquettes). Œdème : gonflement des tissus causé par une accumulation anormale deMucite : inflammation des muqueuses, liquide.membranes qui tapissent les cavités del’organisme. Une mucite de la bouche est Option : recommandation* d’examenparfois douloureuse, mais temporaire. ou de traitement établie à partir des études scientifiques. Dans une même
  • 114. 11 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEsituation, les recherches scientifiques Pneumothorax : présence anormalen’ont pas identifié d’examen ou de d’air entre les deux feuillets de latraitement qui présente plus d’avantages membrane qui enveloppe les poumonsque d’autres. Voir standard*. (la plèvre). Produit de contraste : substance dont le P trajet ou l’accumulation sont visualisés lors des examens destinés à obtenir desPacemaker : appareil destiné à stimuler images d’une partie du corps ou d’unles contractions du cœur. organe (l’iode, par exemple).Perfusion : injection continue goutte à Programme personnalisé de soinsgoutte de médicament liquide dans les (PPS) : description du traitementveines lors d’une chimiothérapie, par particulier proposé à chaque patient.exemple. Ce programme est élaboré au cours d’une réunion de concertationPhlébite : inf lammation d’une veine, pluridisciplinaire* et soumis au patientpouvant provoquer son obturation par lors d’une consultation spécifique dans lela formation d’un caillot de sang. cadre du dispositif d’annonce*. À l’issue de cette consultation, le médecin luiPlaquette : composant du sang qui remet un document qui indique le ou lesarrête les saignements et permet la traitements à réaliser, leur durée, le lieu etcicatrisation. les dates prévisibles auxquelles ils doivent se dérouler. Le programme personnaliséPlèvre : membrane constituée des deux de soins, parfois abrégé en PPS, estfeuillets qui enveloppent les poumons. adapté ou interrompu en fonction de la réaction du patient aux traitements ou de leur efficacité, et de l’évolution de la maladie.
  • 115. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 11Protéine : substance nécessaire au humaine) pour obtenir des imagesbon fonctionnement des tissus et des d’une partie du corps ou des organescellules. Les protéines sont apportées à (radiographie*, échographie*, scan-l’organisme par l’alimentation. ner*, IRM*).Protocole : description précise des Radiothérapie : traitement du cancerconditions et du déroulement d’une par des rayons* qui détruisent lesétude ou d’un traitement. Un protocole cellules cancéreuses ou stoppent leurde chimiothérapie a pour but de spécifier développement. Les rayons sontles noms et les doses de médicaments, le dirigés directement vers la tumeur et,nombre de cures, etc. parfois, sur certains ganglions* reliés à l’organe atteint. La radiothérapiePurpura : petites taches rouges sur la est un traitement local. Ce traitementpeau qui apparaissent à la suite d’une se fait dans un service spécialisé derupture de petits vaisseaux sanguins*. radiothérapie. On parle aussi de rayons ou de séances de rayons. r Rayon : particule ou onde invisible qui détruit les cellules* lors d’uneRadiographie : examen qui permet radiothérapie*. Les rayons utilisés sontd’obtenir des images d’une partie du de plusieurs types : proton, neutrons,corps à l’aide de rayons X*. Il s’agit d’un électrons, photons… On parle aussi deexamen d’imagerie*. On parle parfois rayonnements ou de radiations.plus simplement de radio. Rayon X : rayon invisible émis parRadiologie : spécialité médicale qui un tube ressemblant à une grosseutilise des rayons X* ou des ultrasons ampoule électrique. Les rayons X sont(vibration non audible par l’oreille
  • 116. 11 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEplus ou moins arrêtés par les différents existe plusieurs Recommandations. Oncomposants du corps humain qu’ils parle aussi de Recommandation pour latraversent. Les rayons qui ont pu pratique clinique (RPC).traverser sont détectés et permettentde réaliser des images de l’intérieur du Réseau : organisation qui vise à coor-corps. Les rayons X sont également donner les acteurs de soins autour duappelés photons X. Selon leur puissance, patient. Lorsqu’il s’agit de la prise enils peuvent être utilisés pour réaliser des charge de patients atteints de cancer, onexamens d’imagerie* ou des traitements parle de réseau de cancérologie.(radiothérapie). Réunion de concertation pluridisci-Récepteur : molécule située à l’intérieur plinaire : réunion régulière entred’une cellule ou sur sa membrane, professionnels de santé, au cours decapables d’accueillir d’autres molécules laquelle sont discutés la situationproduites par l’organisme ou des d’un patient, les traitements possiblesmédicaments. en fonction des dernières études scientifiques, l’analyse des bénéficesRécidive : réapparition de cellules et les risques encourus, ainsi quecancéreuses, au même endroit ou dans l’évaluation de la qualité de vie qui va enune autre région du corps. résulter. Les réunions de concertation pluridisciplinaires rassemblent auRecommandation : examen ou trai- minimum un chirurgien, un oncologuetement préconisé dans une situation médical et un radiothérapeute. Ledonnée qui suit les recherches scien- médecin informe ensuite le patient et luitifiques. On distingue deux types de remet son programme personnalisé derecommandations : les Standards, soins* (PPS).lorsqu’il existe une seule Recom-mandation, et les Options, lorsqu’il
  • 117. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 11 s Stade d’évolution : extension du cancer. Un cancer commence par leScanner : examen qui permet d’obte- développement d’une ou plusieursnir des images du corps à l’aide de cellules* cancéreuses. Ces cellules serayons X*. C’est un type de radiogra- multiplient et forment une tumeur.phie* dont les images sont reconstituées Quand les cellules cancéreuses restentpar ordinateur et grâce auxquelles dans l’organe d’origine, on parleon procède à une analyse précise de d’évolution ou d’extension locale dudifférentes régions du corps. Les cancer. Plus les cellules se multiplient,radiologues parlent aussi de tomoden- plus la tumeur grossit. Elle risque alors desitomètre, abrégé en TDM. Le terme laisser échapper des cellules cancéreusesscanner désigne aussi l’appareil utilisé vers d’autres endroits de l’organisme.pour réaliser cet examen. Si les cellules cancéreuses atteignent des ganglions*, on parle d’extensionScintigraphie : technique d’examen qui régionale. Lorsqu’on retrouve des cellulespermet d’obtenir des images du corps. cancéreuses dans d’autres organes (foie,Cette technique d’imagerie utilise des os, poumon, etc.), on parle d’extensionproduits faiblement radioactifs qui sont métastatique ou d’extension à distanceinjectés, puis repérés. du cancer.Site implantable : petit boîtier placé Standard : examen ou traitementsous la peau du thorax* et relié à une considéré comme le meilleur aprèsveine par un petit tuyau (cathéter). l’analyse des études scientifiques. UnGrâce à une aiguille, on peut injecter un examen ou traitement standard estproduit à travers la peau dans le sang proposé de façon systématique dans unesans abîmer les veines des bras. On parle situation donnée. Il arrive que le médecinaussi de chambre implantable ou de ne puisse pas disposer de l’examen ouPort-à-Cath® (PAC). appliquer le traitement standard du fait
  • 118. 11 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEde facteurs particuliers liés au patient ou Traitement adjuvant : traitement com-à sa maladie : le médecin propose alors plémentaire d’un traitement principal.un ou plusieurs examens ou traitements Une chimiothérapie est un traitementmieux adaptés à la situation. Voir adjuvant lorsqu’elle complète une opé-recommandation* et option*. ration chirurgicale, par exemple.Stérile : qui ne contient pas de microbe. Tumeur : grosseur plus ou moins volumineuse due à une multiplication excessive de cellules* normales (tumeur T bénigne) ou anormales (tumeur mali- gne). Les tumeurs bénignes (commeTEP (tomographie par émission de par exemple les grains de beauté, lespositons) : examen qui permet d’obtenir verrues…) se développent de façon loca-des images précises du corps en coupes lisée sans altérer les tissus* voisins. Lesfines grâce à un traceur, un produit tumeurs malignes (cancer) ont ten-faiblement radioactif. Ces images sont dance à envahir les tissus avoisinants etreconstituées en trois dimensions sur un à migrer dans d’autres parties du corpsécran d’ordinateur. (métastases).Thorax : partie supérieure du tronc qui Tumeur primitive : tumeur à partircontient le cœur et les poumons. de laquelle s’échappent des cellules cancéreuses qui vont former des mé-Tissu : ensemble de cellules* qui ont tastases dans d’autres parties du corps.une même fonction (tissu musculaire outissu osseux par exemple).
  • 119. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 11 U VUlcération : plaie parfois profonde, qui Vaisseau lymphatique : canal parne cicatrise pas facilement. lequel circule la lymphe (liquide dans lequel baignent les cellules) et qui relieUrticaire : éruption cutanée, ressemblant les ganglions* entre eux pour former leà des piqûres d’ortie, souvent due à une système lymphatique.réaction allergique. Vaisseau sanguin : canal par lequel circule le sang (artère, veine ou petit vaisseau capillaire). Vulve : partie génitale externe de la femme.
  • 120. 10 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEMembres du groupe de travailNous remercions chaleureusement les patients et leurs proches qui, par leur implication et leurscommentaires, ont contribué à l’élaboration de ce guide : M. GENIEz, J. ANGER, A. GARY, J. FRANçOIS,J. TUFFERY, J. LAwRIw, M. MORTELEcQUE, F. FORTIN, M.-A. BOLLENGIER, M.-P. DUcOUROUBLE,L. DELANNOY et d’autres personnes ayant souhaité rester anonymes.coordination de la réédition actualiséeL. LEIChTNAM-DUGArIN, chargée de mission en santé, responsable desméthodologistes, INca, Boulogne-Billancourt (méthodologiste)P. VENNIN, oncologue médical, centre Oscar Lambret, Lille (coordonnateur)P. KErBrAT, oncologue médical, centre Eugène Marquis, Rennes (coordonnateur)Groupe de travail scientifique initialC. ALLEAUME, oncologue médical, centre Hospitalier, Saint-BrieucL. GAsNAULT, oncologue médical, centre Joliot curie, Saint-Martin-les-BoulogneM. hEBBAr, oncologue médical, cHRU, Hôpital Huriez, LilleE. LUPOrsI, oncologue médical, centre Alexis Vautrin, NancyP. MArEC-BÉrArD, pédiatre, centre Léon Bérard, Lyonh. sIMON, oncologue médical, cHR, Brest
  • 121. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 11Relecteursrelecteurs de la réédition actualisée Erick chirat, oncologueEmmanuel achille, oncologue médical, radiothérapeute, cRTT, Meudon laclinique claude Bernard, Metz Forêtlydie aimard, oncologue Philippe Dalivoust, oncologue médical,radiothérapeute, cHP clairval et clinique La casamance, AubagneBeauregard, Marseille Marie Déchelette, méthodologiste,Gérard auclerc, oncologue INca, Boulogne-Billancourtmédical, centre charlebourg, Valérie Delavigne, linguiste, INca,La Garenne-colombes Boulogne-Billancourtanne Belanger, chargée de mission, sylvie Detry, chargée de mission essaisdirection de la Qualité des Soins, INca, cliniques, INca, Boulogne-BillancourtBoulogne-Billancourt Marianne Duperray, chargée deDominique Bonnard, oncologue mission, direction Information desradiothérapeute, clinique catherine de publics, INca, Boulogne-BillancourtSienne, Nantes Philippe Gomez, oncologuesylvie Brusco, méthodologiste, radiothérapeute, centre Frédéric Joliot,chargée de mission en santé, INca, RouenBoulogne-Billancourt Philippe Janoray, oncologuesylvie Burnel, chargée de mission, radiothérapeute, Dijondirection de la Qualité des Soins, INca, Dominique Jaubert, oncologue médical,Boulogne-Billancourt centre d’oncologie-radiothérapie,Julien carretier, coordonnateur, clinique Tivoli, Bordeauxchargé de mission en santé, INca, Hervé lauche, oncologueBoulogne-Billancourt radiothérapeute, Montpellier
  • 122. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIEÉlisabeth luporsi, oncologue médical, relecteurs de la première éditioncentre Alexis Vautrin, Nancy V. andrieu, gynécologue, cabinetDominique Manoux, oncologue médical, colmarradiothérapeute et médical, centre c. Bressac, oncologue médical, cliniquede cancérologie, Thiais de la casamance, Aubagneandré Mathieu, oncologue médical, l. cals, oncologue médical, Hôpitalclinique Les Genêts, Narbonne Font-Pré, ToulonValérie Mazeau-Woynar, responsable B. colas, médecin, cabinet médical,du département des recommandations, Ermontdirection de la Qualité des Soins, INca, P. colombat, oncologue médical,Boulogne-Billancourt cHRU, ToursKarina oddoux, chargée de mission, F. Dandine, infirmière chef de centre,direction Information des publics, INca, cabinet médical SNcF, MontpellierBoulogne-Billancourt t. Dorval, oncologue médical, InstitutHassan Rhliouch, oncologue curie, Parisradiothérapeute, centre Marie curie, J.-c. Eymard, oncologue médical,Arras Institut Jean Godinot, ReimsRichard Villet, chef de service viscérale V. Fabre, oncologue médical, cliniqueet gynécologique, Groupe Hospitalier des cèdres, cornebarrieuDiaconesses croix Saint-Simon, Paris
  • 123. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1E. Farjas, médecin, cabinet médical, St F. May-levin, responsable groupe deQuentin Fallavier parole, Ligue nationale contre le cancer,K. Fizazi, oncologue médical, Institut ParisGustave Roussy, Villejuif P. saltel, psychiatre, centre LéonY. Kessler, oncologue médical, Bérard, LyonPolyclinique de Gentilly, Nancy c. Van Koutte, assistante de direction,R. largillier, oncologue médical, centre centre Oscar Lambret, LilleAntoine Lacassagne, Nice R. Vasseur, infirmière générale, InstitutJ.-F. latour, pharmacien, centre Léon curie, ParisBérard, Lyon E. Voog, hématologue-oncologue,J.-P. lotz, oncologue médical, Hôpital clinique Victor Hugo, Le MansTenon, Paris V. Zundel, médecin, cabinet médical, Soultz
  • 124. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIELes guides d’informationcANcER INFOLes guides d’information cANcER INFO expliquent avec des mots simples etclairs l’état des connaissances actuelles sur les cancers, leurs traitements et leursconséquences. Ils visent à :● rendre accessible une information validée, compréhensible et à jour ;● améliorer la compréhension des différents aspects de la maladie et de ses répercussions, tant sur le plan médical que social, familial et psychologique ;● faciliter le dialogue entre les personnes malades, leurs proches, le médecin et l’équipe soignante ;● permettre aux patients de mieux participer aux choix de leurs traitements.ces guides sont élaborés dans le cadre d’une méthodologie pluridisciplinaire associantles professionnels de santé et les personnes malades, anciens malades et proches.Les informations médicales qu’ils contiennent sont issues de recommandations detraitement et de suivi destinées aux professionnels de santé. Les guides d’informationcANcER INFO sont régulièrement mis à jour en fonction des avancées médicales.L’Institut National du cancer met également à disposition de ceux qui sont à larecherche d’une information de référence sur les cancers :● la ligne téléphonique d’information et d’écoute cANcER INFO SERVIcE, 0810 810 821, prix d’un appel local ;● la banque de connaissances cANcER INFO, sur son site www.e-cancer.fr (ouverture prévue mars 2009).Les informations de ce guide ne peuvent en aucun cas tenir lieu d’avis médical. Elles n’ont notammentpas valeur ni de diagnostic, ni de pronostic ni d’avis thérapeutique qui relèvent exclusivement ducolloque singulier entre un médecin et son patient. L’Institut National du cancer ne saurait êtretenu responsable de tout préjudice, direct ou indirect, de quelque nature que ce soit, résultant del’utilisation, même partielle, des informations de ce guide.
  • 125. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1Les guides d’informationactuellement disponiblesLes essais cliniques en cancérologie : les réponses • le cancer de l’ovaire (2002)à vos questions (2008) • le neuroblastome (2001)La radiothérapie (2007) • le neuroblastome localisé (2001)Douleur et cancer (2007) • le neuroblastome disséminé (2001)Traitements du cancer et chute des cheveux (2006) • le neuroblastome 4S (2001)Fatigue et cancer (2005)Démarches sociales et cancer (2004) Fiches d’informationEn savoir plus sur le cancer du poumon (2003) comprendre…Le risque familial de cancer du sein et/ou de • le scanner (2004)l’ovaire (2002) • l’IRM (2004) • la mammographie (2003)Vivre… • l’échographie mammaire (2003)• pendant et après un cancer (2007) • la biopsie échoguidée du sein (2003)• auprès d’une personne atteinte d’un cancer • la biopsie stéréotaxique du sein (2003) (2006) • le repérage mammaire préopératoire (2003)Comprendre…• le mélanome de la peau (2007)• le cancer du sein (2007)• la nutrition entérale (2007)• le néphroblastome (2006)• le cancer du rectum (2006) Ces documents sont téléchargeables sur• le cancer de la prostate (2005) www.e-cancer.fr et www.sor-cancer.fr• le cancer du poumon (2003) et disponibles gratuitement sur simple• l’ostéosarcome (2003) demande auprès de l’INCa.
  • 126. 1 cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE
  • 127. cOMPRENDRE LA cHIMIOTHÉRAPIE 1conseils pour la recherche d’informationL’information est un droit du patient : il ne faut jamais hésiter à demanderdes explications au médecin ou aux autres membres de l’équipesoignante.Pour toute recherche complémentaire d’une information de qualité sur lescancers et leur prise en charge, il est recommandé de préférer notammentdes documents dont les auteurs sont nommés et qui précisent la manièredont ils ont été élaborés. Sur internet, il est recommandé de privilégier lessites qui adhèrent aux principes de la charte HONcode. Des conseils surla façon d’identifier des sites de qualité sont disponibles sur le site de laHaute Autorité de santé, www.has-sante.fr. Publication de l’Institut National du Cancer Tous droits réservés – Siren 185 512 777 – Ref GI-11-08 Impression : Camly Crédits photos : Institut Gustave Roussy - Droits réservés
  • 128. Pour en savoir plus Diffusé avec le soutien de l’UIcc institut national du cancer 52, avenue André Morizet 92100 Boulogne-Billancourt publications@institutcancer.fr Tél. : 01 41 10 50 00 – Fax. : 01 41 10 50 20www.e-cancer.fr